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La maladie de Mohammed VI et la raison de l'annulation de sa tournée africaine révélées

Le roi du Maroc, Mohammed VI, est un roi malade, «atteint d’une maladie à évolution lente, soignée à coups de cortisone», a déclaré Jean Glavany, député français (PS, Hautes-Pyrénées) – cité par LCP, France 3 et Maghreb Confidentiel –, qui livrait, mercredi dernier, à l'Assemblée nationale, le rapport d’information sur «la coopération européenne avec les pays du Maghreb» à l’issue d’une enquête de six mois qu’il a menée avec un autre député français, Guy Teissier (LR).

Jean Glavany n’a pas voulu cacher ce fait qu’il a présenté comme quasiment une révélation devant les députés, alors qu’il savait pertinemment que l’audition était ouverte à la presse. En fait, la maladie du roi était un secret de Polichinelle depuis quelque temps déjà. Il y a quatre ans, Mohammed VI avait attiré l’attention sur son état de santé par une absence et un silence prolongés qui avaient, à l’époque, donné lieu à des rumeurs sur cette grave maladie dont parle maintenant le député français. Les images diffusées par la suite lors d’activités publiques de Mohammed VI ont montré des changements physiques très nets qui sont liés à un traitement médical. Mais un flou complet a continué à être entretenu par le Makhzen autour de la santé du roi.

A travers ses médias, et en exploitant à fond, surtout les réseaux sociaux, le palais royal a tenté de fausser la réalité par toute une propagande savamment montée sur les virées en voiture du roi dans les rues de Rabat et d’autres villes marocaines. Des selfies pris par des «passants» ont souvent montré Mohammed VI au volant de différents véhicules de luxe qui font partie de sa nombreuse collection personnelle, Rolls-Royce Mercedes, Bentley et autres. Mais avec l’information, que l’on peut qualifier d’officielle, distillée par Jean Glavany, la vérité éclate au grand jour. Est-ce cette maladie qui a empêché Mohammed VI de faire sa tournée africaine annoncée pourtant à grands renforts de médias aux ordres ? Ce ne serait pas la pire des explications par rapport à celle avancée par les observateurs parfaits connaisseurs des réalités du Makhzen.

D’après eux, si le roi a annulé, à la surprise générale, les visites qui devaient le conduire au Sud Soudan, au Ghana, en Zambie et en Ethiopie, les raisons en sont plutôt politiques. Elles sont directement liées aux «craintes marocaines de tomber dans un “traquenard” diplomatique au siège de l'Union africaine (UA), à Addis-Abeba». Le périple concocté par le Makhzen devait se terminer en apothéose dans la capitale éthiopienne – tout un symbole – avec la présence du roi au Sommet des chefs d'Etat de l’UA, prévu du 28 au 30 janvier.

Les informations qui ont été rapportées à Mohammed VI par les diplomates marocains sur l’hostilité qui l’attendait à Addis-Abeba à propos de son projet de faire exclure la République arabe sahraouie démocratique (RASD) de l’Organisation panafricaine et l’échec cuisant qu’il allait subir ont fini par le dissuader de tenter l’aventure. C’est l’explication la plus sérieuse à ce recul du roi dans ce qui était présenté au départ comme une offensive diplomatique marocaine contre l’Algérie.

Les médias ont parlé de report de ces visites. Le Makhzen n’a donné aucune date pour confirmer qu’il s’agit bien d’un report et, apprend-on, le Boeing 747 VIP qui était prêt à décoller a été remis dans son hangar à Rabat. Tout dernièrement, le président de la RASD et secrétaire général du Front Polisario, Ibrahim Ghali, a déclaré que le Maroc «se débat dans des crises internes politiques et socioéconomiques et vit un isolement au niveau régional et international». Il a rappelé que « la décision de la Cour européenne de justice (CJUE) a enfoncé davantage le Maroc dans l'isolement», aggravé par sa confrontation avec les Nations unies et l'Union africaine. Tout s’éclaircit.

Houari Achouri

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