Latest

Sahel

Mali

International

Makina Zanele : la cause sahraouie est "juste" et "nul ne peut nier cela"

Posted on Aucun commentaire
La cause sahraouie est " juste" et "nul ne peut nier cela", a souligné samedi à Alger Makina Zanele, directrice en chef du département Afrique du nord auprès du ministère des Affaires étrangères d’Afrique du sud. 
 
Dans une déclaration à la presse à l’issue de l’audience qui lui a été accordée par le président de l’APC d’Alger centre et vice-président de l’Union des villes africaines, Tayeb Zitouni, la responsable sud-africaine a indiqué que c’est la justesse de la cause sahraouie qui a poussé les sahraouis à " poursuivre le combat et la lutte pour la liberté et l’indépendance".

La responsable sud-africaine avait effectué une visite dans les camps des réfugiés sahraouis à Tindouf à la tête d’une délégation (sud-africaine) pour s’enquérir de leur situation.

Elle a fait remarquer avoir constaté " la bonne organisation dans les camps des réfugiés " et "la ferme volonté des sahraouis à poursuivre leur combat " en dépit des conditions difficiles dans lesquelles ils vivent, notamment en été.
SPS, 19/06/2011

Maroc : Les réformes de Mohammed VI n’ont pas convaincu

Posted on Aucun commentaire
Aucun symbole de corruption n’a été traduit devant la justice depuis l’avènement du « Printemps arabe »

Le Maroc ne changera pas de régime le 1er juillet prochain, date du référendum sur le projet de réforme de la Constitution élaboré par une commission encadrée par Mohamed Moatassim, un conseiller de Mohammed VI. Au grand dam du Makhzen et de ses «amis» qui affirment que le Royaume entrera avec ce texte «inédit dans le monde musulman» dans une «nouvelle ère», le mouvement du 20 février appelle ses partisans à manifester «pacifiquement» aujourd’hui à Casablanca, Fès, Marrakech, Rabat et Tanger.

Le premier pas vers «une monarchie constitutionnelle, démocratique, parlementaire» annoncé vendredi soir par Mohammed VI n’a pas convaincu le «20 février» qui exige une «Constitution véritablement démocratique», «une monarchie parlementaire» et «une véritable séparation des pouvoirs».

Selon ce mouvement, le roi qui a consenti sur papier au renforcement du rôle du Premier ministre même si ce désormais «chef du gouvernement» ne peut prendre aucune décision sans le feu vert du Palais Royal, a préservé «l’essentiel de ses pouvoirs» en consolidant son statut de «Commandeur des croyants» avec l’inscription pour la première fois dans un texte constitutionnel du Conseil supérieur des Oulémas qu’il préside, son rôle de chef de l’Etat et des armées et en créant un Conseil suprême de sécurité sur mesure.

Outre ses privilèges, il s’est octroyé, de nouveau la présidence du Conseil ministériel, au sein duquel les grandes stratégies de l’Etat sont déterminées et du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire et réaffirmé que les jugements seront prononcés en son nom, comme dans la Constitution actuelle qui date de 15 ans et….que sa personne sera «inviolable».

Seules concessions de taille selon les analystes qui ont sérié les changements cosmétiques et rappelé qu’aucun symbole de corruption n’a été traduit devant la justice depuis l’avènement du «Printemps arabe» : la constitutionnalisation des droits de l’Homme avec la consécration prévoit l’égalité «civile et sociale» entre l’homme et la femme et la reconnaissance «dans un processus graduel de tamazight comme deuxième langue officielle.

Djamel Boukrine, 19/06/2011

Kafka à Zoudj Bghal !

Posted on Aucun commentaire
Par Noureddine Khelassi

Même s’il lui arrivait de laisser filtrer du ressentiment ou de faire preuve d’une étonnante autocritique en se qualifiant, par exemple, de «harki du système» algérien, Sid-Ahmed Ghozali ne manque pas pour autant de discernement, voire de sagacité. Mais il lui arrive aussi de ne pas en avoir lorsqu’il caresse dans le sens du poil royal un confrère de Maroc Hebdo International, relais hebdomadaire du makhzen et porte-drapeau du souverainisme marocain (No 935 du 03 au 09 juin 2011). A l’occasion, l’ancien Premier ministre, un coup diplomate, un chouïa politique et un tantinet psy, étale sur le divan les relations algéro-marocaines, notamment la question des frontières, fermées depuis 1994, à l’initiative du Maroc, suite à l’attentat islamiste contre l’hôtel Asni de Marrakech. Et s’il sait montrer un certain sens de l’à-propos, l’ex-ministre des Affaires étrangères finit quand même par céder à la douce tentation de voir dans le régime algérien, qu’il a tant servi, un va-t-en guerre peuplé, à tous les étages, de Docteurs Folamour bellicistes en diable ! Questionné sur une éventuelle réouverture des frontières, demande récurrente du Palais royal, Sid-Ahmed Ghozali y voit, à juste titre d’ailleurs, un anachronisme unique en son genre, dans la mesure où l’espace aérien et maritime sont ouverts et que les deux pays disposent d’ambassades dûment accréditées. Mais comme s’il s’agissait de sa part d’un acte manqué ou d’un profond dépit, il estime possible une guerre entre les deux pays, déclenchée par l’Algérie ! Alors, réponse sans équivoque à une question claire : «dans l’absolu, un régime dictatorial comme celui de l’Algérie est toujours prêt à faire la guerre à ses voisins pour éviter de se concentrer sur la recherche de solutions aux problèmes internes». Et si, dans l’absolu, l’initiative de belligérance était possible en sens inverse ? L’homme aux élégantes cravates papillon y a peut-être pensé mais ne l’a pas relevé, sans doute par onctueuse courtoisie à l’endroit du confrère marocain.

