Rien ne peut contre le courage de Haidar

mardi 24 novembre 2009


IGNACIO CEMBRERO

L’avion de Binter Canaries a arrêté les moteurs à l’aéroport d’El Aaiún, capital du Sahara Occidental, et l’équipage a d’abord invité les passagers marocains à descendre. C’était une condition de la policie marocaine pour ne pas se voir débordée par le vacarme qui pouvait provoquer le retour à sa ville, le 15 novembre 2006, d’Aminatou Haidar, après une tournée de sept mois dans plusieurs pays.
Haidar n’est pas descendue de l’appareil avec le premier groupe. "J’ai dit à l’hôtesse de l’air que je n’étais pas marocaine même si, pour des raisons pratiques, je voyageais avec un passeport de ce pays", appellait-elle il y a deux semaines à Madrid. La plus célèbre activiste sahraouie a passé le contrôle policier à El Aaiún, mais après avoir rempli la fiche d’entrée a écrit que son pays de résidence était le Sáhara Occidental et non le Maroc. D’autres indépendentistes ont l’habitude de faire de même. Le policier marocain a fait une grimace de contrariété, a remarqué que "ce pays n’existe pas", a rayé les deux mots et a écrit par dessus : Maroc. Après il lui a affranchi l’entrée.
Trois ans après, le 13 novembre passé, Haidar a recommencé à faire de même à son arrivée à El Aaiún de retour d’un voyage en New York, Madrid et Las Palmas. Mais cette fois-ci cela n’a pas passé. Elle est restée détenue 24 heures dans le même aéroport avant d’être dépourvue de son passeport marocain - qu’elle a obtenu en 2006 grâce aux démarches d’Amnesty International et du Département d’État - et expulsée à Lanzarote dans un vol des Canarias Aéronautica. Le discours du roi Mohamed VI du 6 novembre exigeant contundence avec les "adversaires de l’intégrité territoriale" du Maroc explique le changement d’attitude.
Malgré le manque de la documentation adéquate, la police espagnole l’a obligée à Lanzarote à entrer en Espagne sous le prétexte qu’elle disposait d’une carte de résidante qu’elle n’a même pas eu à montrer. Elle lui a été accordée en 2006 pour qu’elle puisse être traitée de ses maladies à l’hôpital madrilène de La Paz. Juste après avoir débarqué elle essaya de prendre un vol de retour à El Aaiún, mais la police lui a prévenue que sa carte ne suffisait pas cette fois pour un voyage international. Le lundi, à l’aube, elle a décidé d’entamer une grève de la faim dans la même terminale aéroportuaire pour pouvoir retourner à sa ville.
Haidar, de 42 ans, a une expérience en grèves de la faim. La dernière, de 50 jours de durée, l’a faite en 2005 quand elle subissait une condamnation de sept mois dans la Prison Noire d’El Aaiún. Elle n’a servi à rien. Malgré tout, elle remémore cette époque avec une certaine satisfaction : "Nous avons pu introduire une camèra cachée dans la prison et montrer au monde les conditions d’emprisonnement des militants saharauis". Les photos ont été diffusées sur Internet.
De son étape antérieure derrière les barreaux elle garde des souvenirs pires encore. À peine fini le baccalauréat, Haidar a été arrêté en 1987 après avoir essayé de s’approcher, avec 700 autres personnes, d’une délégation de l’ONU qui se trouvait dans la ville. "Les policiers sont venus après pour m’enlever de chez moi et m’ont torturée pendant trois semaines", affirme-t-elle. "Ils m’attachaient sur une table et plaçaient dans ma bouche, mes yeux et mon nez un tissu imprégné d’un liquide qui sentait l’eau de javel". "Ils me donnaient aussi des coups de pied, me flagellaient avec un câble électrique et j’ai été agressée de plus par des chiens".
Après, elle a été déplacée à Qalaat Megouna, l’une des prisons secrètes du règne de Hassan II. "Je suis restée plusieurs mois dans un couloir, assise sur un banc avec les yeux fermés et surveillée par un guardien". "Finalement, ils m’ont conduite dans une cellule minuscule avec d’autres sahraouis".
