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Les protestations au Maroc arrivent aux ouïes de Mohamed VI (journal espagnol)

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Rabat (Maroc) 23 mai 2011 (SPS).- Sous le titre de "Les protestations au Maroc arrivent aux ouïes de Mohamed VI", le journal espagnol El Pais rapporte que des dizaines de jeunes qui ont attendu le souverain marocain devant la porte d'une mosquée ont crié "Le peuple veut du travail."

"Mohamed VI, le monarque alaouite, a entendu hier, directement, pour la première fois les revendications qui, depuis fin février, les jeunes brandissent dans les rues du Maroc. Des dizaines, peut-être des centaines de diplômés chômeurs ont protesté devant le souverain en rendant ses service de sécurité très énervés, ce qui les a forcés à modifier le protocole et à interrompre la diffusion de l’évènement à la télévision ", ajoute le journal.

Selon La Provincia "la police marocaine a pourchassé, dimanche, pendant des heures, des centaines d’activistes démocrates dans les rues de la capitale pour empêcher toute manifestation en faveur de réformes dans le pays."

"La police anti-émeute, armée de matraques, a chargé contre des groupes de militants qui ont tenté de se rassembler, quelques-uns ont été blessés et d’autres conduits dans des camions de la police", ajoute-t-il.

Le journal canarien signale que «comme beaucoup d'autres pays du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, le Maroc a été secoué par un nouveau mouvement de protestation pour la démocratie, composée essentiellement de jeunes de tout le spectre politique, inspirés par les soulèvements populaires en Tunisie et en Egypte. "

MAROC-RÉVOLUTION: Le mythe légendaire du roi sacré serait tombé par les révolutionnaires.

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La réaction très musclée qu’ont opposée, dimanche, les forces de sécurité du makhzen aux milliers de jeunes manifestants à Rabat, Casablanca, Tanger (nord), et Agadir (sud), témoigne de la grosse panique qui s’est emparée du royaume. Et pour cause, le Mouvement du 20 février a appelé pour la 4e fois à des manifestations pacifiques dans plusieurs villes du Maroc, pour réclamer des réformes politiques, notamment une limitation des pouvoirs du roi Mohammed VI. Une revendication assimilée à un crime de lèse-majesté au Maroc en ce sens que les jeunes facebookistes sortis dans la rue ont touché là où il ne fallait pas.
Et le makhzen ne s’est pas fait prier pour abattre sa main lourde contre ces jeunes intrépides qui ont osé désacraliser la personne du roi. Selon les comptes rendus des agences de presse et les journaux marocains, plusieurs blessés, plus au moins graves, ont été enregistrés dimanche dans ce corps à corps entre manifestants et policiers de sa majesté. A Tanger, où l’on déplore une dizaine de blessés graves parmi les jeunes du Mouvement, des affrontements «violents» se sont prolongés «tard dans la nuit», soulignent les mêmes sources. Preuve de cette répression féroce, ces vidéos terrifiantes postées sur Youtube, où l’on peut visualiser ces images horribles de têtes ensanglantées, de bras bandés, mais aussi des policiers fulminant de rage qui matraquent sans pitié des jeunes manifestants. Pour les observateurs marocains, ces scènes contrastent terriblement avec cette image très sympathique que les officiels et les médias occidentaux relayent : celle d’un royaume «moderniste et démocratique». Or, la réalité est largement moins glorieuse pour un roi riche et mondain, loin de son royaume de laissés-pour-compte. Et ces jeunes Marocains refusent désormais de pleurer sur leur sort.
La main lourde du Makhzen
Dans les forums des discussions sur le Net, les langues se délient et la dénonciation fuse de tous ceux qui refusent la fatalité de vivre sous la botte du roi et son écrasant makhzen. «Le makhzen a complètement vidé ses casernes aujourd’hui (dimanche) pour réprimer les manifs qui apparemment dérangent le despote et sa clique qui s’amusent follement avec leur festival makhazine (lire maouazine) !» fulmine un internaute. Un autre croit déceler les prémices d’une révolution façon égyptienne ou tunisienne. «Fini la retenue, maintenant les manifestants scandent clairement la chute du régime en pleine capitale du royaume enchanté de Sa Majesté chérifienne… Ce qui nous rappelle étrangement l’évolution des revendications des manifestants tunisiens et égyptiens !» Un autre animateur du forum du journal demainonline.com, de notre confrère Ali Lemrabet, ose cette conclusion : «Quelque chose d’étrange me dit qu’on se dirige droit au scénario à l’égyptienne.» C’est dire qu’au royaume de Mohammed VI, le palais a du mal à étouffer ces nombreuses voix qui réclament une autre voie pour leur Maroc que celle imposée par la peur et la matraque.
Le mythe du roi sacré est tombé
Suprême preuve de la révolution citoyenne en marche, cette interpellation symbolique du roi, vendredi dernier, par un groupe de diplômés chômeurs à la mosquée Sunna de Casablanca. A la sortie du souverain de la mosquée où il venait d’accomplir sa prière hebdomadaire, ces jeunes chômeurs se sont approchés de lui et ont lancé : «Pour tous les commentateurs marocains, ces jeunes ont osé franchir la ligne rouge.» «C’est une inhabituelle violation du protocole, dans un pays où le portrait du roi orne les murs des échoppes et des grandes places et où Mohammed VI est décrit comme le descendant du prophète Mahomet»
«Au lieu de crier ‘’Aâcha al malik’’ («Vive le roi»), ces insolents lui ont jeté à la figure, on veut du travail», souligne de son côté le journal demainonline.com. Ce petit geste de jeunes chômeurs prend la mesure d’une petite révolution, tant le titre de «Commandeur des croyants» sert de carapace à la personne du roi faisant de lui un personnage «sacré». Et ces jeunes insolents ont peut-être brisé un tabou et fait tomber un mythe légendaire en ce vendredi tout aussi sacré. Mais en réalité, ils n’ont fait que transmettre directement au monarque les clameurs de la rue qui, depuis le 20 février dernier, réclament inlassablement une monarchie constitutionnelle. S’il est vrai que la personne du roi n’est pas forcément contestée au Maroc, son régime et sa façon de gouverner deviennent de plus en plus contestables.
Par Guylain Gustave Moke
Analyste Politique/Journaliste/Ecrivain
Wordpress Editor
Guylainmoke's blog, 24/05/2011