La frontière, une ligne rouge
En diplomatie comme en politique, il y a des oublis involontaires ou des omissions volontaires qui pourraient avoir une vertu de lapsus révélateur. L’ancien ambassadeur d’Algérie en France a tout de même le mérite d’aborder, avec courage et franchise, la relation algéro-marocaine qui relève à la fois de l’histoire, de la géographie et de traumas qui ont jalonné les rapports bilatéraux depuis l’Emir Abdelkader et le sultan Moulay Abderrahmane. La trahison du roi du Maroc qui a, certes sous la contrainte militaire, reconnu la colonisation française de l’Algérie et lâché l’Emir Abdelkader en rase campagne, est le premier marqueur dans la liste des manquements politiques du Maroc à l’égard de son voisin. Une liste qui débute avec l’infâme traité de Tanger avec la France (1944) qui coûta au royaume la perte de Tétouan et le partage du Maroc en zone d’influence française et espagnole. Plus qu’une ligne de partage ou de démarcation, la frontière est justement le fil rouge qui définit, mieux que le conflit du Sahara Occidental, les relations conflictuelles entre l’Algérie et le Maroc. Avant la France ne colonise la région à partir du XIXe siècle, aucune frontière n’était définie. Il a fallu attendre le Traité de Lalla Maghnia, signé le 18 mars 1845 entre la France coloniale et le Maroc, pour voir délimité sur 165 kilomètres un tracé de frontière. Le traité, qui constate au-delà l’existence d’un «territoire sans eau (qui) est inhabitable» évoque en fait une zone frontalière sans limite précise, jalonnée par des territoires tribaux rattachés au Maroc ou à l’Algérie et chevauchant une sorte de terra nullius chevauchant des tracés mal identifiés (Ligne Varnier en 1912, Ligne trinquet en 1938), variant d’une carte à l’autre. Beaucoup plus tard, la Convention du 20 juillet 1901 et l’Accord du 20 avril 1902, délimiteront de manière un peu plus précise les frontières entre l’Algérie française et le Maroc qui n’était pas encore sous protectorat français. La découverte d’importants gisements de pétrole, de fer et de manganèse dans la région amène la France à délimiter plus précisément les territoires. En 1952, les Français décident d’intégrer officiellement aux igamies françaises d’Algérie les régions de Tindouf et de Colomb-Béchar. Dès son indépendance en août 1956, le Maroc revendique la souveraineté sur ces territoires. Afin de mettre un terme à son soutien au FLN, la France propose le principe de restitution de ces territoires contre la mise en place de l’OCRS, l’Organisation commune des régions sahariennes, chargée d’exploiter les gisements miniers du Sahara, et la cessation de l’aide aux moudjahidine algériens. Le roi Mohamed V, et c’est tout à son grand honneur, voit cette proposition scélérate comme un «coup de poignard dans le dos des frères algériens», tout en demandant que «soit déterminé la souveraineté qui s’exerce sur ces régions ainsi que leur délimitation». Cette double attitude sera la sienne jusqu’à l’accord du 6 juillet 1961 avec le président du GPRA, Ferhat Abbes. Selon cet accord, une fois l’indépendance de l’Algérie acquise, le statut de ces territoires serait renégocié. Mais il n’a jamais été question d’une rétrocession pure et simple. D’ailleurs, cet accord ne sera jamais ratifié. Le Maroc lui-même soulignait à l’occasion son opposition «par tous les moyens à toute tentative de partage ou d’amputation du territoire algérien».

Intégrité territoriale algérienne et contre «Grand Maroc»
Un des enjeux de la guerre d’indépendance algérienne était justement la préservation de l’unité du territoire algérien et il était surtout question d’empêcher la France de séparer le Sahara du reste de l’Algérie. Les exigences territoriales du Maroc étaient alors perçues comme des tentatives d’ingérence et de pression, au moment où le pays était exsangue au sortir de 132 années de colonisation. C’est à ce moment-là que le parti de l’Istiqlal republie la carte irrédentiste du «Grand Maroc» dessinant un territoire comprenant un tiers de l’Algérie jusqu’à In Salah, le Sahara Occidental, la Mauritanie et une partie du Mali. La tension entre les deux pays monte crescendo à la faveur de nombreux incidents frontaliers. Des Algériens et des Marocains sont expulsés de part et d’autre. La tension est alors au plus haut entre l’Algérie qui a soutenu l’opposant Mehdi Ben Barka et le Maroc qui a favorisé l’arrestation en 1956 d’Ahmed Ben Bella, Hocine Ait Ahmed, Mustapha Lacheraf et Mohamed Boudiaf et soutenu le soulèvement du FFS en Kabylie. Les incidents frontaliers débuchent finalement, fin septembre, sur la «guerre des sables» et l’entrée des FAR jusqu’à 12 kilomètres de Tindouf. Lors d’une conférence à Bamako, sous l’égide de l’ancienne OUA, un cessez-le-feu est obtenu qui ne sera définitivement respecté que le 20 février 1964. L’accord définit les contours d’une zone démilitarisée et marque la reprise officielle des relations diplomatiques entre les deux pays. L’Algérie en sort confortée par l’avantage de l’uti possidetis juris, principe de droit international par lequel les belligérants d’un conflit conservent leurs possessions à la fin dudit conflit, nonobstant les conditions d’un traité. Provenant du droit romain, ce principe autorise une partie à contester et à réclamer un territoire qui a été acquis par la guerre. A la faveur de ce conflit frontalier armé, l’OUA adopte le principe de l’uti possidetis qui signifie «comme vous avez possédé, vous continuerez à posséder». L’Organisation de l’unité africaine en fera en 1964 le fondement du principe de l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation et la frontière algéro-marocaine suit le tracé qui reprend la délimitation coloniale française. Le principe sera appliqué à toute l’Afrique et reste à la base de l’Acte constitutif de l’Union africaine qui énonce le «respect des frontières existant au moment de l’accession à l’indépendance». La guerre des sables inaugure une longue période de tension entre l’Algérie et le Maroc, mais une seule confrontation armée interviendra par la suite : en 1976, en deux actes, à Amgala, au Sahara Occidental. Dans l’intervalle, le 15 juin 1972, les deux ministres des Affaires étrangères Abdelaziz Bouteflika et Ahmed Taibi Benhima paraphent à Rabat une Convention relative au tracé de la frontière d’Etat, fondée sur le Traité d’Ifrane conclu le 15 janvier 1969 par le président Houari Boumediene et le roi Hassan II. Le traité, basé sur la jurisprudence coloniale et l’uti possidetis consacré par les Etats africains, a été conçu en application du traité de délimitation de Lalla Maghnia, en ses dispositions portant délimitation de la frontière algéro-marocaine ainsi que des textes subséquents, notamment la Convention du 20 juillet 1901 et l’Accord du 20 avril 1902. L’Algérie ratifie le traité le 17 mai 1973, mais le Maroc tarde à faire de même, jusqu’au 22 juin 1992, soit un peu plus de trois ans après l’échange des instruments de ratification de la Convention de délimitation conclu à Rabat en 1972.