Haidar a passé presque quatre ans enfermée sans voir un avocat et sans être jugée. Elle était disparue et certains membres de sa famille craignaient qu’elle soit morte. Quand elle a été libérée, en 1991, cette femme d’apparence fragile et des manières douces était malade. Elle souffre actuellement de lésions dans la colonne et une ulcère saignante qu’elle soigne à La Paz.
Ces indispositions n’ont pas diminué sa détermination à lutter pour l’indépendance de cette ancienne colonie espagnole. Pour se dédier entièrement à sa cause, elle a choisi d’arrêter les études. Sa formation incomplète est perçue toujours dans l’élaboration peu abondante de son discours. Elle n’a pas renoncé, cependant, à développer une vie privée. Elle s’est mariée et a eu deux fils, un enfant et une petite fille, et divorcé. Les enfants, qui ont maintenant 13 et 15 ans, vivent aujourd’hui avec sa grand-mère à El Aaiún.
"Il est vrai qu’Aminatou a eu des expériences terribles", reconnaît Eddah Larhdaf, un sahraoui qui dirige la télévision locale d’El Aaiun. "Elle n’a pas réussi à les surpasser", ajoute-t-il. "Avec son attitude, elle se venge du passé en mettant en danger un avenir du Sáhara qui se colore déjà bien", conclut-il. "Mais nous retournons aux temps de Hassan II", réplique Haidar.
Ses gestes paisibles, sa voix ténue, son sourire discret cachent un langage sévère avec lequel elle fustige "l’occupant" marocain. Le long des années sa revendication a évoluée. Elle a arrêté de mettre l’accent sur l’indépendance du territoire pour mettre maintenant l’emphase à la défense des droits de l’homme des saharauis, "piétinés" par le Maroc.
C’est dans ce but qu’elle a fondé CODESA, une association illégale. Son vice-président, Alí Salem Tamek, est dans la prison et il sera bientôt jugé par un tribunal militaire accusé de "collaboration avec l’ennemi" après avoir visité les campements de Tindouf contrôlés par le Polisario. "En comptant Tamek, il y a plus de 40 prisonniers politiques sahraouis", ajoute Haidar indignée.
Sa défense des droits de l’homme est accompagnée d’un rejet accablant de la violence. Il en résulte que son premier surnom, celui de Pasionaria Sahraouie, a été substitué par celui de Ghandi Sahraouie. De là aussi qu’elle a gagné un prestige à l’étranger, surtout aux États-Unis. Au Maroc en revanche des partis politiques et lapresse officieuse l’accusent de "traîtresse". Même le ministre des affaires étrangères, Taieb Fassi Fihri, finit de laisser entendre qu’elle a été "recrutée" par l’Algérie.
C’était Edward Kennedy, en personne, qui a imposé Haidar, l’année passée, pour le Prix des Droits de l’homme qui accorde la Fondation Robert Kennedy. Le mois passé c’était la Fondation Train qui lui a octroyé à New York la récompense au Courage Civil. Après, elle a voyagé à Washington pour se réunir avec les assistants de congressistes dédiés à la politique extérieure. Elle leur a instamment prié qu’ils promouvent l’élargissement du Mandat de la MINURSO, le contingent de casques bleus déployé au Sáhara, pour qu’il puisse surveiller le respect des droits. Paris et Madrid ne sont pas partisans de l’idée de donner de nouvelles compétences à la MINURSO.
Dans son discours à New York, elle a exprimé la crainte de "être arrêtée" à son retour a El Aaiún ou qu’on lui retire son passeport pour lui empêcher de voyager. "La troisième option, celle de l’expulsion décidée par le Maroc, ne l’avait pas prévue", reconnu-t-elle par téléphone, le week-end passé peu après son arrivée à Lanzarote. "Mais ce qui ne m’est jamais passé par la tête c’est que l’Espagne aiderait le Maroc en me retenant dans son territoire contre ma volonté". A cause de cela, elle a déposé une plainte dans le commissariat de l’aéroport.
EL PAIS, 21 novembre 2009
Traduction : Diaspora Saharaui

