Latest

Sahel

Mali

International

"Sa Majesté le Peuple"

Posted on Aucun commentaire
L’Union européenne avait déjà décidé bien avant le référendum marocain que la Constitution portait le «modèle démocratique» à suivre par les «Arabes». Après le vote et les 98% de oui, l’organisation qui s’est érigée en parrain du «printemps arabe» considère que «les réformes proposées représentent une réponse significative aux aspirations légitimes du peuple marocain» et demande « une mise en œuvre rapide et réelle de ce programme». Il faut donc faire vite, avant l’essoufflement. Surtout que le «modèle» risque de connaître les mêmes ratés ou pire que les désormais ex-«modèles» tunisien et égyptien. D’ailleurs, les premiers dangers se précisent. Les citoyens marocains, les 2% qui n’acceptent plus d’être des sujets sont sortis pour dire que ce n’était pas le «modèle» qui leur convenait. Ceux auxquels il convient et qui auraient été 98% à dire oui n’ont pas été nombreux dans la rue. Ce qui augure que la partie n’est pas jouée. Le risque du syndrome égyptien, en particulier, est réel. La dernière déclaration du G8 destinée aux

«Arabes» est claire sur le sujet. Dans son point n°7, elle précise qu’ à court terme «l’ objectif collectif est d'éviter que l'instabilité ne compromette le processus de réformes politiques, et de concilier cohésion sociale et stabilité macroéconomique». Un cadre a été créé à cet effet qui s’appelle le «Partenariat de Deauville», chargé de mettre en place un «programme économique» tourné vers le privé et soutenu par le

FMI qui doit «fournir aux pays de la région qui s'engagent en faveur de la stabilité économique le soutien

nécessaire pour les aider à combler leurs besoins de financement extérieur». Parallèlement, les pays du G8 sont «déterminés à soutenir l'intégration des Pays du Partenariat dans l'économie régionale et mondiale

grâce à un développement du commerce et des investissements étrangers dans la région». Ces derniers

doivent, bien sûr, «faciliter le commerce, en réduisant les obstacles tarifaires et non tarifaires, en améliorant l'accès au secteur des services et en encourageant les investissements directs et la convergence réglementaire». Ces mesures seront réalisées sous étroite surveillance et «les stratégies de transition» examinées de façon à vérifier qu’elles correspondent bien au cursus voulu. Mais, tout ne roule pas comme prévu. Les «gouvernements provisoires» issus des «révolutions» ne semblent pas du tout tenir la route et ne réussissent pas à rétablir la «cohésion sociale». L’Egypte vient déjà de donner un grand coup de pied dans l’édifice deauvilien en remettant en cause l’intervention du FMI. Pas très rassurant pour la suite. Alors que, selon Alexandre Adler, «plutôt que de céder aux intimidations de la rue, le roi a pris les devants, dans la continuité (de la) monarchie marocaine». Ce qui explique qu’il en était fait un «modèle» et une «exception» parmi ces Etats qui sont loin de réussir là où le Makhzen sait y faire. Sauf cet imprévu qui a fait du 4 juillet, une journée de cauchemar, alors que tout semblait ficelé. Malgré les satisfécits des Grandes Démocraties, malgré les fleurs de la Grande Presse, malgré le filtrage des moteurs de recherche, Google en tête, les citoyens marocains ont crié «Sa Majesté le peuple !», «Son Excellence le peuple !», «Son Altesse le peuple ! 
Les Débats, 06/07/2011

Inconsistance

Posted on Aucun commentaire
Les rapports entre l’Algérie et le Maroc ont toujours évolué au gré des humeurs royales. Sans engagement stratégique clair, le Makhzen utilise souvent ce dossier sensible pour masquer ses difficultés internes, blanchir sa fuite en avant concernant la colonisation du Sahara occidental ou apporter son concours quand des pressions politiques et diplomatiques quelconques sont exercées dans le but d’affaiblir le pays voisin. A l’époque de Hassan II comme aujourd’hui sous le règne de son héritier Mohamed VI, les positions de la monarchie sur ce sujet précis, bassement tacticiennes, sont empreintes d’un certain flottement. On passe volontiers de la guerre médiatique ouverte à l’enthousiasme le plus excessif. Cette humeur en dents de scie n’est pas pour instaurer un réel climat de confiance de nature à raffermir les liens séculaires de solidarité et coopération entre les deux pays frères. Il y a une semaine de cela, des lobbyistes marocains accusaient ouvertement l’Algérie de sponsoriser le mercenariat en Libye, en feignant d’appeler à des sanctions internationales. La supercherie, trop grossière cette fois, n’a pas fait long feu. Même pas une étincelle. Un mois auparavant, ces mêmes autorités marocaines appelaient de tous leurs vœux à la réouverture des frontières terrestres entre les deux pays, fermées en 1994 pour, soi-disant, redynamiser les échanges entre les deux parties. Cette versatilité n’augure rien de sérieux. Dans son message de félicitations au président de la République, à l’occasion de la fête de l’Indépendance et de la Jeunesse, le souverain marocain s’est dit hier «déterminé» à ouvrir une ère nouvelle dans les relations de bon voisinage, en surmontant tous les obstacles conjoncturels entre les deux pays. Le souverain hachémite a souligné que cette coopération doit se réaliser «dans le cadre de notre union maghrébine, en tant qu’option stratégique (...) dans un monde où dominent les groupements solides et qui ne laisse pas de place aux entités fragiles». L’idée est fondamentalement généreuse et mutuellement bénéfique. A priori, ce dessein mérite l’attention des décideurs et des diplomates de tout le Maghreb. Mais quel crédit peut-on objectivement accorder, à cette déclaration de bonne intention quand on sait l’inconsistance de plusieurs proclamations antérieures ? La construction de l’espace maghrébin, en suspens depuis 1989, dérange beaucoup de monde. Des puissances étrangères, qui rêvent de prolonger leur «tutorat» sur la région, agissent en permanence pour saborder ce processus.  Le Maroc en sait à ce sujet plus que d’autres. La sécurisation des frontières, la lutte contre le trafic de drogue et d’armes, la répression des réseaux de contrebande, et le règlement des divers contentieux entre les pays maghrébins sont autant de préalables et d’actes à accomplir avant de déboucher naturellement sur cette intégration tant souhaitée. Il y a aussi le règlement définitif de la question du Sahara occidental dans le cadre des résolutions de l’ONU qui préconisent clairement un référendum d’autodétermination. Car, l’UMA doit profiter à tous les peuples sans distinction et le peuple sahraoui en fait partie. La huitième réunion informelle entre le Maroc et le Front Polisario, prévue à Manhasset (New York) le 15 de ce mois, nous donnera une idée sur le degré de «détermination» du roi à redynamiser la construction maghrébine. Pour se construire vraiment, le Maghreb a besoin d’actes concrets et tangibles. Les boniments ne trompent plus personne.
Par Kamel Amgha