La Marche Verte, cheval de Troie marocain
Les deux pays s’étaient également mis d’accord sur une exploitation commune des gisements miniers de Ghara Djebilet mais l’accord ne sera jamais appliqué, rendu caduc par le conflit du Sahara Occidental qui sera la seconde pomme de discorde entre les deux parties. Deux visions les y opposent à ce sujet : fait accompli colonial contre défense du principe d’autodétermination d’un peuple ; et le conflit n’a pas fini de s’enliser dans les sables du Sahara des anciens territoires espagnols de Rio de Oro et Saguia él-Hamra. Après la Marche verte, version marocaine des temps modernes du cheval de Troie, le président Houari Boumediene avait, dans un discours à la télévision algérienne, révélé alors que le Maroc avait refusé une proposition algérienne de constituer une force militaire commune pour libérer le Sahara Occidental sous domination espagnole. Le Maroc, pour sa part, évoquait l’existence d’un accord de partage du Sahara, qui aurait notamment permis l’acheminement vers la côte atlantique des minerais de Ghara Djebilet. Depuis, la question des frontières et la décolonisation du Sahara Occidental aux mains de l’ONU, empoisonnent un peu plus des relations déjà alourdies par des crispations diplomatiques, alimentées notamment par un courant de méfiance et de suspicion, nourries par les drames respectifs des
Marocains et d’Algériens expulsés par les deux pays depuis 1963. Le Maroc, qui a nationalisé les biens d’Algériens au Maroc, a envenimé un peu plus des relations passablement médiocres, en expulsant d’autre algériens et en fermant unilatéralement ses frontières après l’attentat de Marrakech. La présence d’un franco-algérien parmi les terroristes islamistes auteurs de l’attentat de l’hôtel Isni, était suffisante aux yeux des autorités marocaines pour y voir la main du Big Brother du DRS algérien, perçu en démiurge sécuritaire ! A la suite de ce malheureux épisode, où le ridicule de la lecture sécuritaire du makhzen le disputait à la tragédie humaine, réelle celle-là, les autorités algériennes refusent depuis d’ouvrir la frontière terrestre. Malgré la suppression des visas en 2004 et 2005, à l’initiative première du Maroc, le maintien, ouverts, des espaces aériens respectifs et de certains canaux d’échanges. Pourtant, les deux pays, sous la houlette du président Chadli Bendjedid et du roi Hassan II, ont montré que les deux pays pouvait adopter un certain modus vivendi dans une relation bilatérale déconnectée du conflit du Sahara Occidental, laissé aux bons soins de la Communauté internationale. Les deux pays avaient repris les relations diplomatiques coupées depuis l’irruption du conflit sahraoui et leur nouvelle entente cordiale avait favorisé la signature de la Déclaration de Zéralda en 2008 et le Traité de Marrakech en 2009, instaurant l’UMA, l’Union du Maghreb Arabe. Le traité encourage la libre circulation des personnes, des services, des marchandises et des capitaux. Il prône en même temps la «réalisation de la concorde entre les Etats membres et l’établissement d’une étroite coopération diplomatique fondée sur le dialogue». Simple vœu pieux.

Le pire n’est pas pour demain
La crispation algéro-marocaine a certes des fondements géopolitiques. Elle relève aussi d’une question inavouable de leadership régional et de parité stratégique entre deux régimes autoritaires mais de nature institutionnelle différente. Mais cette rigidité relève d’avantage de la psychologie qui fait du voisin et néanmoins frère, l’ennemi intime dont la menace stratégique détermine la dimension même du système de défense militaire. Et même si les deux pays se sont lancés depuis quelques décennies dans des dépenses militaires souvent justifiées mais parfois démesurées par rapport à la nature réelle de la menace que l’un constituerait pour l’autre. Mais s’il y a eu par le passé une guerre en bonne et due forme et quelques escarmouches, un nouveau conflit militaire parait aujourd’hui comme une vue de l’esprit, ou une simple extrapolation d’un Cassandre nommé Sid-Ahmed Ghozali. D’ailleurs, l’ancien Premier ministre algérien révèle dans son entretien à Maroc Hebdo que le pire est toujours évitable. Notamment quand il révèle que le roi des Belges lui a révélé avoir préparé une rencontre sécrète à Bruxelles, en 1978, entre le roi Hassan II et le président Houari
Boumediene. Le syndrome de Waldenström, qui a foudroyé le Lider Maximo algérien en décembre de la même année, a voulu qu’il en soit autrement. Peut-être que si cette rencontre a eu lieu l’histoire du Sahara Occidental aurait pris un autre cours et, à la frontière algéro-marocaine, Kafka n’aurait pas élu domicile à Zoudj Bghal.
La Tribune d'Algérie, 18/06/2011

Alger et Paris enterrent les questions qui fâchent

Posted on Aucun commentaire
Conférence de presse conjointe de Mourad Medelci et d’Alain Juppé
Mokrane Chebbine