L’Espagne perd du poids au Maghreb


Moratinos distribue des incongruités entre Alger et Rabat

La diplomatie espagnole au Maghreb accumule dangereusement des erreurs et les déclarations pressées que, après avoir irrité quelques pays au détriment des autres, fait perdre crédibilité, sérieux et capacité de négociation au Gouvernement de Rodríguez Zapatero à l’heure de défendre les intérêts espagnols dans la région.
Pedro Canales, 24-11-2009
Peu de semaines avant que l’Espagne assume la présidence de tour de l’Union Européenne, le comportement politique du Gouvernement au Nord de l’Afrique, une région d’intérêts stratégiques pour les pays du flanc sud de l’UE, suscite des inquiétudes.
Le comportement erratique du ministre Moratinos dans l’affaire de l’activiste sahraouie Aminatu Haidar, ses déclarations sur le fait "inconcevable de la fermeture de frontières entre l’Algérie et le Maroc", et sur le présumé "important rôle" qui peut jouer le Maroc dans les relations entre l’Europe, l’Afrique et l’Amérique latine, suscitent des inquiétudes en ce qui concerne les orientations de la diplomatie espagnole.
La déclaration de l’intention du Gouvernement espagnol, d’octroyer à la sahraouie Aminatou Haidar le statut de "réfugiée politique" , alors que celle-ci ne l’a pas demandé, la seule chose qu’il obtient est de retirer au régime du Maroc la "pomme de terre chaude" de justifier devant l’Union Européenne et les États-Unis "l’expulsion" de Haidar de Layyoune dépourvue de passeport, et déplacer le problème vers l’Espagne. L’Exécutif espagnol assume les conséquences d’un problème fabriqué par Rabat et qui suppose une grave infraction à la légalité internationale.
En ce qui concerne le rôle du Maroc dans la relation tripartite entre l’Afrique, l’Europe et l’Amérique latine, loué pour Moratinos dans une rencontre célébrée à Tanger ce week-end, le ministre espagnol a oublié que le Maroc est le seul pays du continent qui ne fait pas partie de l’Union Africaine pour avoir refusé de s’asseoir sur la même table que les saharauis de la République Sahraouie Democratique (RASD) qui intègre l’UA. "L’aire d’influence" du royaume alaouite dans le continent africain se limite presque exclusivement à une partie de l’Afrique Occidentale, du Sénégal et du Gabon principalement. Aussitôt que ses relations avec l’Amérique latine sont embuées par la rupture de relations avec le Venezuela, l’inexistence cette relation avec Cuba et les difficultés de la diplomatie marocaine de faire admettre aux pays de l’Amérique espagnole son projet d’annexion - autonomie dans le Sahara Occidental. Dans des telles conditions le "rôle" du Maroc évoqué par Moratinos se trouve sérieusement limité.
La dernière perle de la diplomatie espagnole a été celle de donner des leçons de géopolitique aux deux voisins maghrébins, l’Algérie et le Maroc qui portent un demi-siècle de litiges ininterrompus. Après avoir considéré la fermeture des frontières entre les deux pays incompréhensible, Moratinos alimente les plaintes de la diplomatie alaouite motivées par les énormes pertes matérielles que suppose la paralysation du commerce, du transport et des flux humains entre l’Algérie et le Royaume de Mohamed VI. La diplomatie algérienne a répondu à Moratinos en déclarant que "le problème de la frontière terrestre il faut l’inscrire dans un cadre général des relations entre Alger et Rabat", et dans l’idée de "ce que l’on veut du Maghreb". Dit autrement, Alger a conditionné l’ouverture de sa frontière entre Oujda et Maghnia, à la question du Sahara Occidental, qui pour la diplomatie de Bouteflika est la pièce maîtresse dans l’architecture maghrébine.
Moratinos a voulu contenter le régime de Rabat, mais il a oublié que l’Espagne importe la grande majorité du gaz de l’Algérie, pays dans lequel les plus grandes entreprises espagnoles sont implantées. Curieusement et en coïncidant avec elles les déclarations de Miguel Ángel Moratinos à Tanger, l’Algérie a annoncé que la mise en place du nouveau gazoduc Algérie - Espagne que Beni Saf unira directement avec Alméria se reporte jusqu’au printemps 2010, alors que son inauguration était prévue pour ce dernier trimestre de 2009.
Le retard dans le gazoduc Medgaz provoquera des pertes importantes. L’Espagne possède 52 % d’actions de l’association (Cepsa 20 %, Iberdrola 20 % et Endesa 12 %), en face de l’algérienne Sonatrach (36 %) et Gaz de France (12 %). Les relations entre les partenaires espagnol et algérien sont plustôt tendues. Selon le ministre Chakib Khelil il y a un désaccord sérieux dans deux niveaux : "les prix du gaz, et la distribution par Sonatrach de ses produits en Espagne". Des problèmes que la diplomatie espagnole ne semble pas tenir en compte.
EL IMPARCIAL, 24 novembre 2009
Traduction : Diaspora Saharaui