Mohammed VI écrit à Bouteflika: Un message diplomatique et des sous-entendus

Posted on Aucun commentaire
Mettant à profit l'occasion du 5 juillet, le roi Mohammed VI du Maroc, dans une correspondance diplomatique adressée au président Bouteflika, a réaffirmé sa volonté d'imprimer une nouvelle dynamique aux relations bilatérales tout en évitant l'évocation des dossiers qui fâchent.

Le message de félicitations de M6 s'est voulu un rappel de la température des derniers mois qui ont vu des échanges de visites ministérielles entre les deux capitales mais également à des annonces de bonnes intentions qui ont auguré, un certain temps, un réchauffement de leurs relations politiques.

Ce message a été également un relais royal pour se souvenir de l'existence de l'Union du Maghreb Arabe (UMA) puisque le roi alaouite, se prononçant sur « les obstacles conjoncturels et objectifs » entre les deux pays, s'est dit « déterminé » à les surmonter dans le cadre même de l'UMA.

Une union régionale en terme d'option stratégique avec la consolidation de cette union maghrébine mais aussi un clin d'oeil à la relance de l'Union Pour la Méditerranée, chère à Sarkozy, avec la nomination de M.

Amrani, un haut cadre marocain, au poste de Secrétaire général de l'UPM, « avec l'appui de l'Algérie », comme souligné par Alain Juppé, le ministre français des Affaires étrangères et européennes, lors de son dernier passage à Oran.

Ce discours de circonstance tranche avec le vocabulaire habituel utilisé par M6 pour fustiger la politique extérieure algérienne, notamment sur le dossier sahraoui et la fermeture des frontières terrestres entre les deux pays.

Une position marocaine qui s'inscrit en opposition avec les recettes de bon voisinage en provoquant des réactions de la part de la diplomatie algérienne pour recadrer les accusations et les manoeuvres marocaines.

Alors que l'actualité était à une éventuelle et prochaine réouverture des frontières, fermées depuis 1994, la diplomatie marocaine, surfant sur les déclarations du Conseil de transition libyen accusant Alger d'alimenter les forces de Kadhafi en armes et mercenaires, s'est payé une tribune à Washington par l'entremise d'une plume lobbyiste en son nom pour reprendre ces mêmes accusations.

Rabat, dont les inimitiés avec Alger sont plus fortes que son désir d'apaisement dans l'espoir de voir les frontières entre les deux pays se rouvrir, a profité de cette occasion pour rebondir sur la question et frapper de suspicion internationale les relations qu'entretiennent l'Algérie et le Polisario, sous le couvert de la sacro-sainte priorité de la lutte antiterroriste.

Ce qui a fait dire au Premier ministre, Ahmed Ouyahia, que ce n'est pas avec ce genre d'initiatives qu'on assistera à une réouverture des frontières, une réouverture vivement souhaitée et conseillée par Paris.

L'autre dossier polémique entre Alger et Rabat est celui du Sahara Occidental où, là aussi, la France a pris position. Interrogé à propos de la position de Paris sur le Sahara Occidental, M. Juppé, tout en se félicitant de la volonté de contact entre Alger et Rabat malgré ce problème, a veillé à rappeler les fondamentaux français qui consacrent la médiation américaine et le travail de l'envoyé personnel du secrétaire général des Nations unies pour le Sahara Occidental, Christopher Ross, comme base d'une solution dans la voie d'une reconnaissance du peuple sahraoui, soit sous la forme d'une autonomie, un plan préconisé par le Maroc, rappelons-le, soit sous la forme de l'indépendance.
Le Quotidien D'Oran - 06/07/2011

M. Belkhadem réaffirme le soutien de l'Algérie à la cause sahraouie

Posted on Aucun commentaire
M. Abdelaziz Belkhadem a organisé, hier, une conférence historique sur la cause sahraouie en présence du SG du FLN et de l’ambassadeur Sahraoui à Alger, Ibrahim Ghali, lequel a qualifié la révolution algérienne «d’exemple à suivre». Il affirme devant une assistance nombreuse que le peuple sahraoui est aujourd’hui plus fort que jamais pour faire valoir ces droits légitimes. Il affirme que le Sahara Occidental a sans nul doute de beaux jours devant lui, si toutefois il décide d’emboîter le pas à l’Algérie.