Les relations algéro-françaises connaissent un réchauffement inédit, que la récente visite du ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé est venue confirmer. En effet, Alger et Paris affichent une volonté commune sans précédent de raffermir leurs relations bilatérales dans tous les domaines. C’est les messages qui se dégagent de la conférence de presse conjointe, animée jeudi dernier, à la résidence d’Etat El-Mithak (Alger), par Mourad Medelci et Alain Juppé.Les relations algéro-françaises connaissent un réchauffement inédit, que la récente visite du ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé est venue confirmer. En effet, Alger et Paris affichent une volonté commune sans précédent de raffermir leurs relations bilatérales dans tous les domaines. C’est les messages qui se dégagent de la conférence de presse conjointe, animée jeudi dernier, à la résidence d’Etat El-Mithak (Alger), par Mourad Medelci et Alain Juppé.Satisfaction, consultations positives, avancées considérables, convergences de vue, particulière embellie, confiance et amitié sont, entre autres, les termes utilisés par les deux conférenciers pour illustrer le rapprochement entre l’Algérie et la France, en dépit des questions qui fâchent. Pour le ministre des AE algérien, Mourad Medelci, la visite de son homologue français a permis de « revisiter » certains accords opérationnels dans les domaines militaire, l’éducation et la coopération économique entre autres, « consolider » ce qui existe déjà et « préparer » des accords quinquennaux. Le chef de la diplomatie française, lui, a parlé de « particulière embellie entre la France et l’Algérie », à l’issue de ses entretiens avec le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, du ministre délégué chargé des Affaires maghrébines et africaines, Abdelkader Messahel et de son homologue, Mourad Medelci. Répondant à une question sur le passé colonial qui mine les relations algéro-françaises, Alain Juppé, tout en appelant à « ne pas ressasser le passé et se tourner vers l’avenir », a considéré que les différends qui plombent les deux pays font le « charme » des relations algéro-françaises. Ce à quoi Mourad Medelci a répliqué que la relation devra être encore « plus forte » à la faveur d’une dynamique économique et politique exemplaire et d’une coopération prometteuse susceptible de propulser la relation algéro-française à un haut degré de partenariat.Le difficile compromis sur la LibyeBien que l’Algérie et la France s’accordent à favoriser une « solution politique » dans le conflit en Libye, les deux pays divergent quant à la reconnaissance du Conseil national de transition (CNT). Si la France semble trancher définitivement en faveur du départ du dirigeant libyen, Mouammar Kadhafi, conformément à « la position de la communauté internationale, dont l’UE et le groupe de contact sur la Libye », l’Algérie elle, s’en remettra à la décision de « l’Union africaine et la Ligue arabe » qui n’ont pas encore statué sur la reconnaissance ou non du CNT. « Nous considérons que Kadhafi a perdu toute légitimité », a soutenu le chef de la diplomatie française, dans un soutien manifeste aux troupes rebelles libyennes. De son côté, Mourad Medelci, tout en affirmant que « la solution ne peut être que politique », a indiqué que la position de l’Algérie, loin de toutes « pressions » externes, est « collective », c’est-à-dire alignée sur celle de l’UA et de la Ligue arabe. En d’autres termes, la France et l’Algérie ne parviennent toujours pas à dégager une position commune quant au conflit libyen, les deux pays refusant de faire des concessions.Sahara occidental : le clin d’œil de ParisParis affiche une volonté sans précédent sur la question du Sahara occidental qui mine les relations algéro-marocaines. Dans une déclaration qui s’apparente à une concession, le ministre des AE français a déclaré que la France « va apporter sa petite pierre à l’édifice » pour l’amélioration des relations entre ces deux grands pays maghrébins. « Notre position n’est pas unilatérale », a estimé Alain Juppé, répliquant à une question sur le poids de la France dans le conflit au Sahara occidental, affirmant de là même qu’ « elle n’est pas de nature à nuire aux relations algéro-marocaines », tout en se félicitant de la disponibilité de la partie algérienne à « instaurer un climat de confiance » entre les deux pays. D’ailleurs, ce dossier de grande importance, à l’instar des autres dossiers régionaux, la Libye et le Moyen-Orient ont fait l’objet d’entretiens « très approfondis » entre le président de la République, Abdelaziz Bouteflika et le chef de la diplomatie française.Archives et nucléaire, le dénouement ?La question de l’indemnisation des victimes algériennes des essais nucléaires français a été également évoquée par les ministres des AE algérien et français lors de la conférence de presse. Mourad Medelci a rappelé dans ce sens que la France avait adopté une loi pour indemniser les victimes de ces essais et parmi lesquelles il y a beaucoup d’Algériens. Il a, dans ce contexte, fait savoir qu’un groupe de travail avait été installé pour préparer un projet de convention bilatérale concernant cette question. Alain Juppé a confirmé cette option, précisant que les deux pays œuvrent à trouver les solutions idoines à ces questions bilatérales. Au chapitre de la coopération scientifique et technologique, le chef de la diplomatie algérienne a souligné qu’un courant d’échange extrêmement important liait les universités algériennes et françaises, précisant que plus de 600 conventions de coopération avaient été signées entre les deux parties avec l’ambition d’aboutir au transfert technologique.La France s’invite dans la lutte antiterroriste au SahelParis a fait part de sa « volonté accrue » de soutenir les efforts de l’Algérie pour maintenir la paix et la sécurité dans la sous-région du Sahel. A ce titre, le ministre d’Etat français, ministre des Affaires étrangères et européenne, mais également maire de Bordeaux, a affiché la disponibilité de la France de prendre part à la réunion que compte organiser l’Algérie prochainement dans le cadre de la lutte antiterroriste dans le Sahel. « La France a de gros intérêts dans cette région, donc nous sommes concernés par la question, d’autant plus que nos ressortissants sont la cible prioritaire des groupes terroristes dans la région », a affirmé Alain Juppé, appelant à adopter un partenariat « plus serré » dans la lutte contre le terrorisme et la grande criminalité ainsi qu’à la contribution dans le développement de cette région. Il a même parlé d’un « Plan Sahel » pour protéger la région, en compagnie de l’Union européenne (UE), également concernée par les développements qui s’opèrent au Sahel. Mourad Medelci lui, a souligné que l’Algérie et la France étaient pour une coopération régionale bien assise pour faire face à la situation dans cette région.Oran-Bordeaux : des projets communs à initierLe ministre des AE français a effectué une visite dans la ville d’Oran, jeudi dernier, en sa qualité de maire de Bordeaux, pour s’enquérir de l’avancement des travaux dans le cadre du accord de jumelage qui lie les deux villes depuis 2003. Le maire de Bordeaux a annoncé également la venue à Oran, dans les semaines prochaines, du directeur du conservatoire de Bordeaux pour étudier avec les responsables concernés des projets communs à initier. Par ailleurs, Alain Juppé a préconisé un soutien à la vie associative locale, soulignant au passage les bonnes relations entretenues avec les associations oranaises « Bel-Horizon » et « Santé Sidi Houari », notamment pour les projets de valorisation du patrimoine. De son côté, le président de l’APC d’Oran, s’est félicité, pour sa part, des bonnes relations entre les deux villes, comme il a énuméré les grands projets initiés dans la capitale de l’ouest du pays et qui peuvent susciter un intérêt pour les partenaires bordelais.Satisfaction, consultations positives, avancées considérables, convergences de vue, particulière embellie, confiance et amitié sont, entre autres, les termes utilisés par les deux conférenciers pour illustrer le rapprochement entre l’Algérie et la France, en dépit des questions qui fâchent. Pour le ministre des AE algérien, Mourad Medelci, la visite de son homologue français a permis de « revisiter » certains accords opérationnels dans les domaines militaire, l’éducation et la coopération économique entre autres, « consolider » ce qui existe déjà et « préparer » des accords quinquennaux. Le chef de la diplomatie française, lui, a parlé de « particulière embellie entre la France et l’Algérie », à l’issue de ses entretiens avec le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, du ministre délégué chargé des Affaires maghrébines et africaines, Abdelkader Messahel et de son homologue, Mourad Medelci. Répondant à une question sur le passé colonial qui mine les relations algéro-françaises, Alain Juppé, tout en appelant à « ne pas ressasser le passé et se tourner vers l’avenir », a considéré que les différends qui plombent les deux pays font le « charme » des relations algéro-françaises. Ce à quoi Mourad Medelci a répliqué que la relation devra être encore « plus forte » à la faveur d’une dynamique économique et politique exemplaire et d’une coopération prometteuse susceptible de propulser la relation algéro-française à un haut degré de partenariat.Le difficile compromis sur la LibyeBien que l’Algérie et la France s’accordent à favoriser une « solution politique » dans le conflit en Libye, les deux pays divergent quant à la reconnaissance du Conseil national de transition (CNT). Si la France semble trancher définitivement en faveur du départ du dirigeant libyen, Mouammar Kadhafi, conformément à « la position de la communauté internationale, dont l’UE et le groupe de contact sur la Libye », l’Algérie elle, s’en remettra à la décision de « l’Union africaine et la Ligue arabe » qui n’ont pas encore statué sur la reconnaissance ou non du CNT. « Nous considérons que Kadhafi a perdu toute légitimité », a soutenu le chef de la diplomatie française, dans un soutien manifeste aux troupes rebelles libyennes. De son côté, Mourad Medelci, tout en affirmant que « la solution ne peut être que politique », a indiqué que la position de l’Algérie, loin de toutes « pressions » externes, est « collective », c’est-à-dire alignée sur celle de l’UA et de la Ligue arabe. En d’autres termes, la France et l’Algérie ne parviennent toujours pas à dégager une position commune quant au conflit libyen, les deux pays refusant de faire des concessions.Sahara occidental : le clin d’œil de ParisParis affiche une volonté sans précédent sur la question du Sahara occidental qui mine les relations algéro-marocaines. Dans une déclaration qui s’apparente à une concession, le ministre des AE français a déclaré que la France « va apporter sa petite pierre à l’édifice » pour l’amélioration des relations entre ces deux grands pays maghrébins. « Notre position n’est pas unilatérale », a estimé Alain Juppé, répliquant à une question sur le poids de la France dans le conflit au Sahara occidental, affirmant de là même qu’ « elle n’est pas de nature à nuire aux relations algéro-marocaines », tout en se félicitant de la disponibilité de la partie algérienne à « instaurer un climat de confiance » entre les deux pays. D’ailleurs, ce dossier de grande importance, à l’instar des autres dossiers régionaux, la Libye et le Moyen-Orient ont fait l’objet d’entretiens « très approfondis » entre le président de la République, Abdelaziz Bouteflika et le chef de la diplomatie française.Archives et nucléaire, le dénouement ?La question de l’indemnisation des victimes algériennes des essais nucléaires français a été également évoquée par les ministres des AE algérien et français lors de la conférence de presse. Mourad Medelci a rappelé dans ce sens que la France avait adopté une loi pour indemniser les victimes de ces essais et parmi lesquelles il y a beaucoup d’Algériens. Il a, dans ce contexte, fait savoir qu’un groupe de travail avait été installé pour préparer un projet de convention bilatérale concernant cette question. Alain Juppé a confirmé cette option, précisant que les deux pays œuvrent à trouver les solutions idoines à ces questions bilatérales. Au chapitre de la coopération scientifique et technologique, le chef de la diplomatie algérienne a souligné qu’un courant d’échange extrêmement important liait les universités algériennes et françaises, précisant que plus de 600 conventions de coopération avaient été signées entre les deux parties avec l’ambition d’aboutir au transfert technologique.La France s’invite dans la lutte antiterroriste au SahelParis a fait part de sa « volonté accrue » de soutenir les efforts de l’Algérie pour maintenir la paix et la sécurité dans la sous-région du Sahel. A ce titre, le ministre d’Etat français, ministre des Affaires étrangères et européenne, mais également maire de Bordeaux, a affiché la disponibilité de la France de prendre part à la réunion que compte organiser l’Algérie prochainement dans le cadre de la lutte antiterroriste dans le Sahel. « La France a de gros intérêts dans cette région, donc nous sommes concernés par la question, d’autant plus que nos ressortissants sont la cible prioritaire des groupes terroristes dans la région », a affirmé Alain Juppé, appelant à adopter un partenariat « plus serré » dans la lutte contre le terrorisme et la grande criminalité ainsi qu’à la contribution dans le développement de cette région. Il a même parlé d’un « Plan Sahel » pour protéger la région, en compagnie de l’Union européenne (UE), également concernée par les développements qui s’opèrent au Sahel. Mourad Medelci lui, a souligné que l’Algérie et la France étaient pour une coopération régionale bien assise pour faire face à la situation dans cette région.Oran-Bordeaux : des projets communs à initierLe ministre des AE français a effectué une visite dans la ville d’Oran, jeudi dernier, en sa qualité de maire de Bordeaux, pour s’enquérir de l’avancement des travaux dans le cadre du accord de jumelage qui lie les deux villes depuis 2003. Le maire de Bordeaux a annoncé également la venue à Oran, dans les semaines prochaines, du directeur du conservatoire de Bordeaux pour étudier avec les responsables concernés des projets communs à initier. Par ailleurs, Alain Juppé a préconisé un soutien à la vie associative locale, soulignant au passage les bonnes relations entretenues avec les associations oranaises « Bel-Horizon » et « Santé Sidi Houari », notamment pour les projets de valorisation du patrimoine. De son côté, le président de l’APC d’Oran, s’est félicité, pour sa part, des bonnes relations entre les deux villes, comme il a énuméré les grands projets initiés dans la capitale de l’ouest du pays et qui peuvent susciter un intérêt pour les partenaires bordelais.
Le Midi Libre, 18/06/2011