L'invincible Aminatou Haidair

lundi 23 novembre 2009


La militante sahraouie Aminatou Haidar rejette l’offre du gouvernement espagnol de lui concéder le statut de réfugiée politique et poursuit sa grève de la faim de protestation contre son expulsion du Sahara Occidental, a annoncé samedi à l’AFP l’un de ses porte-paroles.
Aminatou Haidar, qui a reçu un prix en octobre à New York de la Train Foundation pour son engagement non violent en faveur des droits de l’homme, "rejette" l’offre espagnole de lui faciliter le statut de réfugiée politique, a déclaré José Morales Brum, leader syndical canarien et porte-parole de l’activiste.
Elle demande à pouvoir réembarquer vers Laâyoune, capitale du Sahara occidental, et observe depuis lundi une grève de la faim à l’aéroport de Lanzarote, aux Canaries.
Ne disposant plus de passeport marocain, confisqué à Laâyoune, Mme Haidar est invitée par Madrid à s’en procurer un nouveau dans un consulat marocain. Mais la militante refuse également cette solution et réclame la restitution de son document.
Elle devait recevoir dimanche la visite de Cayo Lara, leader de la coalition écolo-communiste espagnole Izquierda Unida à l’aéroport de Lanzarote, qu’elle ne quitte plus depuis son expulsion de Laâyoune, le 14 novembre, selon M. Morales Brum.
Une manifestation de soutien a été organisée samedi à la mi-journée à Arrecife, ville principale de l’île de Lanzarote.
Le ministre espagnol des Affaires étrangères Miguel Angel Moratinos a déclaré que face aux refus de la militante, "on ne peut pas faire plus". Le ministre dit avoir déjà exprimé sa "préoccupation" sur l’affaire Haidar lors d’une rencontre jeudi avec son homologue marocain Taieb Fassi Fihri.
Aminatou Haidar est une militante de premier plan de l’indépendance du Sahara Occidental. Née en 1967, elle a été “disparue” par les autorités marocaines à cause de son activisme à l’âge de 20 ans, juste pour refaire surface trois ans plus tard. En 2005, Mme Haidar fut arrêtée pour sa participation à une manifestation et condamnée à sept mois de prison pour “incitation à des activités de contestation violente”. Amnesty International l’avait classée prisonnière de conscience, mettant en doute l’équité de son jugement ainsi que celui de 6 autres militants. Depuis sa libération, elle a été honorée du Robert F. Kennedy Human Rights Award (Prix Robert F. Kennedy pour les droits de l’homme), proposée pour le prix Nobel pour la paix, et plus récemment lauréate du Civil Courage Prize (prix du Courage civil) à New York, le tout pour son activité de défense des droits humains au Sahara occidental.
MmeHaidar n’est pas le seul dissident persécuté pour sa cause, déclarant :
Depuis le 6 octobre, quinze défenseurs bien connus des droits humains du Sahara occidental ont été arrêtés, emprisonnés et interrogés. Sept d’entre eux, connus comme les 7 de Casablanca ont été jugés par un tribunal militaire pour trahison après avoir visité des parents dans les camps de réfugiés saharaouis dans le Sud-ouest de l’Algérie. Ces Saharaouis ont été visés pour avoir dénoncé la répression due à l’occupation marocaine de leur pays et défendu le droit à l’autodétermination reconnu par l’ONU dans plus de 100 résolutions. En août, les autorités marocaines ont empêché six jeunes Saharaouis de voyager au Royaume-uni pour participer à un programme d’OxfordTalk Together, qui promeut le dialogue entre les jeunes des différentes parties du conflit.
L’expulsion d’Aminatou montre que la police marocaine peut s’en prendre à tout Saharaoui qui soutient le référendum, même à ceux qui jouissent d’un soutien et de relations au plan international. Les prix obtenus par Haidar (le plus récent the Civil Courage Prize) auraient dù la mettre à l’abri de ces risques en montrant au gouvernement marocain que le monde le surveille.

L'Intifada sahraouie fait peur au Maroc

samedi 21 novembre 2009

Les contradictions dans le discours officiel du gouvernement marocain sont flagrantes. Depuis plus de 34 ans et jusqu'il y a peu, on dit que l'ensemble des Marocains et leurs formations politiques, syndicales et associatives étaient persuadés que l'unanimité au sujet du Sahara Occidental était acquise, affirmée et réaffirmée, que le véritable ennemi est l'Algérie. Les moyens de propagande marocains n'ont cessé de répéter que les sahraouis sont "fiers de leur marocanité et leur attachement à la mère patrie".
Plus de 34 ans après, l'histoire se répète. Dans le discours de lancement de la Marche Verte, Hassan II avait dit : "Si tu rencontres un Espagnol, civil ou militaire, échange avec lui le salut et invite-le sous la tente à partager ton repas. S’il advient, cher peuple, que des agresseurs, autres qu’Espagnols, attentent à ta Marche, sache que ta valeureuse armée est prête à te protéger".