Maroc : L’occasion pour l’UE de soutenir les réformes démocratiques

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Par Nika Prislan

Le Maroc, comme tous les pays d'Afrique du Nord, a également été atteint par le «printemps arabe» ces derniers mois. Cependant, la manière dont ce printemps est arrivé au Maroc a été différente de celle de la Tunisie et de l'Egypte, et par conséquent, son développement a été différent de celui de ses voisins. Pour cette raison, le printemps marocain donne à l'UE l’occasion d'être un partenaire clé pour promouvoir une véritable démocratisation du pays.

En fait, le Maroc pourrait être le pays du «printemps arabe» où l'UE pourrait le mieux agir. «Une opportunité pour les réformes: comment l'UE peut soutenir une évolution démocratique au Maroc" est la dernière publication écrite par Susi Dennison, du ECFR, Nicu Popesu et José Ignacio Torreblanca, qui parle des mesures que l'UE pourrait prendre pour s'assurer que le pays le plus proche de l'UE en Afrique du Nord réussisse à devenir une démocratie forte et stable pour ses citoyens.
La grande différence entre le Maroc et ses voisins, c'est que les manifestants ne veulent renverser la monarchie, le mouvement du 20 Février veut une réforme démocratique que le règne du roi », mais ne gouvernent pas.

La grande différence entre le Maroc et ses voisins, c'est que les manifestants ne veulent pas renverser la monarchie, le mouvement du 20 Février veut une réforme démocratique où le roi règne mais ne gouverne pas», Ainsi, le Maroc n'est pas un Etat en transition post-révolutionnaire, mais une monarchie autoritaire avec un potentiel pour une évolution vers une démocratie constitutionnelle. Cepepndant, si cette transition ne s’achève pas d’une manière satisfaisante, il y a un grand potentiel de troubles et d’instabilité. La situation intérieure au Maroc est plus radicale que la situation interne en Algérie, en Tunisie et en Egypte. Le PIB par habitant est la moitié de celui de la Tunisie, il occupe le post 96 (sur 120) dans l'indice de pauvreté humaine du PNUD et le taux d'analphabétisme est plus élevé qu’au Soudan ou au Rwanda. Cependant, bien que ces données semblent très graves, l'UE a une grande possibilité d'influencer la situation politique interne au Maroc, en grande partie parce que ce pays occupe une position privilégiée dans la politique européenne de voisinage, très appréciée au Maroc (rappelons que le Maroc a également demandé l’adhésion à l'UE en 1987).