Il annonce à cet effet, la disponibilité de son Etat à s’assoir la semaine
prochaine autour de la table des négociations avec la partie marocaine. Abdelaziz Belkhadem a, lui, dénoncé la politique de deux poids deux mesures des Nations Unies, en se posant la question suivante : «pourquoi Timor-est a réussi à se dégager de l’ennemi colonial et non pas le Sahara Occidental ?». Il remettra ainsi au goût du jour la «nécessaire» réforme de l’ONU qui, d’après lui, suscite moult questionnements sur le rôle qu’elle doit jouer, notamment dans le règlement des conflits coloniaux. 

Il rappelle, à cet effet, toutes les dispositions légales décidées en faveur de la cause sahraouie, mais hélas restées lettre morte, avant de réaffirmer que l’Algérie ainsi que le FLN ont toujours été aux côtés des causes justes, en adoptant des positions constantes fondées sur
l’impartialité et la justice. Déclarant dans ce sillage que «nous ne sommes pas des tuteurs sur le Sahara Occidental». Une façon de confirmer, encore une fois, que l’Algérie refuse de s’immiscer dans les affaires internes des autres pays. Cela ne l’empêche pas, cependant, d’«intervenir en raison des liens frontaliers existants entre les Etats».

Occident - Sahara Occidental : Deux poids deux mesures

Posted on Aucun commentaire
Une levée de boucliers occidentale a accueilli, mardi, l’annonce par Moscou de la reconnaissance de l’indépendance des Républiques séparatistes d’Abkhazie et d’Ossétie du Sud par Moscou. Un véritable concert de réprobations.Deux poids et deux mesures!
La secrétaire d’Etat américaine, Condoleezza Rice «regrette», la chancelière allemande, Angela Merkel, estime «inacceptable» cette reconnaissance, l’Otan «rejette» et la France veut faire condamner, par l’Union européenne, la Russie. L’Otan juge que cette reconnaissance «viole» l’intégrité territoriale de la Géorgie. Mme Merkel estime que celle-ci «(…) contredit le principe de l’intégrité territoriale, un principe de base du droit international des peuples et pour cette raison c’est inacceptable» et Mme Rice de renchérir: «L’intention évidente de la Russie de reconnaître deux zones, deux régions qui ont été en conflit, qui sont manifestement dans les limites des frontières internationales de la Géorgie, reconnues par plusieurs résolutions des Nations unies, me semble regrettable.»Moscou a piègé tout le monde au sujet du Kosovo.
Ces condamnations et réprobations auraient été conséquentes et appropriées si les mêmes parties avaient fait une lecture uniforme du droit international et de son application par les Etats quand il s’est agi de la Serbie et de son intégrité territoriale, pour ne citer que le dernier cas des errements des politiques occidentaux. Ce qui est loin d’avoir été le cas, le «droit international» semblant dimensionné à l’aune et au gré de celui qui l’exprime. Du coup, il n’a pas la même résonance dès lors que s’en réclament les uns et/ou les autres. Ainsi, les Etats occidentaux qui mettent aujourd’hui en avant le droit international n’ont pas hésité, dans un bel ensemble, à reconnaître l’indépendance autoproclamée de la province serbe du Kosovo. Personne n’avait alors songé au droit international et à l’intégrité de la Serbie, membre à part entière de l’ONU dans sa composante géographique et ethnique reconnue, dixit Mme Rice, par les différentes «résolutions du Conseil de sécurité».Tel est pris qui croyait prendre!
Or, Washington, Berlin, Paris, Londres, qui ont rejeté unanimement la reconnaissance par Moscou de l’indépendance des deux Républiques séparatistes d’Abkhazie et d’Ossétie du Sud, ont eux-mêmes ouvert cette brèche en reconnaissant imprudemment l’indépendance autoproclamée du Kosovo. Une indépendance qui n’a pas fait l’objet d’une résolution de l’ONU ou de négociations entre les Kosovars et la République de Serbie.
La question n’est pas de défendre la Serbie, mais de faire ressortir la proportion de l’Occident de faire des lectures biaisées du droit international et de son application dans des contentieux comme ceux du Kosovo, de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud, dans les territoires palestiniens occupés, au Sahara occidental, ou hier au Timor-Oriental. Or, l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud avaient proclamé leur indépendance respectivement en 1994 et 1992. Même Moscou n’avait pas alors jugé politique de reconnaître deux Etats qui lui sont politiquement très proches. Prudence que l’on n’a pas observé chez les Occidentaux qui ont immédiatement reconnu une province (le Kosovo) qui s’est autoproclamée indépendante, du fait que les promoteurs de cette indépendance sont pro-occidentaux et que la Serbie n’avait pas d’atomes crochus avec ce même Occident, ce qui n’est pas le cas de la Géorgie qui frappe aux portes de l’OTAN. Ce qui fait que le précédent du Kosovo n’est pas aussi fâcheux que l’on pouvait le penser, du moins pas pour tout le monde, et entrait en droite ligne avec les luttes de leadership entre l’Occident et une Russie renaissante et à nouveau conquérante, retrouvant peu à peu la puissance perdue de l’ex-Union soviétique.
En réalité, ce qui est inacceptable et regrettable dans le même temps est le fait que les puissances occidentales défendent l’intégrité territoriale de la Georgie -un pays qui leur est proche- invoquant pour ce faire le droit international, tout en faisant passer par pertes et profits l’intégrité territoriale d’un autre pays, la Serbie, pour cause de relations conflictuelles de Belgrade avec les chefs de file de l’Occident. Il est ici, en fait, strictement question d’intérêts et l’Occident ne se souvient du droit international que lorsque celui-ci sert ses intérêts. Car beaucoup de pays voient leur intégrité territoriale violée, sans susciter le holà de cet Occident qui observe alors un silence coupable, souvent complice, mais qui, aujourd’hui, montre les dents et se prétend défenseur du pauvre et de l’orphelin.
Les dossiers du Sahara occidental (dont le cas est identique à celui du Timor -Oriental – ce dernier a trouvé sa solution par le bon vouloir de l’Occident qui a retiré son soutien au dictateur indonésien, Suharto) et des territoires palestiniens, notamment, dont les territoires sont respectivement occupés par le Maroc et Israël, n’ont jamais empêché l’Occident de dormir ou de trouver des justificats.
Commentaire de rais1956
Russia.fr, 05/07/2011