En effet, les forces armées royales étaient derrière la foule pour mater les sahraouis. On savait déjà ce qu'ils pensaient de l'arrivée des marocains. La solution à ce problème était prévue d'avance : Les Mirages et les Phantom F-5 étaient équipées d'armes de destruction massives : des bombes de napalm et de phosphore.
Aujourd'hui, le roi Mohamed VI répète les mêmes menaces que son père. En mobilisant l'ensemble de ce que compte le Maroc comme partis politiques, syndicats, organisations et autres associations pour "mieux encadrer" les Marocains et leur "insuffler l'esprit de l'amour de la patrie" et l'attachement à l'integrité territoriale, les décideurs politiques marocains ont envoyé à l'étranger un message des plus équivoques et des plus incompréhensibles.
Ne disait-il pas hier que rien au monde ne pouvait ébranler l'attachement des Marocains à l'intégrité territoriale de leur pays? Encore moins mettre en doute leur amour pour la patrie qui engage leur corps et leur âme pour sa défense. N'a-t-on pas répété et répété que le Sahara Occidental était à la tête des fondamentaux et des causes "sacrées?"
Et puis, voilà: un appel royal solennel vient d'être lancé aux décideurs politiques, syndicaux et associatives pour les inciter, sur un ton grave, à la mobilisation. Non pas à se mobiliser pour faire pièce à une poignée d'activistes Sahraouis résidant au Maroc et roulant pour le Polisario, mais à battre le rappel de toutes les énergies afin d'encadrer les Marocains et leur inculquer le nécessaire amour de leur pays.
Ce ne sont tout de même pas les activités de ces quelques éléments Sahraouis sympathisants du Polisario au Maroc qui ont nécessité un tel déploiement d'énergie et de mobilisation.
Ce message est perçu à l'extérieur du Maroc comme un aveu: Celui exprimant la crainte de voir le front intérieur marocain jusqu'ici unanime à défendre l'intégrité du territoire national, ébranlé par un doute subit quant à cette affirmation ressassée depuis près de 35 ans.
Les Marocains remettraient-ils en question cet attachement sans cesse réitéré à leur "cause sacrée" qu'il eut fallu mobiliser les partis et les syndicats pour dresser un cordon sanitaire contre les vélléités indépendantistes?
Brandir des menaces de sanctions sévères allant jusqu'à accoller l'accusation de haute trahison et prévoir des lois incriminant toute vélléité de soutien au Polisario  peut être interprété comme une reconnaissance d'un fait largement propagé au sein du royaume et comme une dynamique gagnant du terrain.
On ne peut que s'interroger au sujet de l'énorme disproportion entre les discours et les menaces de criminalisation des velléités indépendantistes et la réalité sur le terrain.
Cette campagne est tout simplement maladroite car elle donne des arguments au Polisario qui a toujours clamé haut et fort que sa cause bénéficie de larges soutiens au sein de la population marocaine ajoutant que si la répression qui empêche les manifestations de soutien à la RASD devait cesser, de larges pans de la société marocaine auraient démontré au grand jour leur adhésion à la cause sahraouie.
Les officiels marocains le savent. Ils savent que, grâce à la répression, aucun danger de fissurer le front intérieur n'a de raison d'être craint. Comme ils savent que tous les Marocains se rejoignent, nonobstant leurs querelles et divergences, sur la question qu'ils jugent sacrée du Sahara.
Alors pourquoi cette solennité dans la mise en garde des Marocains et la mobilisation des forces politiques, syndicales et associatives du pays face à un danger décrit comme pertinent et allant crescendo? A moins que cette camapgne ne cache d'autres visées moins avouées.
Les officiels marocains se trompent lourdement en croyant que faire les doux yeux à des réseaux sionistes est à même de leur ouvrir des soutiens à la cause du Sahara au sein des cénacles décisionnels occidentaux et américains en particulier.
La visite au Maroc de la criminelle de guerre Tzipi Livni s'inscrit dans cette logique. Cette visite contribuera  à creuser le fossé entre les décideurs et les Marocains ordinaires au détriment d'une indispensable unité.
L'énergie marocaine doit être dirigée vers une démocratisation réelle de la société marocaine, seule condition pour souder le peuple marocain contre toute menace extérieure et le mobiliser.
Or, ce qui se passe aujourd'hui au Maroc avec un retour accéléré à des méthodes de l'ancien régime basriste n'est pas de nature à contribuer à l'unité du pays face aux dangers qui le menacent. La présente camapagne est de nature à semer le doute et le questionnement dans l'esprit des Marocains qui pourraient imaginer le danger contre l'intégrité territoriale plus important que la propagande officielle n'a voulu le présenter des décennies durant.
Il est naturel de se demander pourquoi le régime marocain a mené cette campagne de mobilisation? La réponse pourrait se trouver dans les réalités suivantes :
- Le Maroc a perdu la bataille diplomatique du Sahara Occidental. La communauté internationale refuse de laisser tomber le principe d'autodétermination du peuple sahraoui.
- L'intifada sahraouie porte le flambeau d'une lutte éteinte par le cessez-le-feu et le processus de paix onusien entamé en 1991. Le combat s'est instauré sur le champ des droits de l'homme et les libertés publiques.
-  Les associations sahraouies étaient gangrenées par les conflits internes. La rencontre de leurs responsables à Tindouf était dans le but de dépasser ces contradictions et mettre un programme d'action conjoint. Cette nouvelle a créé la panique à Rabat qui craint une hausse des manifestations contre l'occupation marocaine. De là, la décision de les mettre sous les verrous.
- La décision récente du Front Polisario de multiplier ses représentations dans le monde et augmenter le nombre du personnel diplomatique.


Ce sont les mêmes raisons qui ont poussé Rabat à expulser Aminatou Haidar, lauréate du prix RFK et candidate au Prix Nobel de la paix.