Le double jeu de la presse marocaine

Posted on Aucun commentaire
Par Samir Ould Ali

Bien avant les bouleversements induits par les printemps arabes - et en dépit des campagnes médiatiques incendiaires régulièrement organisées contre l’Algérie - le Maroc avait, à plusieurs reprises, ouvertement souhaité la réouverture des frontières terrestres fermées depuis l’attentat islamiste commis dans un hôtel de Marrakech en 1994, attribué par Rabat aux services secrets algériens, qui avait entraîné une série de mesures (expulsion des ressortissants algériens installés au Maroc, instauration du visa d’entrée…) dont celle, définitive, décidée par la partie algérienne, de fermer purement et simplement les frontières. 
 
En novembre 2008, Mohamed VI avait estimé que le conflit sur la question du Sahara ne saurait justifier la poursuite de la fermeture des frontières entre les deux pays et appelé le président Bouteflika à renforcer «les relations de fraternité et de bon voisinage» pour un Maghreb uni «fondé sur des bases saines et solides.» Une année après, à l’occasion d’un Sommet arabe autour des questions économiques, sociales et de développement, le souverain chérifien est revenu à la charge pour regretter «la persistance de la fermeture absurde, par une seule partie (algérienne en l’occurrence puisque le Maroc avait levé la restriction en juillet 2004, Ndr) des frontières entre deux pays voisins» qui, conjuguée à d’autres entraves, aggrave la situation de l’Union du Maghreb et ralentit le processus d’intégration arabe.
 
Ces appels royaux sont évidemment soutenus par les médias marocains qui, ne craignant pas d’alterner le chaud et le froid, substituent volontiers les encouragements pour la réouverture des frontières algéro-marocaines aux accusations de complots divers contre les autorités algériennes. La dernière offensive médiatique du royaume chérifien a été enregistrée à la veille du match retour mémorable ayant opposé les équipes nationales des deux pays à Marrakech début juin, pour le compte des éliminatoires de la coupe d’Afrique des nations. Quelques semaines avant la rencontre sportive - s’appuyant probablement sur les déclarations optimistes faites par les dirigeants des deux pays à diverses occasions - plusieurs journaux marocains avaient annoncé la réouverture des frontières pour la veille du match. Ce que le premier ministre algérien, Ahmed Ouyahia, avait refuté, le 02 juin justement, en indiquant que cela n’était pas encore «à l’ordre du jour» même si, a-t-il soutenu, l’Algérie n’a aucun désaccord bilatéral avec le Maroc : «La preuve nos échanges commerciaux sont très importants et le Maroc se classe en première position dans les échanges commerciaux avec l’Algérie en Afrique». Cependant, la réouverture des frontières, a continué le premier ministre, est subordonnée à un climat «empreint de bonne foi et de confiance mutuelle entre voisins», ce qui, d’après lui, n’est pas le cas aujourd’hui en raison notamment de certains agissements marocains visant à impliquer l’Algérie dans l’envoi de troupes de mercenaires à la rescousse d’El Kaddafi. Pour les autorités algériennes, d’autres facteurs ne plaident pas pour l’ouverture des frontières: il s’agit notamment du trafic de drogue et de l’émigration clandestine qui constituent un danger pour l’économie nationale. Mais, cela la presse marocaine évite soigneusement de l’évoquer…
La Tribune d'Algérie, 17/06/2011

Le lourd passif entre Alger et Rabat

Posted on Aucun commentaire
Par Hasna Yacoub

Entre Rabat et Alger, il y a un lourd passif. Le «désaccord» entre ces deux pays frontaliers ne date pas d’aujourd’hui, et il est loin de se limiter à la question du Sahara Occidental, même si ce problème constitue la pomme de la discorde.Pourtant pour le premier ministre, Ahmed Ouyahia, «les relations algéro-marocaines ne sont guère «conditionnées par le problème du Sahara occidental». Mais «la réouverture des frontières terrestres entre les deux pays n’est pas à l’ordre du jour». il s’agit là d’un vieux désaccord entre l’Algérie et le Maroc et cela n’affecte en rien le processus actuel de redynamisation des relations bilatérales. 
 