A cause de cela, la Policy Brief examine comment l'UE devrait agir dans ses relations avec le Maroc pour s'assurer que ce voisin européen devienne un exemple des valeurs européennes de la politique étrangère de l'UE. Premièrement, les auteurs recommandent que l'UE fasse pression pour des réformes démocratiques à travers l’Association pour la Prospérité et la Démocratie Partagée, en particulier jusqu'au mois de Juin, date prévue pour que la commission constitutionnelle marocaine présente son rapport. Deuxièmement, le Policy Brief recommande que les États membres de l’UE devraient établir des liens avec les jeunes manifestants à travers les représentants de l'UE au Maroc ou en créant un programme d'échange pour les étudiants marocains. Et troisièmement, les auteurs recommandent que l'UE devrait donner au Maroc des «Préférences Asymétriques de Commerce» puisque l'Accord de libre-échange entre l'UE et le Maroc n’arrive pas à tous les produits que le Maroc exporte vers l'UE.

Pour permettre à l'UE de soutenir le Maroc, l’Espagne ou la France doivent soutenir activement cette politique. L'Espagne, étant le pays le plus proche du Maroc, a toujours eu une relation étroite avec ce pays, principalement parce que le Maroc a contribué à freiner l'immigration clandestine vers l'Espagne et a contribué à la lutte contre le terrorisme djihadiste. L’Espagne, ainsi que la France, ont soutenu sans réserve le Maroc au sein de l'UE, qui qui a permis à ce pays de faire peu ou pas de progrès en ce qui concerne le conflit au Sahara occidental ou les demandes de démocratisation. Il est donc important que l'Union européenne, qui pourrait avoir une influence positive, agisse de façon cohérente et contribue à promouvoir les réformes recommandées qui auraient un coût relativement faible pour l'UE avec des avantages nettement positifs pour les deux parties. Face aux critiques reçus sur sa gestion des révolutions arabes, le Maroc pourrait être le pays où l'UE et sa politique de voisinage soit louée pour ses réussites, et non pas pour ses faiblesses.

Documents d'intérêt: Torreblanca, José Ignacio, Printemps marocain, El Pais, 8 avril 2011 

Source : Conseil Européen pour les Relations Extérieurs, 23/05/2011

La défaite du PSOE aux élections, une mauvaise augure pour le Maroc ( journal marocain)

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Rabat (Maroc), 23 mai 2011 (SPS).- Le Parti Populaire espagnol se prépare à prendre d’assaut le pouvoir lors des élections générales de 2012 suite a son écrasante victoire aux élections municipales et régionales organisées dimanche en Espagne, a indiqué le site marocain « Demain Online ».

« Contrairement au PSOE, qui a tenté de consolider contre vents et marées les relations avec les autorités marocaines, au point de fermer les yeux sur tout ce qui porte atteinte aux droits de l’homme au Maroc, le PP maintient une position de fermeté envers le régime marocain », souligne le journal en ligne d’Ali Lmrabet.

Il ajoute que « certains amis de l’ancien premier ministre José Maria Aznar, que le roi Mohamed VI avait traité de « franquiste » dans une interview au quotidien El Pais, chercheront sûrement à en découdre avec Rabat sur des sujets précis comme les exportations agricoles marocaines (surtout la tomate) vers l’Union européenne, ainsi que sur Sebta et Melilla ».

Concernant le conflit du Sahara Occidental, « le Maroc officiel ne devrait pas bénéficier de la compréhension et de la mansuétude du gouvernement espagnol, comme c’est le cas actuellement. On devrait passer d’une position moyennement pro-marocaine à une position de neutralité passive de la part du gouvernement espagnol », affirme-t-il.

« Le régime de Mohamed VI a donc moins d’un an pour trouver une stratégie de conciliation ou de confrontation avec le parti de Rajoy », conclue-t-il.

