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Le MAE sahraoui sur la situation à El-Guerguerat : «Elle ne peut être dissociée de la nature du conflit»



Imputant aux autorités coloniales marocaines la responsabilité de la tension qui règne à El-Guerguerat, au sud du Sahara occidental, suite à la violation par Rabat de l’Accord du cessez-le-feu, conclu en 1991 avec le Front Polisario, sous l’égide des Nations unies (ONU), le chef de la diplomatie de la République sahraouie explique cette tension au non-parachèvement du processus de décolonisation au Sahara occidental, en application des Résolutions internationales.

Pour Mohamed-Salem Ould-Salek, ministre des Affaires étrangères de la République arabe sahraouie démocratique (Rasd), la situation de tension à El-Guerguerat «ne peut être dissociée», a-t-il affirmé, de la nature fondamentale du conflit opposant le Front Polisario et le Maroc, depuis l’invasion de ce dernier, en 1975, du Sahara occidental, lequel territoire, pour rappel, est soumis depuis 1966 au processus de décolonisation, à l’ONU.
S’appuyant sur ce qui est mentionné dans le plan de règlement de l’ONU, à propos de la voie de passage réalisé par les autorités coloniales marocaines, à El-Guerguerat, le ministre sahraoui dira que, dans ledit document, «il ne fait part d’aucune existence de ce passage», a-t-il affirmé, ni même, poursuit-il, «dans les articles de l’Accord du cessez-le feu». Indiquant que dans l’Accord relatif aux questions militaires dans son chapitre 1, sur les procédures du cessez-le feu, entre l’armée de libération sahraouie, et l’armée marocaine, «les deux armées sont tenues de ne pas dépasser les points de leurs positions respectives, le jour et à l’heure du cessez-le-feu, rentré en vigueur le 6 septembre 1991», a-t-il précisé. C’est dans le sillage de ses violations du droit international que «le Maroc persiste sur cette lancée, en comptant sur le soutien inconditionnel de la France, un des membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU», déclare le chef de diplomatie de la Rasd. Ce qui l’amène à interpeller la communauté internationale «à assumer ses responsabilités engagées», a déclaré, hier, Mohamed Ould-Salek, animant une conférence de presse au siège de l’ambassade de la Rasd, à Alger.
De sa dérobade de ses engagements pris dans sa signature des Accords du cessez-le-feu, entre Rabat et le Front Polisario, après 16 années de guerre, le Maroc a persisté sur cette voie, par ses violations des droits de l’Homme dans les territoires sahraouis occupés, son pillage des ressources naturelles du Sahara occidental, son expulsion du personnel du segment politique de la Minurso, son refus de voir l’Envoyé spécial du Secrétaire général de l’ONU, pour le Sahara occidental, Christopher Ross, se rendre dans les territoires occupés du Sahara occidental, jusqu’à ses manœuvres à El-Guerguerat, aux conséquences gravissimes sur la paix et la stabilité dans la région.
Pour le conférencier, il est «urgent» pour l’ONU et notamment pour le Conseil de sécurité «de procéder au parachèvement de la décolonisation au Sahara occidental» sur la base de la légalité internationale, qui consacre le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui. En prévision de la tenue, fin avril prochain, de la réunion du Conseil de sécurité de l’ONU sur le Sahara occidental, Chissano, l’Envoyé spécial de l’Union africaine, (UA), pour le Sahara occidental, a demandé que le Conseil de sécurité de l’ONU doit «rétablir» l’ensemble des fonctions de la Minurso et devrait aussi étendre sa Mission à l’examen de la situation des droits de l’Homme afin, a-t-il souligné, «d’assurer une surveillance impartiale, indépendante et durable des droits de l’Homme dans les territoires sahraouis occupés», a indiqué un communiqué de presse de l’UA. Sur l’annonce de Rabat de son retrait d’El-Guerguerat, le chef de la diplomatie sahraouie a affirmé, hier, que «l’armée marocaine ne s’est pas retirée».
Rabat vise à faire croire à la communauté internationale et à l’opinion mondiale, après ses échecs politico-diplomatique et juridiques, qu’elle «fait preuve de coopération», pour le ministre sahraoui, «l’armée marocaine s’est peut-être retiré de deux cent mètres, et Rabat est toujours en position de violation du cessez-le-feu», a affirmé, hier, Mohamed-Salem Ould-Salek.
Indiquant, à ce propos, que «le Maroc doit s’en tenir à l’Accord du cessez-le-feu s’il veut réellement démontrer une volonté de collaborer avec l’ONU, et autoriser le retour du personnel de la Minurso». Le Secrétaire général de l’ONU, comme le Conseil de sécurité «doivent exiger du Maroc de se conformer avec ce qui est mentionné dans l’Accord du cessez-le- feu» et de se plier, aux Résolutions onusiennes en vue «de permettre au peuple sahraoui d’exercer son droit à l’autodétermination». Depuis vingt-cinq ans, «le Maroc tergiverse avec la complicité de la France, membre du Conseil de sécurité, retardant le parachèvement de la décolonisation au Sahara occidental», avertissant que si cette politique persiste, le peuple sahraoui, à travers son unique et légitime représentant, le Front Polisario, «usera de toutes les voies et moyens légitimes pour recouvrir son indépendance», a affirmé le responsable de la diplomatie de la République sahraouie.
Karima Bennour

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