Le Makhzen riposte

jeudi 19 novembre 2009

Les décisions récentes du gouvernement marocain, imposant des amendes, procédant aux perquisitions et autres saisies de biens, et enfin les peines d'emprisonnement affectant des journalistes, démontre que nous assistons à une escalade de mesures punitives prenant des proportions alarmantes et très sérieuses surtout à l'encontre d'une certaine catégorie de journalistes. Il serait d'abord pertinent de souligner que cette politique en réalité s'inscrit dans un registre qui est tout à fait contraire au climat ''d'ouverture", et des avancées que l'état et le gouvernement ne cessent de ''promouvoir'' sur les canaux officiels. Cette situation nous oblige à nous poser des questions sérieuses sur cette tournure ''policière'' et dramatique vis-à-vis de cette catégorie en particulier, et dans le contexte général de ''réformes'' que l'état entend mener et à sa tête la monarchie ne serait-ce que dans ses discours en règle générale.
La monarchie qui cherche à imposer le principe de la sacralité coûte que coûte dans une course contre la montre, et dans ce contexte de croissance fulgurante que connait la demande de liberté d'expression au Maroc. Les prérogatives du roi faisant la une de la presse, le palais se sent dépassé par les évènements et riposte avec violence.
L'opposition politique a été réduite à néant . Quel parti ose encore demander et agir pour une vraie réforme constitutionnelle? Les gouvernements dits d'alternance dont l'ossature principale est le PI et l'USFP, après avoir retardé le Maroc de plus de 50 ans lorsqu'ils étaient dans la soi-disant opposition ont perdu la confiance du peuple.
La réforme constitutionnelle, c'est en substance d'obliger le roi a renoncer à quelques-unes de ses innombrables prérogatives. Et qui peut mener ce combat ? Les politiques, tout le monde sait bien que non. Les militants associatifs ? Ceux qui dérangent sont déjà muselés. Reste la presse "indépendante", qui a ses défauts, mais qui a quand même l'immense mérite de s'opposer frontalement à la monarchie. C'est un combat violent entre le Palais et les vrais journalistes, un combat qui ne se terminera que par KO. Le Pouvoir absolu ne supporte pas une quelconque opposition. Après la gauche et les islamistes, c'est au tour de la presse indépendante de mesurer la puissance d'écrasement du Palais.
La lune de miel est terminée, la mascarade de la modernité, du roi des pauvres a échoué. Les autorités marocaines cherchent à mettre à genoux à tout prix le pays.
Au Sahara Occidental, le pouvoir marocain n'a pas eu meilleure chance. L'Intifada est devenue une véritable arme politique dans les mains d'un Front Polisario qui se sent paralysé par un processus de paix onusien qui ne finit jamais. Les responsables marocains pensent que l'arrestation des militants sahraouis des droits de l'homme et l'application de la politique de "tolérance zéro" finiront avec l'Intifada qui vient de souffler sa quatrième bougie.
Le roi Mohamed VI dans son dernier discours commémoratif de la Marche Verte a déclaré qu'au Maroc "ou on est patriote, ou on est traître". Cela veut dire que vouloir l'indépendance est une trahison, ce qui fait de la trahison la forme la plus noble de patriotisme au Maroc.
Mais, apparemment, le pouvoir marocain n'a pas osé faire la même chose avec Aminatou Haidar, lauréate du prix RFK et candidate au Prix Noble de la Paix. Faute de pouvoir l'emprisonner, le Maroc recoure à l'aide de l'Espagne pour déporter la Ghandi sahraouie. L'absence de passeport a empêché sa sortie de l'Espagne, mais pas son entrée malgré que la loi interdit l'accès au territoire espagnol à toute personne sans passeport.
Les mesures de riposte du régime marocain arrivent au moment où le Maroc vient de perdre une bataille importante dans le dossier du Sahara occidental. Depuis quelques semaines, le front européen favorable à Rabat n’est plus aussi uni que par le passé. Sans surprise, les premiers signes de fissures sont venus du Nord de l’Europe. Fin octobre, la Suède avait réagi à l’arrestation de sept militants sahraouis à l’aéroport de Casablanca. Stockholm avait fait état de ses préoccupations et demandé au gouvernement marocain de la tenir informée sur l’évolution du dossier.
La Suède qui préside l'UE a irrité les autorités marocaines avec sa défense des droits de l'homme des sahraouis jusqu'au point de demander le départ d'une diplomate suédoise sous des accusations fantaisistes. La guerre menée actuellement par le pouvoir marocain se situe à tous les niveau. A l'intérieur, contre les constantes revendications pour les libertés publiques. Au Sahara Occidental, contre l'indépendantisme sahraoui. A l'étranger, contre l'offensive diplomatique programmée par le Front Polisario lors du récent renforcement du corps diplomatique sahraoui et l'ouverture de nouvelles représentations dans le monde.