Bouguettaya :"aucun pays au monde ne reconnaît la légitimité du Maroc sur les territoires sahraouis"

Posted on Aucun commentaire
Son bureau politique a relancé la question
Le FLN exige le «pardon» de la France pour ses crimes en Algérie
Par Amar Rafa

Le FLN réitère son attachement à la poursuite de la lutte jusqu’à la reconnaissance par la France officielle de ses crimes coloniaux commis contre le peuple algérien, et exige son pardon. A la veille de la commémoration du 49e anniversaire de la fête de l’indépendance et de la Jeunesse, le bureau politique du FLN, réuni hier en son siège national, relève avec espoir que la fête de l’Indépendance intervient cette année, alors que «l’Algérie entière s’apprête à engager des réformes politiques, économiques et sociales profondes qui ouvriront les portes à un profond changement qualitatif de la vie des Algériennes et des Algériens, et qui baliseront le chemin à l’édification d’institutions à même de répondre aux aspirations des nouvelles générations». Aussi le BP du doyen des partis appelle-t-il sa base militante à «accorder tout l’intérêt et l’importance requis aux réformes politiques initiées par le président de la République, afin de réussir les réformes globales engagées par le pays visant à donner au pays un autre visage dans tous les domaines, à travers l’approfondissement du processus démocratique et le renforcement des fondements à l’Algérie de droit». Et ce, avant de renouveler sa fidélité à son «engagement d’œuvrer auprès des forces nationalistes à l’édification de l’Etat démocratique». C’est l’occasion pour le FLN de rappeler à la France officielle ses crimes coloniaux. Le Bureau politique du FLN «réitère son attachement à militer encore, à travers les moudjahidine, les enfants de chouhada et les jeunes des nouvelles générations, jusqu’à la reconnaissance par l’ancien colonisateur de ses crimes abjects commis contre le peuple algérien, et de présenter ses excuses pour la guerre d’extermination digne de crime contre l’humanité». Son communiqué ne manquera d’ailleurs pas de rappeler que «l’Algérie n’a pas seulement arraché son entière indépendance», mais a aussi «réussi à protéger et à sauvegarder sa totale souveraineté à l’ère de l’expansion de l’hégémonie moderne, qui a pris différents aspects de transgression de l’intégrité et de la souveraineté des pays». Avant de réaffirmer enfin à l’adresse des pays voisins, à la lumière des révoltes dans les pays arabes, que le FLN demeure essentiellement «attaché à la souveraineté et à l’intégrité des pays voisins et exprime encore une fois son refus et son indignation devant les ingérences dans les affaires intérieures des pays». Dans ce contexte, lors d’une rencontre intitulée «La question du Sahara occidental face aux défis actuels du monde arabe», organisée par le secrétariat à la formation du FLN, en présence de l’ambassadeur de la RASD, Brahim Ghali, plusieurs intervenants ont réitéré le soutien du FLN aux causes justes dans le monde, notamment au droit à l’autodétermination du peuple sahraoui et à la lutte pour l’indépendance des peuples encore sous le joug du colonialisme. Sous la direction du SG du parti, Abdelaziz Belkhadem, le parlementaire Sadek Bouguettaya fera une longue intervention, durant laquelle il s’est évertué à démontrer, preuves historiques à l’appui, que «le territoire du Sahara occidental n’a jamais fait partie de la monarchie marocaine», affirmant qu’«aucun pays au monde ne reconnaît la légitimité du Maroc sur les territoires sahraouis».
La Tribune d'Algérie, 05/07/2011