Maroc: violences policières et du Makhzen lors de manifestations pacifistes à Rabat le 22 mai 2011

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Le Maroc vit actuellement un peu partout sur son territoire, un climat d'émeutes et de violences policières contre des manifestants pacifistes, comme le montre cette vidéo. Ci-joint, une vidéo montre les violences que commet les force de l'ordre, ce 22 mai 2011 dans la capitale. De nombreuses personnes ont été matraquées par la junte de la force bleue du régime politique.
Les policiers marocains ont passé des heures dimanche à pourchasser des centaines de contestataires dans les rues de Rabat, la capitale du Maroc, afin de les empêcher de manifester en faveur de la démocratie.http://www.france24.com/fr/

 

Amnesty International : Les autorités marocaines critiquées pour leur répression des manifestations

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Amnesty International, 17 mai 2011

Les autorités marocaines critiquées pour leur répression des manifestations à Témara

Amnesty International s’est inquiétée mardi 17 mai des informations qui lui sont parvenues selon lesquelles les forces de sécurité marocaines auraient fait un usage excessif de la force contre des manifestants pacifiques le 15 mai 2011. Les manifestants avaient appelé à un pique-nique de protestation pour exiger la fermeture d’un centre de détention secret à Témara, au sud de la capitale Rabat. Cette manifestation s’inscrivait dans le cadre d’une campagne de dénonciation de la torture et des mauvais traitements à Témara, lancée en avril et début mai par d’anciens détenus, des prisonniers condamnés pour des infractions liées au terrorisme, des journalistes, des militants des droits humains et des organisations de défense des droits humains.

Selon des témoins oculaires avec lesquels Amnesty International s’est entretenue, les manifestations et rassemblements organisés à Rabat, Fès, Tanger et Témara ont été dispersés à coups de matraque par les forces de sécurité marocaines, qui ont également frappé les manifestants à coups de pied et de poing. Des manifestants qui tentaient de se rassembler à Témara en ont également été empêchés par les forces de sécurité. De très nombreuses personnes ont été blessées, notamment à la tête. Des dizaines de manifestants ont été interpellés par les forces de sécurité et ont passé plusieurs heures en détention avant d’être remis en liberté.

Les manifestations avaient été organisées par le Mouvement du 20 février, qui appelle à des réformes au Maroc et s’inspire de mouvements similaires en faveur du changement ailleurs au Moyen Orient et en Afrique du Nord.

La répression brutale des manifestations par les forces de sécurité marocaines a été menée par des soldats, des membres de la police anti-émeute et les Forces Auxiliaires Marocaines (FAM). Des victimes et des témoins oculaires ont expliqué à Amnesty International que les forces de sécurité s’étaient mises à la recherche de nombreuses personnes avant le début des rassemblements et que celles- ci n’avaient pu arriver à Témara où les manifestations devaient avoir lieu.

À Témara, les forces de sécurité en très grand nombre auraient encerclé les manifestants et les auraient frappés avec des bâtons. Oussama el Khelifi, coordinateur du Mouvement du 20 février, a déclaré à Amnesty International qu’il avait perdu connaissance après avoir été frappé par derrière à coups de bâton sur la tête et les épaules par des membres des forces de sécurité à Témara, à environ 1 kilomètre du centre de détention de Témara. Souffrant de blessures à la tête et au nez, il avait été transporté dans un hôpital de Témara qu’il a quitté le 16 mai 2011.

À Tanger, des familles de prisonniers condamnés pour des infractions liées au terrorisme, d’anciens prisonniers et des militants des droits humains qui tentaient d’organiser un rassemblement à Témara, ont été stoppés par les forces de sécurité près de Bir Ashifa et leurs permis de conduire ont été confisqués.

Selon les informations rassemblées par Amnesty International, plusieurs manifestants ont été physiquement agressés par des membres des forces de sécurité à Tanger dans des circonstances qui restent à éclaircir, peut-être après une altercation entre forces de sécurité et manifestants. Au moins deux manifestants, deux frères, Ahmed et al Mofadhal Shahboun, ont été arrêtés par les forces de sécurité et emmenés vers une destination inconnue. Leur famille a passé des heures à essayer de contacter différents postes de police ; les deux hommes ont finalement comparu le 16 mai 2011 devant le tribunal de première instance de Tanger. Les faits dont ils sont accusés restent incertains. À Fès, une tentative de rassemblement pour rejoindre la manifestation de Témara a été stoppée par les forces de sécurité. Plus tard le même jour, au moins deux manifestations ont été organisées par le Mouvement du 20 février, pour protester contre la répression exercée à l’encontre des manifestants mais aussi pour réclamer plus de libertés. Plusieurs personnes auraient été conduites dans des véhicules de la police et molestées avant d’être relâchées. Plusieurs ont été gravement blessées.