L’ouverture des frontières terrestres entre les deux pays, a estimé Ouyahia «arrivera bien un jour», mais pour ce faire, il faut instaurer d’abord un climat de sérénité. C’est loin d’être le cas,notamment après les dernières accusations contre l’Algérie, d’avoir soutenu Kadhafi par des mercenaires, évoquées par les rebelles libyens mais concoctés dans les caveaux du Mekhzen. L’Algérie l’a deviné et infirmé et Ahmed Ouyahia n’a pas tergiversé, pour accuser le lobby marocain à Washington, d’être à l’origine de ces accusations en disant «ces derniers temps on observe des déclarations de l’agence officielle marocaine et une agitation du lobby officiel marocain aux Etats-Unis dans une tentative d’impliquer l’Algérie dans l’affaire des mercenaires et des d’armes envoyés en Libye». «Ce genre de choses ne sont pas des facteurs qui aident à l’ouverture de la frontière», a-t-il poursuivi. 
 
Il faut rappeler que les frontières algéro-marocaines sont fermées depuis 1994 sur décision des autorités algériennes. Une réponse, qu’elles ont voulue brusque et ferme, à la campagne lancée à l’époque par les autorités marocaines à l’encontre des Algériens, les accusant d’exporter le terrorisme vers leur pays. Une campagne qui s’était intensifiée suite à l’attentat terroriste qui avait été perpétré la même année dans un hôtel à Marrakech. Rabat avait alors accusé ouvertement l’Algérie de l’avoir fomenté. Les Marocains ont décidé de suite d’instaurer le visa aux ressortissants algériens. Alger qui a refusé d’accuser le coup froidement, a fermé carrément ses frontières ouest. L’Etat a décidé de faire dans la réciprocité qui impose à un acte politique adverse, un acte politique égal ou plus. Mais depuis, les marocains n’ont cessé de multiplier les appels pour la réouverture de ces frontières après avoir constaté une perte d’un minimum de 2 milliards de gains. Mais le coup est parti et Alger qui a accepté à plusieurs reprises de discuter de la réouverture des frontières, exige le règlement global de tous les dossiers en suspens : contrebande, trafic de drogue et terres spoliées. Il faut préciser concernant ce dernier point qu’il s’agit du dossier des Algériens qui vivaient au Maroc et qui ont été dépossédés de leurs biens par les autorités marocaines en vertu du Dahir royal du 2 mars 1973. La décision des autorités marocaines a affecté près de 20 000 hectares de terres agricoles appartenant à des ressortissants algériens détenteurs de titres fonciers. Ces derniers ont été tout simplement spoliés en violation de tous les accords et traités entre les deux pays, notamment celui d’Ifrane, qui accordent aux ressortissants marocains et algériens les mêmes droits des deux côtés de la frontière. 
 
En 1999 et juste après la mort du roi Hassan II dont les obsèques avaient vu la présence remarquée de Abdelaziz Bouteflika, un dégel de la crise algéro-marocaine allait se produire. Seulement, le massacre de 29 citoyens à Béchar par un groupe terroriste qui s’est réfugié au Maroc, a refroidi encore une fois les relations entre les deux pays. Le président de la République avait réagi de manière énergique au laxisme du royaume en disant que «ce n’est pas cela le bon voisinage», d’autant que des informations rendues publiques par le bureau de l’agence de presse française à Rabat avait fait état de l’arrestation de plusieurs membres du groupe qui avaient commis la tuerie de Béchar par les services sécuritaires marocains. Le Maroc venait encore une fois rappeler à l’Algérie que son but est de l’affaiblir. Alors pour les autorités algériennes, ce n’est qu’une fois tous ces dossiers en suspens traités et qu’un climat de stabilité et de sérénité instauré, que les discutions de la réouverture des frontières de l’Ouest pourront avoir lieu. Le royaume chérifien, quant à lui, fait une fixation et tente d’exercer des pressions sur Alger pour obtenir la réouverture des frontières. Il ne faut pas être grand clerc pour comprendre cette exigence de Rabat. La libre circulation des ressortissants des deux pays par voie terrestre a des retombées économiques très importantes pour la monarchie marocaine, car nul n’ignore que la contrebande représente une activité très lucrative pour la population du Maroc. Ceci, sans compter, que les frontières avec le Maroc enregistrent le passage des plus gros trafics de drogue. Mais c’est loin d’être gagné. Alger tient à préserver ses intérêts et n’oublie pas que le Maroc ne rate pas une occasion pour l’affaiblir comme il a tenté de le faire en 1994 avec l’attentat de Marrakech ou encore en 1976 avec l’affaire Amgala. Les autorités algériennes se sont habituées à cette attitude de leur voisin. Il leur est difficile aujourd’hui de lui tourner le dos par peur de se voir «poignarder».
La Tribune d'Algérie, 18/06/2011

Le ministère des AE répond à l’ambassadeur du Maroc à Genève

Posted on Aucun commentaire
Dans sa relation avec l’Algérie, le Maroc a deux visages. Rabat se montre conciliant et positif lorsqu’il parle de la réouverture de la frontière terrestre fermée depuis 1994. Ses diplomates attaquent et tentent de dénigrer l’Algérie lorsqu’il s’agit du conflit au Sahara occidental.

Malgré le climat de détente qui règne entre les deux pays ces derniers mois, les responsables marocains envoient des flèches et attaquent leur voisin de l’est. Illustration de cette stratégie, la charge brutale menée contre l’Algérie, mercredi 15 juin, par l’ambassadeur du Maroc à Genève, Omar Hilale. « Alors que le monde arabe connaît des bouleversements profonds, la diplomatie algérienne persiste à vivre hors du ton des mutations en cours et du temps des réformes qui bourgeonnent dans son voisinage immédiat et lointain ». Il répondait ainsi à l’ambassadeur algérien qui a dénoncé la détérioration de la situation des droits de l’homme au Sahara occidental.