Hassan II & Driss Basri : Conférence de presse à titre posthume

Posted on Aucun commentaire
Pour cette mission délicate, nous avons dépêché notre éternel stagiaire/pigiste/responsable caféine.  Il avait déjà brillé en interviewant l'auguste feu Sa Majesté Hassan II. Voici son compte rendu
le CJDM a été invité à la conférence de presse exceptionnelle, organisée par feu Hassan II -contributeur contractuel à la dépêche MAPlol- défunt Roi du Maroc et Commandeur des Moutons Croyants et feu Driss Basri, défunt Ministre d'Etat, Ministre de l'Intérieur et Statisticien à ses heures perdues (on lui doit notamment la démonstration de la loi Bassrya, en vertu de laquelle la probabilité qu'un quartier de nihilistes (ou agitateurs) peut se retrouver à voter à la droite du Makhzen tend vers 1 au fur et à mesure que sa population s'étoffe d’électeurs décédés, de cousins éloignés et de bidonvillards cravachés par le Moqadem. (Disclaimer: la description plus longue et plus exhaustive du Ministre Basri ne manque en rien au respect dû au Père (fouettard) de la Nation, dont la description prendrait une dizaine de volume, à l'image du "Registre du Génie Hassanien").
Ces deux augustes personnages -le premier étant plus auguste que l'autre- ont tenu à convoquer une conférence de presse, de l'au-delà, afin de commenter les résultats du Référendum et son issue heureuse pour le peuple marocain, son Roi Sa Majesté Sérénissime et Royale Mohammed VI que Dieu le glorifie et lui garde ses costards rayés très classe de la mort qui tue. Ils ont tenu à s'exprimer sur un autre virage hist... on me glisse à l'oreillette qu'il s'agit d'un tournant (plutôt qu'un virage) tout aussi historique que l'indépendance, ou la signature du traité du protectorat.
Dans la grande salle comble de journalistes -certains décédés, d'autres bien vivants- venant du monde entier, le Roi et son Ministre-homme de main s'installent derrière un somptueux bureau, décorés de lourdes draperies de couleur verte, brodées d'or et ornementés de petits drapeaux marocains. Sur le mur derrière, deux gigantesques portraits de Hassan II et de son auguste fils confirment l'aspect solennel de cette conférence.
Hassan II muni de son attribut ministériel
Le Défunt, Sa Majesté Hassan II Ben Mohamed Alaoui, commence par lire un bref communiqué:
"Mon Cher Peuple,
Avec l'aide de Dieu, j'annonce la tenue d'un référendum constitutionnel. Permets-moi de mettre ce discours aseptisé de côté, et de te parler, les yeux dans les yeux.
Ceci est la quatrième réforme constitutionnelle que notre royaume bienheureux engage depuis son indépendance, la première depuis mon départ pour un plus grand royaume (où je suis Roi aussi, sauf que Dieu a fait ses valises, et se retrouve maintenant dans la Capital des Roses de l'au-delà) et je puis te dire, en toute honnêteté, que j'espère franchement que tu continueras dans la voie de servir ton Roi, ta Patrie et Ta Religion, en Votant Oui à cette constitution; Et je suis certain et serein, cher Peuple, que tu voteras Oui (autrement, il y en aura qui visiteront la Capitale des Roses, celle de l'au-delà et celle sur terre)"
à ce moment, il repose la feuille sur le bureau, puis, reprenant son coupe-papier favori, se mit à expliquer son sentiment:
Et je ne peux qu'exprimer ma joie, mon cher peuple, à la suite de ton empressement à voter Oui. Certes, cet empressement vil, obséquieux et servile à répondre aux désir du maître peut être jouissif, mais je te le répète, cher peuple, 98% de Oui... Grand Dieu! Mais ce plébiscite, cher peuple, tu n'as pas été le seul à le réaliser: nous saluons le travail minutieux et méticuleux de notre serviteur Driss Basri, ses subordonnés au Ministère de l'Intérieur, les Moqadems et Chioukhs, pour leurs efforts soutenus et patriotiques pour convaincre, vous citoyens, mon cher peuple, de voter POUR cette constitution. Une nouvelle page a été écrite dans l'histoire glorieuse de notre royaume."
Driss Basri, à l'écoute de son maître, a le visage radieux, l’œil mouillé et la bouche tremblotante devant l'hommage que lui rend, en direct, son Roi.
"Votre Majesté. les mots me manquent pour décrire ma gratitude. Mais sachez, Sire, que je le suis, et bien plus que vous ne le pensez -à ce moment, Driss Basri se jette sur la main Royale qu'il badigeonne de sa salive, ce qui semble amuser et satisfaire Hassan II- Je disais donc que la nouvelle constitution a été voté oui par 98% des voix, avec un taux de participation de 72% des inscrits. Sire, vous n'avez peut être pas écrit cette constitution, mais Par Dieu, il était de mon devoir, il était du devoir de la famille du Ministère de l'Intérieur et des forces vives de la nation, de faire voter massivement  ce merveilleux document. Sire, vous être bon, généreux, et vous êtes formidables.
Comme vous pouvez le constater messieurs, le Oui est uniforme sur toutes les régions du Royaume. C'est la preuve d'abord qu'il y a un consensus national autour de ce document, car écrit par le peuple (exclamation de journalistes, promptement dégagés de la salle) et que les Marocains se sont levés, comme un seul homme pour faire entendre leur enthousiasme pour la nouvelle constitution. Les bureaux de vote ont fait le plein dès 8h du matin, ce qui illustre bien l'exaltation générée par ce texte, et je pèse mes mots de policier défenseur du trône, révolutionnaire. Majesté, Sire, vous êtes un génie, et le vôtre a inspiré les "agnag" qui ont mis en forme vos idées et celles de votre fils. Je suis à votre service même mort, Sire"
Après cette brève introduction, la première question émane de M. Fahd Yata, de la Nouvelle Tribune:
- "Votre Majesté, Monsieur le Ministre: allez-vous enfin engager une campagne de purge à l'encontre des ennemis de la nation, ces homosexuels, lesbiennes, athée et pro-polisarios membres du ci-devant "20 Février"? Et Merci."
Driss Basri: "Votre question objective et impartiale me semble pertinente. Au regard de la pression internationale, nous nous réfrénons d'avoir l'air de les remettre sur le droit chemin, celui tracé par notre lumière à tous, Sa Majesté Hassan II, et perpétué par son glorieux fils, Sa Majesté Mohamed VI. Nous laissons les bons citoyens marocains les convaincre de leur déviance, et bon, ce zèle patriotique peut parfois déborder. Après, c'est aux représentants des forces de l'ordre d'apprécier la situation, et de considérer si elle porte atteinte à l'ordre public ou pas.
De toutes façons, nous observons bien que le résultat du référendum est un cinglant échec de leur projet d'instaurer une république soviético-islamiste. La vigilance du peuple Marocain a, encore une fois, été honorable."
Hassan II: "Votre père vous passe le salut, Mr. Yata. Effectivement, ces agitateurs subiront très bientôt le courroux des sujets marocains. Et je crois qu'en continuant votre travail de journaliste, exposant et démontrant leur hargne contre ce Royaume, ils seront de plus en plus isolés et ridicules. A ce sujet, je souhaite d'ailleur saluer le travail de nos serviteurs sur internet, qui, en dénigrant, insultant, détournant les propos des agitateurs, les font apparaître sous leur vrai jour, celui de mauvais musulmans, d'impies et de traîtres à la nation. Certes, internet donne aux agités et agitateurs le moyen de cracher leur venin, mais c'est aussi grâce à nos loyaux sujets serviles que le débat est maintenu au niveau que nous considérons suffisant pour notre bon peuple."
Khalil Hachimi Idrissi, ancien d'Aujourd'hui Lol Makhzen, nouveau Wali de Lol-MAP, prend la parole:
"Ma question est pour au Ministre de l'Intérieur: comment avez-vous réussi à mobiliser les électeurs à 72%?"
Driss Basri: "Ce n'était pas une mince affaire. Les 'agnag' se révélaient très tenaces. Mais voyez-vous, la machine de l'intérieur était encore intact: nos relais locaux, chefs de tribus, notables, moqadems, chioukh, walis, merdas et autres serviteurs obéissant de notre administration se sont levés comme un seul homme pour faire voter les marocains. A mort. Nous n'avons pas lésinés sur les moyens, et, suprême source de fierté pour notre ministère, tout cela n'a même pas nécessité de circulaire centrale, ni d'orientations. Sa Majesté me disait tout à l'heure à quel point elle était impressionnée par la capacité de prise d'initiative de nos valeureux cadres locaux. Je suis particulièrement fier d'avoir apporté ma modeste contribution à l'édifice qui nous fait gagner depuis plus de 40ans des référendums à 97% et plus."
KHI: "Pouvez-vous être plus spécifiques dans la description les méthodes utilisées?"
Driss Basri (qui s'énèrve soudainement): "Baghi n5li darbouk? hem. Excusez-moi Votre Majesté; ces journalistes semblent avoir oublié les bonnes manières!"
Hassan II: "mais allez-y, racontez-leur. Nous pensons que les agités gagneraient à comprendre que nous sommes bien plus forts".
Driss Basri: "vos désirs sont des ordres, Sire. Mr Idrissi, nous procédons comme suit: l'avancement du Moqadem dépend du bon vouloir de son supérieur hiérarchique. Pour bien se faire voir de son chef, il fouette le Merda pour lui récupérer certains individus sur sa liste: ceux ayant droit aux aides locales, les associations de quartier bénéficiant d'un financement comme celui de l'INDH, les jeunes présents dans les maisons de jeunesse, etc.. à toutes ces personnes, le Moqadem leur propose de voter. Juste voter. Ces citoyens marocains, doublement obligés par leur devoir civique et l'insistance de l'agent d'autorité, se déplacent en masse (avec l'aide d'une logistique préparée par la commune) pour voter Oui au bureau de vote. Au besoin, les absents votent aussi. Je précise que l'usage du vote des décédés se réduit de plus en plus car la population 'volontaire' est plus que suffisante.
Au niveau supérieur, le Cheikh et Caid interviennent dans le cas où la population n'est pas 'coopérative' notamment dans les régions de M'sa5it Sidna. L'intervention est rarement visible au niveau du Wali ou du 3amil. J'insiste sur le fait que grâce à la grille de rémunération unique allouée aux Moqadems, Chioukhs et Caids, la participation des populations -avec le soutien désintéressé des notables locaux- est assurée. D'autres questions?"
Hassan II: "Messieurs, vous nous excuserez, les résultats des prochaines élections législatives nous attendent. Il nous faut du temps pour redécouper les circonscriptions. Au bon plaisir de vous voir couvrir l'expression de notre démocratie marocaine."
Le délégué presse du CJDM est allé vomir un peu plus loin