Khadija Hemimis, une femme de 55 ans, a dû être hospitalisée pour deux points de suture à l’oreille. Ses deux filles ont été frappées par les forces de sécurité à coups de pied et avec des bâtons.

Le Syndicat national de la presse marocaine a critiqué les autorités marocaines qui s’en sont pris physiquement à des journalistes lors de la manifestation de Témara à Rabat. Les forces de sécurité auraient frappé au moins cinq journalistes au cours des manifestations. Dans une déclaration officielle à l’agence Maghreb Arabe Presse (MAP), Khaled Naciri, ministre de la communication, a affirmé queles manifestations n’avaient pas été autorisées et que leur dispersion était donc légitime. Le ministre a nié que le gouvernement gère des centres de détention secrets, déclarant que le centre de Témara était un site administratif de la Direction de la surveillance du territoire (DST). Il a ajouté que le ministre de la justice avait donné ordre au procureur général et au Conseil national des droits de l’homme (CNDH) de procéder à une inspection de ce centre. Il n’a toutefois pas donné de date pour cette inspection.

Amnesty International demande instamment aux autorités marocaines de respecter le droit de réunion pacifique, garanti par l’article 21 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques auquel le Maroc est État partie. L’organisation condamne tout recours excessif à la force pour disperser des manifestations pacifiques et appelle les autorités marocaines à mener des enquêtes approfondies, impartiales et indépendantes sur les allégations de recours excessif à la force par les forces de sécurité et à veiller à ce que les responsables soient soumis à l’obligation de répondre de leurs actes. Amnesty International appelle également les autorités à révéler la vérité sur le centre de détention de Témara et à le fermer. Les détenus doivent être placés uniquement dans des lieux de détention reconnus – garantie principale contre la torture et les atteintes aux droits humains.

Complément d’information

Les manifestations et rassemblements du 15 mai 2011 étaient organisés par des groupes réclamant une réforme politique et le respect des droits humains au Maroc. Ils faisaient suite aux manifestations en faveur de réformes qui ont eu lieu dans tout le pays le 20 février 2011, auxquelles des milliers de personnes ont participé et qui se sont déroulées en grande partie sans que les forces de sécurité n’interviennent. Ces manifestations se sont poursuivies en mars, avril et mai.

Début mai 2011, le Mouvement du 20 février a appelé à une manifestation pour condamner la pratique de la torture et les mauvais traitements au centre de détention de Témara et réclamer sa fermeture. Le centre de détention de Témara, tenu par la DST, serait l’un des principaux lieux de torture au Maroc.

Amnesty International a recueilli les témoignages de dizaines de personnes arrêtées en application des mesures « anti-terrorisme » qui auraient été victimes d’actes de torture et autres mauvais traitements dans ce centre. Leur détention dans ce lieu est restée à la fois secrète et non reconnue, en violation de la loi marocaine et des engagements internationaux en matière de droits humains.
SaharaDoc, 23/05/2011

Le Maghreb des chanteurs en danger

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Le magazine électronique Elaph, fondé par le journaliste saoudien Othmane Al-A'mir, fête ses dix ans ces jours-ci, et il nous le fait savoir. Dossiers, témoignages, interviews et un concert de louanges des plumes les plus connues saluent l'évènement. Dans le volumineux dossier consacré aux médias électroniques, des spécialistes se relaient pour nous convaincre de la victoire écrasante de ces médias sur la presse imprimée. 

Dans une interview, le patron lui-même nous apprend comment le journal a précédé les révolutions arabes en faisant émerger une génération d'«Elaphiens», à l'instar de celle de Facebook. Bref, c'est un exercice d'autoglorification quelque peu surfait, mais il est dans l'air du temps, et du temps arabe plus particulièrement. Fi de la modestie et de l'humilité quand on a le vent en poupe et plusieurs longueurs d'avance sur les autres ! Il faut cependant reconnaître que l'entreprise de l'ancien journaliste du quotidien londonien Al Chark Al Awsat est un pari réussi. 