Sahara Bike Race

du 26 MARS au 4 AVRIL 2010 
Une extraordinaire route à velo, parcourant une zone sauvage et captivante du véritable Sahara Occidental..du sable, des dunes, des rochers, des grandes plaines couvertes de fossiles…savourant l’hospitalité du peuple sahraoui et la richesse de sa culture bédouine. Un voyage solidaire pour connaître la complexe vie des sahraouis dans les campements de réfugiés, vivre dans ses haïmas et partager leur culture. 
Le parcours ira en parallèle au Mur de sable qui mesure plus de deux mille kilomètres et qui sépare les territoires occupés par le Maroc et la zone libérée par le Front POLISARIO.

Près du mur se trouve le point d’arrivée de ce Raid, Tifariti, lieu de grandes batailles entre les deux armées, et qui finalement est resté sous le contrôle du POLISARIO.
Le gouvernement Sahraoui est en train de développer certains projets pour faire de Tifariti la capitale du Sahara Libéré. Il a édifié un hôpital et une école, il construit le Parlement et le Quartier de la Solidarité.
C’est un beau paysage de désert, petites collines, rochers aux formes et aux tailles impressionnantes et un sol couvert de fleurs et de truffes pendant la saison de pluies. Dans le passé, ce fut une savane africaine comme le témoignent les peintures rupestres qu’on trouve dans le Parc Archéologique d’Erqueyez.
Par deuxième année consécutive, l’Association d’Amis du Peuple Sahraoui de Séville et le Secrétariat d’Etat pour la Jeunesse et le Sport de la RASD organisent cet évènement socio-sportif et solidaire avec l’intention de visibiliser et dénoncer le Mur, construit par le Maroc dans les années 80, qui divise le Sahara Occidental occupé et les Territoires Libérés par le POLISARIO.

Du 26 mars au 4 avril, les participants du IInd Sahara Bike Race parcouriront une distance de 350 km, en plein désert du Sahara Occidental, qui ira en parallèle au Mur de la Honte. Pendant cette semaine, ils pourront connaître et partager la complexe vie des sahraouis des campements de refugiés, vivre dans leurs haïmas et comprendre la situation de ce peuple qui, malgré les adversités, n’a jamais perdu son espoir et optimisme.
La caravane de cyclistes partira de Séville dans un vol charter de la compagnie Air Algérie et arrivera aux campements de réfugiés de Tindouf, concrètement à la wilaya de Layounne. Le départ aura lieu dans la nuit du 26 mars 2010, de l’aéroport de Séville, et le retour le 4 avril.
Le raid, qui partira de la wilaya de Layounne (campements de réfugiés de Tinfouf) pour arriver à Tifariti (Territoires Libérés), se fera par étapes de 30 à 50 km par jour. Au cours de cette semaine, il y aura des visites culturelles, une réception de la part des autorités sahraouies, du temps pour faire des achats au souk de Smara et, à la fin du trajet, en plein coeur du désert, dans la zone libérée, des rencontres avec les bédouins et une visite au Parc Archéologique d’Erqueyez. 

RSF & Cartographic Genocide in the Western Sahara


By Chasli

For a number of years now, Reporters sans Frontieres (Reporters without Borders) (RSF) has chosen to completely contradict its high ideals by writing the Western Sahara off its on-line maps and including the territory within Morocco. If you visit RSF.com, click on any of the countries on the drop-down menu under Middle East & North Africa (MENA), and scroll down to their MENA map you will find a Morocco that stretches from Gibraltar to Mauritania. The only hint of Western Sahara’s existence can be found if you click on Morocco itself to reveal a red-highlighted greater Morocco with a barely visible line depicting the border with the Western Sahara.

Weirdly, if you click on any of the other MENA countries, you will find the same MENA map but without the thin line in Morocco.

This is not a new problem. Alle at Western Sahara Info brought RSF’s inexplicable treatment of the Western Sahara to our attention in 2007, and way back in 2003 this tidbit about RSF’s mapping shenanigans appeared on the ARSO website:

Following a protest campaign, the "North Africa to Iran" office of Reporters without Borders (RSF - Reporters sans frontières) decided to withdraw a map of Morocco which included Western Sahara. This map which did not conform to international law figured in RSF publications relating to the campaign for Ali Lmrabet. The President of the Spanish office, said that she realised the map used expressed the expansionist claims of Morocco, but wanted to make clear that RSF did not campaign politically about it, as they were trying to save the life of the Moroccan journalist !!!