MAROC-RÉFÉRENDUM : Un taux stalinien pour une Constitution octroyée

Posted on Aucun commentaire
Le «oui» au référendum sur la nouvelle Constitution octroyée par le souverain marocain l'a emporté par un score stalinien, 98,5 % des voix, selon le ministre de l'Intérieur marocain. Ces résultats portent sur le dépouillement de 94 % des bulletins. Le taux de participation est de 73 %. Une victoire certes écrasante mais contestée et contestable et qui appelle un certain nombre de remarques, puisque l'opposition au referendum et à une constitution qui ne change rien dans le fond à la nature de la monarchie marocaine a été empêchée de s'exprimer et n'a pu faire campagne pour le boycott au référendum. "On peut parler d'une exception marocaine", s'est réjoui le ministre de l'économie, Salaheddine Mezouar.

Plus revanchard, Khalid Naciri, l'inenarrable ministre marocain de la communication, a salué "une leçon magistrale donnée à ces apprentis
révolutionnaires", désignant ainsi les partisans du Mouvement du 20-Février, qui n'ont cessé, depuis cette date, de réclamer des réformes politiques profondes. Le ministère de l'Intérieur a recensé dans la période 790 manifestations, souvent à caractère social mais aussi politique. Pour les politologues dans un monde arabe en effervescence, le roi du Maroc, 47 ans, qui a succédé à son père en 1999, a ainsi voulu "relégitimé " son pouvoir à l'issue d'une campagne-éclair en faveur d'un texte qui, certes, consacre une place à la reconnaissance de droits fondamentaux et renforce le rôle du gouvernement, mais qui assoit, aussi, un peu plus son autoritarisme . 
 