Le premier indice du succès indéniable du magazine Elaph, c'est son ouverture sur les courants politiques étouffés par ailleurs dans le monde arabe, comme le courant libéral et laïque. L'un des représentants les plus connus de ce courant, le penseur jordanien Chaker Naboulci, rapporte sans emphase ce qu'il doit au magazine : «Bien que j'aie publié de nombreux livres, dont un ouvrage de critique littéraire sur le poète Nizar Kabbani, j'ai été confiné dans l'anonymat, écrit-il notamment. C'est ainsi que grâce à Elaph, je suis passé de la position d'auteur universitaire spécialisé dans la littérature à celle de critique politique. Pour la première fois, des lecteurs ont découvert un Chaker Naboulci, auteur politique, et ils seraient plus d'un million, chaque jour, selon un site internet spécialisé. 

De la même manière, Elaph a fait de ses écrivains et chroniqueurs des stars dans l'univers de la politique et des idées. Ils se devaient donc d'être fidèles à cette image et de ne pas se complaire dans une gloire éphémère et fragile. Aujourd'hui, le dixième anniversaire d' Elaph, est aussi l'anniversaire de ceux qui y écrivent, et qui sont nés, pour la première fois, sur les pages de ce journal. Ils ont grandi de façon fulgurante et ont connu une célébrité qu'ils auraient mis des années à conquérir sur d'autres journaux imprimés. De nombreux écrivains du site étaient pour moi de parfaits inconnus avant qu'ils ne soient publiés sur Elaph. Aujourd'hui, ils trônent à la première rangée du "parlement élaphien ".» On sent, toutefois, chez Chaker Naboulci une prudente réserve en ce qui concerne l'étendue des espaces de liberté octroyés par Elaph à ses journalistes et écrivains. Il observe que le magazine a une ligne rouge, ou plutôt des lignes rouges, comme tous les autres journaux, mais sans précision de lieu ou de sujet. 

Le journal qui s'avance presque à dire qu'il est l'un des précurseurs des révolutions arabes, est très prudent s'agissant des émeutes à Bahreïn, étouffées précisément par l'Arabie saoudite. On peut comprendre que notre confrère saoudien se préoccupe de ne pas se brouiller avec l'État dont il est ressortissant, même si nous, Algériens, poussons la phobie du pouvoir jusqu'à l'excès. Mais nous avons des excuses : là-bas, ils ont un gouvernement conséquent, wahhabite de Constitution, et monarchique de nature. Ici, nous avons un wahhabisme balbutiant, qui a déjà ses dents de lait gorgées de sang, et qui prépare le déluge pour succéder à la monarchie. Autrement dit, Elaph a des raisons objectives de ménager le gouvernement saoudien, alors que je n'en vois apparaître aucune sur les hauteurs d'Alger. Autre élément qui plaide contre Elaph, l'affaire du Sahara occidental : dès qu'il a pris son envol, Othmane Al-A'mir s'est nettement engagé, en rachetant notamment le fameux Matin du Sahara, et deux titres marocains chancelants. 

Pour quoi avoir choisi le Maroc et pas l'Algérie ? Tout simplement à cause de la réglementation locale, parce qu'il n'y avait plus de journaux à acheter, et certains ayant déjà été vendus, pourrait répondre le fondateur d' Elaph. Encore une fois, la fibre patriotique, beaucoup plus que le climat des affaires, a joué en faveur du voisin de l'Ouest qui jouit déjà d'un préjugé très favorable en Arabie saoudite. Avec la prochaine adhésion de Rabat au Conseil de coopération du Golfe (1), Elaphva avoir de plus en plus de difficultés à observer une certaine objectivité. D'autant plus que les Marocains, eux-mêmes, perdent toute lucidité lorsqu'il s'agit des relations de mauvais voisinage que nous entretenons depuis 1962. Il paraît qu'ils nous ont offert notre premier président de la République, en plus de quelques postulants et cooptés, mais les appréciations sont divergentes sur la portée de ces «bienfaits» (2). 