Contacté ce vendredi 17 juin par TSA, un responsable au ministère des Affaires étrangères a réagi aux déclarations du diplomate marocain. « Tout d’abord, permettez‑moi d’apporter deux précisions importantes : premièrement, comme nous l’avions démontré par le passé, nous ne tomberons pas dans le piège grossier de la « bilatéralisation » de la question du Sahara occidental car il s’agit d’une question de décolonisation contrariée, qui suivra, imperturbablement, son cours au sein du système des Nations unies. Deuxièmement, nous ne tomberons pas, non plus, dans les rets de la surenchère oiseuse et de l’escalade gratuite ».


Le Maroc cherche en effet à établir un lien entre le dossier du Sahara occidental et sa relation conflictuelle avec l’Algérie. Rabat accuse périodiquement Alger d’avoir créé et alimenté le conflit au Sahara occidental. Le responsable du MAE a également répondu à l’ambassadeur du Maroc à Genève sur le sujet des réformes de la diplomatie algérienne en affirmant : « la diplomatie algérienne est en phase avec les défis et les impératifs de l’heure bien loin des verbiages creux et des péroraisons ineptes faites du haut des tribunes onusiennes. En Algérie, les concepts de mutations et de reformes ne se conjuguent pas, cyniquement, avec le reniement ! N’en déplaise donc aux sophistes et aux hâbleurs patentés, notre diplomatie ne sera jamais la diplomatie des porteurs de pancartes ni celle des porte‑flingues recrutés dans le cadre de contrats de prestation de services ». Le même responsable rappelle que l’Algérie a soutenu et continuera de soutenir le droit à l’autodétermination des peuples. La diplomatie algérienne « restera fidèle à ses principes immuables notamment en ce qui concerne le droit imprescriptible des peuples à l’autodétermination tel que consacré par la légalité internationale », a‑t‑il dit.


La détente dans les relations algéro‑marocaines semble avoir fait long feu. Après une accalmie de plusieurs mois, les responsables marocains ont repris leurs attaques contre l'Algérie sur le dossier du Sahara occidental. De leur côté, des responsables algériens, notamment le Premier ministre Ahmed Ouyahia, ne semblent pas encore prêts à faire la paix avec le Maroc. Évoquée comme imminente, la perspective de la réouverture de la frontière terrestre s'éloigne à nouveau.

TSA-Algérie, 17/06/2011

Le Comité de décolonisation de l’ONU s’y met

Posted on Aucun commentaire
Alors que le Maroc s’entête toujours à chercher du crédit à son plan d’autonomie rejeté dans le fond et dans la forme par la communauté internationale, le Comité de l’ONU chargé d’étudier la question relative à l'application de la Déclaration sur l'octroi de l'indépendance aux pays et aux peuples coloniaux n’a hésité à valider le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination. La présence à cette ultime réunion du «Comité des 24» de certains pays amis de la RASD a été décisif. 
 
Dans ses travaux de la première session pour la troisième Décennie internationale de l'élimination du colonialisme (2011-2020), le Comité a constaté, d’abor, que la divergence fondamentale entre le Front Polisario et le Maroc réside dans la question de l'autodétermination, souligne l'ONU. «Le Front Polisario propose la tenue d'un référendum envisageant plusieurs options, y compris l'indépendance, tandis que le Maroc tient à un régime d'autonomie négocié et à un référendum de confirmation à option unique», constate l'ONU. Cependant, les débats étaient plus déterminants. La représentante de Cuba n’est pas allée par quatre chemins en appuyant le droit des Sahraouis à l’autodétermination, en soulignant que le peuple du Sahara occidental lutte, depuis 40 ans, pour son indépendance. Le Comité des 24 «doit jouer un rôle central», a-t-elle soutenu en souhaitant que le peuple sahraoui puisse «décider librement de son avenir». 
 
Le représentant du Front Polisario à l'ONU, Ahmed Boukhari, lui, a estimé que vingt années après la création de la Mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (MINURSO), « le Maroc profite toujours de ses amitiés au sein du Conseil de sécurité pour tenter, depuis 2007, de vendre sa prétendue proposition d'autonomie». Or, a-t-il dit, «cette proposition consiste seulement à demander au peuple sahraoui de renoncer à la possibilité de son indépendance et à accepter de rejoindre la puissance occupante». Dans la foulée, Ahmed Boukhari s'est dit «convaincu que le Comité des 24 reconnaîtrait sans mal qu'une telle proposition nie le principe d'autodétermination formulé dans la résolution 1514 de l'Assemblée générale de l'ONU de 1960». Le responsable sahraoui n’a pas manqué de dénoncer l’entêtement du Maroc qui est d’ailleurs à l’origine directe de l’échec des négociations de Manhasset.

Le septième round de négociations informelles Front Polisario-Maroc, tenue la semaine dernière à Manhasset (New York) sous les auspices de l'envoyé personnel du secrétaire général, n'a d’ailleurs pas abouti «en raison du manque de coopération du Maroc». M. Boukhari a appelé le «Comité des 24» à assumer ses responsabilités vis-à-vis de «la dernière colonie africaine inscrite à son ordre du jour». Il a demandé également au Comité d'envoyer une mission d'enquête au Sahara occidental et de suivre, en outre, très étroitement le processus actuel de négociations. La dernière enquête effectuée par ce comité au Sahara occidental date du début des années 1970 lorsqu'il était sous occupation espagnole. 

Free Gaza : Un député français embarque sur la Flottille de la Liberté

Posted on Aucun commentaire
Le 18 juin sera un grand jour dans le port de Marseille. Le Bateau français pour Gaza préparé par des dizaines d’associations, de syndicats et de partis politiques prendra la mer pour briser le blocus israélien contre Gaza. Jean-Paul Lecoq, député-maire PCF, s’associe à l’initiative humanitaire et non-violente.


Le comité havrais Un Bateau pour Gaza réunit une vingtaine d’organisations. Depuis des mois, les militant-e-s mènent campagne pour soutenir financièrement l’envoi d’un bateau vers Gaza et dénoncer la politique d’apartheid menée par l’Etat israélien. Plus de 4 000 euros ont ainsi rejoints les autres collectes régionales dans la tirelire commune qui culmine à 600 000 euros. Pari gagné. Le Bateau français pour Gaza peut partir.
Trente-cinq personnes prendront place à bord. Parmi elles - avec une cravate rouge sur la photo - Jean-Paul Lecoq, député-maire communiste de Gonfreville l’Orcher (Seine-Maritime). Membre de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale, il s’était rendu à Gaza en février 2009, peu de temps après Plomb durci, la sinistre opération militaire israélienne. « Toute la zone d’activité de Gaza était rasée, broyée. Ce n’était pas que l’effet d’une opération militaire. Derrière les canons, les bulldozers étaient passés. Il y avait vraiment la volonté de terroriser la population palestinienne. Même les bassins de rétention d’eau, qui ne sont pas des terrains militaires, étaient détruits. Le président de l’Assemblée nationale avait promis de reconstruire l’hôpital de Gaza. Nous avions l’intention de revenir un an après pour voir l’avancement des travaux, mais nous n’avons pas eu l'autorisation. Nous y serions pourtant allés dans le cadre d’une délégation officielle… »
A quelques jours du départ de la deuxième Flottille de la Liberté qui comptera une douzaine de bateaux venus d’Europe et du continent américain, Israël hausse le ton et fait jouer ses réseaux. Ban Ki-moon, le secrétaire général de l’ONU apporte aussi sa voix au mauvais concert en invitant les Etats à tout faire pour empêcher le départ des bateaux pour Gaza. « Il discrédite l’ONU », assure Jean-Paul Lecoq. Le 14 juin, Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères, s’est aussi exprimé au Parlement sur le sujet. « S’agissant du projet de flottille, notre position est très claire et je l’ai rappelé aux autorités israéliennes comme aux autorités palestiniennes que j’ai rencontrées il y a maintenant dix jours. Nous pensons que cette initiative est regrettable et qu’elle ne peut qu’envenimer la situation. Nous avons demandé à tous ceux qui, en France, s’apprêtaient à y participer d’y renoncer. »