Commandeur des croyants et donc première autorité religieuse du pays, chef suprême des armées, garant de la justice, le souverain présidera toujours le Conseil des ministres et conserve le pouvoir de nommer les principaux responsables du pays, notamment dans les grandes entreprises publiques. Si la victoire du oui est stalinienne , elle ne décourage pas pour autant les contestataires, qui soulignent que, sur les 19,5 millions de Marocains en âge de voter recensés en 2009, seuls 13 millions, dûment inscrits et détenteurs d'une carte d'électeur, ont pu se rendre aux urnes. Et chacun se dit déterminé à poursuivre le combat, dans la perspective des prochaines élections législatives. "Maintenant, on va manifester tous les dimanches", promet Oussama El Khifli, l'une des figures du Mouvement du 20-Février. "Pour nous, il n'y aura pas de trêve", affirme de son côté Mohamed Salmi, membre du secrétariat général de Justice et Spiritualité, un mouvement islamiste dirigé par le cheikh Yacine, allié aux jeunes du 20-Février.La question religieuse a été au centre de la campagne référendaire.

La Commission consultative pour la réforme de la Constitution avait, dans ses propositions, inscrit, le 24 mai, la liberté de croyance, avant de devoir battre retraite. "C'est la grande défaite de ce projet", regrette un de ses membres.A la place, le Conseil des oulémas a fait son entrée dans la Constitution. Et pour contrer l'influence de Justice et Spiritualité, le parti de cheikh Hocine dont la fille et porte-parole appelle ouvertement à l'instauration de la République au Maroc, le roi n'a pas hésité à mobiliser mosquées et partisans religieux. La plus puissante confrérie religieuse du pays, la Zaouïa Boutchichia, installée à Berkane, dans le Rif oriental - dont est issu le cheikh Yacine, comme ne
manquent pas de le souligner les autorités marocaines -, a lancé un appel au oui. Le prêche du vendredi 25 juin a été dicté par le ministère des Affaires islamiques en faveur d'un texte qui "comporte tous les bienfaits dont a besoin notre société". Pour avoir refusé de le lire, Abdelmalek Briki, imam de la mosquée Corsica dans la ville de Kenitra, a été aussitôt démis de sa fonction, comme en témoigne la lettre officielle qu'il a reçue et rendue publique sur Internet."Sur une question éminemment politique, le roi a fait appel aux religieux, c'est une première: même Hassan II n'avait jamais fait prêcher un vote dans les mosquées", s'insurge l'économiste Fouad Abdelmoumni, devenu
le porte-parole d'une coalition, née le 29 mai, autour de cinq petits partis de gauche et islamistes, trois syndicats et des associations, pour revendiquer une "monarchie parlementaire". "Nous sommes en présence d'un roi qui prétend incarner la modernité, et qui en même temps exerce un pouvoir absolu. "Qui plus est et pour de nombreux opposants au projets, le souverain marocain est sorti de son role d'arbitre en appelant a voter oui. Enfin last but not the least Mohammed VI , a joué aussi un coup de poker en étendant le référéndum au Sahara Occidental , territoire qu'il occupe militairement et illégalement et sur lequel la communauté internationale et les Nations unis ne lui reconnaissent aucun droit. Pour les Sahraouis , qui luttent pour l'indépendance il va s'en dire que les résultats de ce référéndum d'un autre temps sont "nuls et non avenus."
Mokhtar Bendib 
Le Courrier d’Algérie, 03/07/2011

Maroc : Un Mouvement qui s'étend, une classe politique qui s'est discréditée

Posted on Aucun commentaire
par Kharroubi Habib

Au Maroc, le Mouvement des jeunes du 20 février n'a nullement perdu de son audience et de sa détermination après le « oui » massif, selon les chiffres officiels enregistrés au référendum sur une révision de la Constitution. Ayant appelé à de nouvelles manifestations après cette consultation, il a été entendu, puisque plusieurs villes du Royaume ont été les théâtres des plus imposants rassemblements jamais réunis depuis son apparition sur la scène marocaine.

 Sa démonstration de force devrait rendre plus circonspects dans leurs analyses et affirmations les commentateurs qui, à l'annonce des chiffres officiels du référendum, se sont empressés de qualifier ceux-ci de succès pour Mohammed VI et de conjoncturer sur l'essoufflement du mouvement, voire sa probable extinction.

 Ce n'est pas son chant du cygne qu'a fait s'élever le Mouvement des jeunes du 20 février en cette soirée de dimanche passé, mais l'affirmation de la poursuite d'un combat pour la démocratie qui ne se satisfait pas du fardage fait à la Constitution marocaine. Bien sûr, le Roi et le Makhzen vont prendre prétexte du « plébiscite » dont la consultation référendaire donne l'illusion pour tenter de casser la dynamique de ce mouvement. Ils bénéficieront, à n'en point douter, de la compréhension et du silence complice des milieux politico-médiatiques étrangers, qui ont déjà fermé les yeux sur les résultats proprement staliniens annoncés officiellement et applaudi à « l'entente » entre le Roi et le peuple qu'ils sont censés avoir démontrée.