Là où ils exagèrent vraiment nos cousins marocains, c'est lorsqu'ils réclament l'ouverture des frontières terrestres, assorties de conditions, voire de listes d'indésirables. Ainsi, depuis plusieurs semaines, le mouvement du «20 février», un ensemble de réseaux sociaux actifs sur internet, réclame l'annulation du festival de la chanson de Rabat, Mawazine. De nombreux chanteurs internationaux et arabes, notamment Kadhem Essaher, devaient participer à ce festival, prévu pour jeudi prochain dans la capitale marocaine. L'argument principal des anti-Mawazine est d'ordre social et moral : les artistes sont trop bien payés, et le montant élevé de leurs cachets est une insulte à la misère du peuple marocain. Les militants du «20 février», aux contours politiques indéfinissables, montrent cependant le bout de l'oreille en ciblant notamment la chanteuse Chakira, dont les déhanchements sèment le trouble chez les bons croyants. Nullement déstabilisé, mais charmé par la lascive Chakira, je me serais rangé du côté de ceux qui pensent qu'elle est trop chère à voir et à entendre. Pour le reste, c'est une question à poser à D.S.K, l'infortuné DG du FMI, victime d'un dysfonctionnement de son CGDP (3). Toutefois, il est navrant de voir les moralisateurs du «20 février» s'attaquer particulièrement à quatre artistes algériens, Idir, Souad Massy, Safy Boutella et Sammy Raï. Là aussi, ils invoquent le cachet trop élevé qui sera perçu par Idir, menacé ainsi que ses collègues de jets d'œufs et de tomates pourries, lors du festival. On peut se demander si les attaques contre Idir ne sont pas le prolongement de celles menées contre lui par une certaine presse nationale, parce qu'il avait chanté avec Enrico Macias. Nous avons déjà enterré le Maghreb des peuples, puis le Maghreb des États. Nous préparet-on les funérailles du Maghreb des chanteurs, encore accessible par avion. Le seul Maghreb qui ne soit pas exclusivement arabe, et qui ait résisté aux opérations de haine, de part et d'autre de la frontière ?
A. H.
(1) Au fait, qui pourrait empêcher l'armée saoudienne de venir guerroyer à nos frontières, en vertu de la clause de coopération militaire qui lie les pays membres du CCG ? On y a sans doute réfléchi au sommet, mais comme l'allégeance religieuse est plus forte que la fibre nationaliste…
(2) En total désaccord avec M. Ben Bella sur tout le reste, je suis d'autant plus à l'aise pour dire qu'il a le droit d'être président, tout comme un Algérien a le droit d'être roi au Maroc. L'essentiel est de choisir les meilleurs, mais nous en sommes encore loin, et ce n'est pas la faute des deux pays si la perméabilité des frontières est ainsi faite.
(3) CGDP (Compteur Geiger détecteur de proies).
Par Ahmed Halli
halliahmed@hotmail.com
Le Soir d'Algérie, 23/05/2011 

Rabat : la police bloque des manifestants au siège de l’UMT

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Rabat.- Le journaliste marocain Omar Radi vient d’envoyer un SOS depuis le siège de l’UMT de Rabat. « Urgent : là police nous jette des pierres depuis là rue. De grosses pierres. Là situation est tendue à l’intérieur de l’UMT« , écrit-il sur son mur Facebook.
Selon son message, la police aurait encerclé le siège de cette centrale syndicale dans la capitale du royaume et dans lequel se sont réfugiés des dizaines de jeunes militants du mouvement du 20 février. (Voir photo).
Depuis l’ouverture du festival Mawazine de Rabat, la créature de Mohamed Mounir Majidi, le secrétaire particulier du roi, il y a une certaine nervosité sécuritaire. La militante féministe et fondateur du mouvement MALI, Ibtissame Betty Lachgar, a affirmé aujourd’hui qu’elle n’a pas pu manifester à Rabat. »Journée indescriptible ! De la pure science fiction à Rabat ! Impossible de manifester, les autorités dans tous les coins et recoins à intimider et violenter », écrit-elle sur son mur Facebook. Lachgar se trouve également bloquée au siège de l’UMT.
Le même scénario s’est reproduit dans plusieurs villes du Maroc, selon des témoignages recueillis par Demain. La police aurait eu des instructions précises pour empêcher les manifestants de s’organiser.
Ce qui se passe aujourd’hui à Rabat et le reste du Maroc est la réponse du berger marocain à la bergère américaine après le discours du président américain Barack Obama soutenant les manifestants arabes. Touche pas mon autocratie ! semblent dirent les autorités marocaines à leur « allié » américain.
Demain Online, 22/05/2011

Le Makhzen aurait décidé de « durcir » la répression

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Rabat.- Des policiers pourchassent des manifestants à Rabat, au Maroc. La police antiémeutes s’est déployée dans la capitale et Casablanca pour disperser des centaines de contestataires qui avaient enfreint une interdiction de manifester.

La police antiémeutes marocaine a pourchassé dimanche à Rabat et Casablanca des centaines de contestataires qui avaient enfreint une interdiction de manifester.