« Cela dit, nous n’avons pas les moyens juridiques d’empêcher des bateaux de prendre la haute mer et de se diriger vers la côte israélienne ou vers Gaza », reconnaissait aussitôt Alain Juppé. Cette remarque tombe à pic pour répondre à celles et à ceux qui diabolisent la flottille pacifiste en la déclarant illégale, pirate ou même terroriste ! Curieuse manière d’analyser la situation. « C’est la politique israélienne qui ne respecte pas le droit international. C’est la politique israélienne qui est terroriste », assure Jean-Paul Lecoq.
Les menaces israéliennes n'entament pas la détermination des militant-e-s venu-e-s de tous les horizons de gauche ou d'extrême gauche et au-delà. Etienne Pinte, député UMP, ne rate en effet jamais l'occasion de dire ce qu'il pense de la politique israélienne aux côtés du collectif Un Bateau français pour Gaza. « J'ai prévenu Alain Juppé que je serai sur le bateau, précise Jean-Paul Lecoq. La France se doit d'assurer la protection d'un navire français qui a en plus de nombreux Français à bord. » Message reçu ? Jean-Paul Lecoq n'est pas un inconnu au Parlement. En novembre 2010, il avait été expulsé du Maroc parce qu'il voulait se rendre au Sahara Occidental où une révolte sahraouie avait été violemment réprimée par les forces d'occupation marocaines. Sahara Occidental, Palestine. Même violence coloniale, même mépris des lois internationales.
En mai 2010, une première flottille non-violente, pacifiste et humanitaire avait était violemment attaquée par la marine israélienne dans les eaux internationales. Bilan : vingt-huit passagers blessés et neuf morts. « Des meurtres » pour Jean-Paul Lecoq qui sera le 18 juin à Marseille où une série de rendez-vous politiques et festifs accompagneront le départ du bateau français. Le député-maire ne montera à bord qu’à Athènes, le 25 juin, pour la dernière partie de la traversée vers Gaza. Dans sa poche, il aura une lettre de Serge Grossvak, militant antisioniste de l’Union juive des Français pour la Paix, qui dit : « Amis palestiniens, je fais le rêve du jour où nous célébrerons ensemble tout à la fois les états israéliens et palestiniens. Je fais le rêve du jour où nous commémorerons tout à la fois les souffrances juives et palestiniennes. Ensemble, nous serons humains parmi les humains. »
La page Facebook du Bateau français pour Gaza.
Le site Internet du Bateau français pour Gaza.
La lettre de Serge Grossvak adressée aux Palestiens.
Alqods-palestine, 16/06/2011

Etrange agression ou tentative d’assassinat d’un cadre supérieur du journal Al Massae ?

Posted on Aucun commentaire
Casablanca.- Abdellah El Hattach, le conseiller du président du conseiller d’administration du groupe Massae Media, qui édite le quotidien Al Massae, a été victime hier, vers 22h40, d’une violente agression qui aurait pu mal finir.
Trois hommes, à l’allure sportive et à visage découvert, l’ont attendu devant le 219 du boulevard d’Anfa à Casablanca, avant de se ruer vers lui et quand il est sorti de l’immeuble où il rendait visite à une collègue.
Les trois assaillants, qui l’ont attendu, selon un témoin, de 19h00 jusqu’à 22h40, étaient armés de battes de beisbol.
Frappé violemment à la tête et aux membres supérieurs, durant plusieurs minutes, El Hattach a perdu connaissance et est tombé par terre. Après le départ de ses agresseurs, qui ont quitté tranquillement les lieux sans se soucier des témoins, il a pu contacter des amis et des collègues qui ont rapidement accouru.
Transporté à la clinique Al Andalous, les médecins ont diagnostiqué un traumatisme crânien et la fracture des deux bras avec lesquels il s’est servi pour se défendre. Selon une source médicale, l’agression aurait pu être fatale à El Hattach, la victime souffrant de problèmes cardiaques. Hier, une grosse tâche de sang était toujours visible sur les lieux de l’agression.
Selon toute probabilité, l’agression n’aurait rien à voir avec un crime de droit commun, puisque ce cadre supérieur du quotidien Al Massae n’a pas été cambriolé. On ne lui a rien pris, ni ses deux portables neufs ni son portefeuille.
« Les coups portés étaient vraiment terribles. Ce types sont venus pour le tuer, pas pour lui faire peur« , insiste Mustapha El Fanne, un journaliste d’Al Massae qui a été le premier arrivé sur les lieux.
Deux témoins oculaires, dont l’un, le gardien de voitures qui avait repéré les agresseurs dès 19h00, ont indiqué à un reporter de Demain qu’ils ont bien dévisagé les agresseurs d’Abdellah El Hattach. Et selon une source policière, les témoignages oculaires des deux témoins ainsi que les cheveux arrachés à l’un des agresseurs, que la police scientifique a récupérés, sont autant d’éléments qui promettent « une résolution rapide du crime ».
Il n’empêche, ce n’est pas la première fois qu’un journaliste ou une personnalité du monde de la culture sont agressés en pleine rue sans qu’il y ait « résolution rapide du crime ».
Le directeur d’Al Massae, Rachid Niny, ainsi qu’un ex-journaliste de ce quotidien, Abdelilah Sakhir, et l’ex-rescapé de Tazmamart, Mohamed Marzouki (celui-là à Bruxelles) ont été violemment agressés par des inconnus parlant marocain sans qu’on connaisse aujourd’hui les noms de leurs agresseurs ou de leurs commanditaires.
De même, l’humoriste marocain Ahmed Snoussi, « Bziz » se plaint depuis plusieurs mois de menaces de mort sans que le parquet, si prompt à diligenter des enquêtes contre des journalistes et des dissidents,  ne daigne bouger le petit doigt.
Hier, certains journalistes présents à la clinique A Andalouss étaient formels : l’agression d’El Hattach est un message qu’on envoie à ceux qui seraient tentés d’évoquer des sujets sensibles en ces temps incertains.
Abdellatif Gueznaya
Demain Online, 16/06/2011
Don't Miss