 Les grands perdants du référendum au Maroc, ce sont ces partis et syndicats dits d'opposition qui se sont prêtés à la mascarade référendaire organisée par le Trône, par laquelle le Roi a reconfirmé la totalité de ses pouvoirs exorbitants, alors que le peuple marocain, dans sa grande majorité, demande une constitution qui établit le principe que le monarque règne mais ne gouverne pas. Pour s'être faits les auxiliaires de la mascarade, ils en payeront le prix fort, celui de perdre le peu de crédit dont ils disposent encore parmi le peuple marocain

 L'autre enseignement qu'il faut tirer du référendum qui vient d'avoir lieu au Maroc, c'est qu'il rend pratiquement impossible la solution négociée sous l'égide des Nations unies du conflit sahraoui. En faisant inscrire dans sa nouvelle constitution un chapitre consacrant la «marocanité» du Sahara Occidental, le Roi a signifié à la communauté internationale que l'occupation marocaine de ce territoire est un fait accompli qui n'est plus discutable pour le trône et le peuple marocain. Il ne faut par conséquent nullement s'étonner si le Polisario et les Sahraouis décident, après cet acte royal, de réviser leur stratégie de lutte contre l'occupant de leur pays.

 Comme tous les monarques et chefs d'Etat arabes confrontés à la contestation de leurs peuples, Mohammed VI croit gagner du temps en ayant octroyé au sien un semblant de réformes et en jouant sur sa fibre patriotique. Deux ficelles qui ne règlent en rien le fond des problèmes contre lesquels les Marocains sont de plus en plus nombreux à se mobiliser derrière le Mouvement du 20 février. Problèmes qui sont la monarchie absolue, la corruption, les inégalités sociales toujours plus criantes, l'absence de démocratie, de liberté d'expression et les atteintes aux droits des citoyens.
Le Quotidien d'Oran, 05/07/2011

INCREDULITE

Posted on Aucun commentaire
par M. Saadoune

98,48% de oui. A peine 1,5% de non. Avec des scores aussi staliniens, n'importe quelle élection au monde aurait suscité dans la presse occidentale des commentaires amusés ou méprisants. Sauf au Maroc, où des journaux occidentaux très sérieux parlent d'avancée de la démocratie et se voilent pudiquement les yeux.

A l'évidence, l'habitude des journalistes à prendre leurs aises et leurs vacances au Maroc les rend inaptes à faire des observations élémentaires. Le Canard Enchaîné vient de faire sensation en révélant la liste de grands patrons de la presse française à qui Ben Ali offrait des vacances « all inclusive» et qui ont très largement œuvré à convaincre l'opinion française que la Tunisie est un paradis que les Tunisiens ignorent. Des vacances «all inclusive» sont destinées  c'est ce que disent les dépliants publicitaires à vous épargner les tracas de devoir penser aux dépenses…

Le fait que ces grands médias ont très largement justifié la répression et la démocratie très spécifique de M. Ben Ali a, bien entendu, beaucoup à voir avec ces largesses qui, on le sait aussi, s'étendaient au personnel politique. Un jour, peut-être, on en saura sur les «all inclusive» du Maroc. Ils doivent très certainement exister, à lire tant de commentaires complaisants sur les «grandioses» résultats du référendum constitutionnel au Maroc.

Ils ne sont pas loin de reprendre à leur compte l'assertion du Premier ministre marocain Abbas El-Fassi qui affirme que le résultat du référendum élève le Maroc «au rang des pays démocratiques séculiers ». Les plus courageux se limitent, pour faire «équilibré», à donner une petite phrase par-ci, une autre par-là, aux commentaires incrédules de ceux qui se battent pour une vraie réforme.

Il faut relever la délicieuse concomitance entre la couverture superficielle du référendum par la chaîne «révolutionnaire» Al Jazira et l'autorisation qui lui a été donnée pour rouvrir son bureau au Maroc.

Il faut aller dans la blogosphère pour entendre des Marocains critiquer sans retenue la fraude électorale et le bourrage des urnes. Les jeunes du Mouvement du 20 février, qui entendent poursuivre leur combat pacifique pour les réformes, ont qualifié le résultat de «ridicule». L'organisation interdite Al-Adl oua Al-Ihsane affirme que le référendum du 1er juillet a été l'une des «plus grandes opérations de détournement de la volonté populaire de l'histoire moderne». L'organisation affirme que le taux de participation n'a pas dépassé les 37%, ce qui est très loin des 73% annoncés par les autorités. Le porte-parole de l'organisation a rappelé d'ailleurs, non sans humour, qu'officiellement 90% des Egyptiens ont voté en décembre 2010 pour Moubarak ! C'est effectivement un bon parallèle !

Le résultat très soviétique du référendum devait susciter au moins quelques réserves d'usage. Mais il est clair que les médias occidentaux suivent dans le cas du Maroc  comme d'ailleurs pour le Bahreïn  des choix faits par les politiques. Ce qui était demandé  et conseillé  au Roi est d'organiser une apparence de réforme que les Occidentaux applaudiront à tout rompre. Déjà, les réactions dithyrambiques au contenu d'une révision constitutionnelle où il s'agit très clairement de bouger un texte pour que rien ne change, annonçaient la couleur.

Les Marocains savent déjà que le référendum, censé avoir donné un surcroît de légitimité au régime, va poursuivre une répression qui s'accentue depuis des semaines avec, en sus, l'entrée en scène des baltaguis du Makhzen. Ils savent aussi qu'ils ne peuvent compter que sur eux-mêmes pour progresser.
Le Quotidien d'Oran, 05/07/2011
Don't Miss