Cette réaction policière pourrait signaler un durcissement de la position du gouvernement contre un mouvement populaire qui se fait contestataire après avoir été festif en février.

« Manifester est un droit, de quoi le Makhzen (terme désignant l’appareil d’Etat) a-t-il peur ? », criait la foule à Casablanca. « Dehors le Makhzen. Non au despotisme. »

Les langues se délient pour critiquer le roi Mohammed VI mais les manifestations n’ont pas l’ampleur de celles des rues de Tunis ou du Caire.

À Rabat, les manifestants avaient l’intention de camper devant le parlement mais les autorités sont soucieuses d’éviter la création d’une nouvelle place Tahrir, la place centrale du Caire où les opposants ont campé jusqu’au renversement du président égyptien Hosni Moubarak.

Les policiers, armés de matraques et de boucliers, ont dispersé la manifestation avant même qu’elle ne commence, les contestataires se divisant en petits groupes pourchassés dans les rues de Rabat, comme à Casablanca.

L’un des meneurs, déjà battu par la police la semaine dernière, souffre d’une commotion cérébrale, a dit Jalal Makhfi, l’un des manifestants. Six personnes ont selon lui été blessées mais d’autres témoins avancent des chiffres bien plus élevés.

Des dizaines de personnes ont été frappées à Casablanca.
Demain Online, 22/05/2011

Khatri Addouh : "Le retour à la lutte armée n’est pas exclu"

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Lors d'une conférence tenue dans les camps de réfugiés sahraouis, à l'occasion du 38e anniversaire du déclenchement de la lutte armée et du sixième anniversaire de l'insurrection de l'indépendance dans les territoires occupés du Sahara occidental, ce responsable a évoqué la détermination du peuple sahraoui à imposer son droit à l'autodétermination. «Ni les méthodes répressives, ni les atermoiements du Maroc, ni encore les configurations régionales et internationales ne feront renoncer le peuple sahraoui à ses droits légitimes à l'indépendance nationale et à l'édification d'un Etat où tous les Sahraouis jouiraient de leurs droits politiques, sociaux, économiques et humains, à l'instar des autres peuples du monde», a insisté le président du conseil national. 
 
«La lutte du peuple sahraoui et son unité nationale ont imposé à l'occupant marocain et à la communauté internationale de reconnaître le Front Polisario, en tant que seul représentant légitime des Sahraouis», a-t-il affirmé. Pour M. Khatri, les négociations directes qui regroupent le Front Polisario et le Maroc, sous les auspices de l'ONU, «est une reconnaissance explicite du Front Polisario pour représenter le peuple sahraoui». Le président du Parlement a également appelé à la libération immédiate et inconditionnelle de tous les prisonniers politiques dont les activistes sahraouis des droits humains, «exposés aux pires formes de torture et de mauvais traitement dans les prisons du Maroc». M. Khatri, également chef de la délégation sahraouie aux négociations, a rendu un vibrant hommage à l'Armée de libération populaire sahraouie (ALPS), aux militants sahraouis dans les territoires occupés, dans le sud du Maroc, dans les universités marocaines et au peuple sahraoui dans son ensemble en lutte pour le recouvrement de ses droits légitimes à l'autodétermination et à l'indépendance, rapporte encore l'agence de presse sahraouie. Pour sa part, le représentant du Front Polisario aux Nations unies, Ahmed Boukhari, a relevé il y a quelques jours que la dernière résolution du Conseil de sécurité qui a évoqué la question des droits de l'homme au Sahara occidental, est «parvenue difficilement à passer outre» l'opposition de la France, soulignant qu’«un interdit» a été ainsi franchi pour la première fois avec l'appui des autres membres du Conseil.

Dans un entretien publié mercredi dernier par le journal espagnol Publico, M. Boukhari a indiqué que «le Maroc qui occupe le Sahara occidental en violation du droit international compte aujourd'hui sur le soutien de la France qui, grâce à son droit de veto au sein du Conseil de sécurité, lui procure l'immunité». Cependant, a-t-il dit, le 27 avril dernier, «le large soutien français n'a pas réussi à satisfaire pleinement les aspirations du Royaume marocain». Le représentant du Front Polisario aux Nations unies a aussi souligné que la partie sahraouie avait exprimé sa satisfaction à l'égard de la dernière résolution de l'ONU sur la question des droits de l'homme, estimant qu’«un interdit a ainsi été franchi».
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