Before looking closer at RSF’s mapping problem, a quick review of the Western Sahara’s status is in order. Legally, the territory is categorized by the United Nations as a non-self-governing territory. Claims to sovereignty over the territory by Morocco and Mauritania were rejected by the International Court of Justice in 1975. Diplomatically, no country officially recognizes Moroccan sovereignty over the Western Sahara, even though a couple dozen mostly Arab League countries give lip service to Moroccan sovereignty. Close to 80 countries have at some point recognized the sovereignty of the Sahrawi Arab Democratic Republic (SADR), but current recognitions number around 40 if you believe that de-recognitions are acceptable. Another element in the diplomatic equation is the full membership of the SADR in the African Union.Militarily, Morocco has de facto control of around 75-80% of the land with the SADR controlling the rest.

On all three counts RSF’s map is totally inaccurate. International law and diplomatic recognition clearly reject any inclusion of the Western Sahara in Morocco; and any depiction of de factooccupation must show the division of the territory between Morocco and the SADR.

RSF’s complete offing of the Western Sahara raises serious issues.

RSF is no Moroccan-American Center for Policy, which clearly is paid by Morocco to lie about the Western Sahara. It is a well-respected human rights NGO that cares about international law and does consistently superb work in support of beleaguered journalists around the world. Furthermore, it has been very forceful in its condemnation of Moroccan press freedom abuses. Why then would they choose to ignore international law and use a map that is rejected by just about everybody except Morocco and its agents?

Then there is the question of consistency and double-standards. RSF on its MENA map unambiguously gives Rabat its greater Morocco, but denies Tel Aviv its greater Israel (The West Bank is clearly not included in Israel). Why has RSF applied different mapping standards to two similar cases of occupation? Alle, once again, has commented on this.

Whenever I run into something as strange as this RSF thing, I can’t help but wonder about motives. Why in the world would a group as basically outstanding as RSF resort to cartographic genocide by mapping the Western Sahara out of existence. Does it have to do with the fact that they are headquartered in France, which supports without reservation Morocco’s illegal occupation? Is there any French political pressure at play, or maybe corporate financial pressure? Is there anyone on their Board that particularly loves Morocco or hates the Western Sahara? Not being privy to RSF internal politics, I am at a loss to understand their persistent refusal to do the right thing on this issue. All I know is that RSF has been made aware of their mapping problem for years now (and I have recently contacted both their offices in Paris and Washington DC about it), and they stubbornly resist changing their maps.

If anyone can shed any light on RSF’s behavior, we here at Western Sahara Endgame would love to hear from you. But until they decide to do the right thing and remove the Western Sahara from Morocco on their maps, I urge you to email your objections to:

Soazig Dollet, North Africa & Middle-East Desk, Reporters without Borders: moyen-orient@rsf.org

Clothilde Le Coz, Director Reporters without Borders USA: clc@rsf.org

Jean-François Julliard, Secretary General RSF: rsf@rsf.org

I went through, it seems, hundred of maps of Morocco and the Western Sahara in putting together this post – many of them quite original if not altogether accurate. In line with their iconoclastic image,Lonely Planet gets the award for Most Bizarre Map. Apparently having missed the part of the ICJ ruling about terra nullius, they clearly separate the two entities, refraining from naming the southern entity, and writing “Western Sahara Desert” overlapping the borderline. For those of you who wonder why so many Moroccans are perpetually constipated over the Western Sahara issue, there’s the Greater Moroccan Map. They just can’t get over being smaller than Algeria and not being able to steal fish from the Senegal River like they do from the Western Saharan waters (actually I was surprised not to find Washington DC on the Greater Moroccan Map given the US’s perpetual genuflecting before the King on the Western Sahara issue; but then I guess I could say the same thing about Israel). The award for Most Conflicted Mapmaker goes to the National Geographic Society. Between their On-Line Atlas , On-Line World Map , and Africa Political Map, they map the area in at least three different ways using a mind-boggling array of borderline, color, and nomenclature gimmicks. Finally, the Most Accurate Map prize goes to MINURSO, the UN Mission in the Western Sahara. I detect a crazy amount of time being spent by a lot of organizations trying to figure out how to map the area. Why not show it as it is and use the MINURSO map that clearly separates Morocco and the Western Sahara and marks the zones of occupation?

Carne Ross: A brave woman pays the price for a misinterpreted interview

By Carne Ross
Being US Secretary of State requires difficult choices and careful words. There is a balance to be struck between maintaining relations but also principle. Great harm can be done with a few words. One recent episode illustrates the risks.
In my work on the Western Sahara (my non-profit group advises the Polisario Front who represent the Saharawi people), I have met a very brave and determined woman, Aminatou Haidar, the 42-year old Saharawi human rights campaigner. What she told me about her abuse by the Moroccan forces who occupy the Western Sahara, her country, chilled my blood.
I was shocked to learn that last week Aminatou was again arrested and later expelled by Morocco. She has endured years of imprisonment and abuse but has continued to speak up for the right of her people to self-determination. Last month she was in the US to receive the Civil Courage Award from the Train Foundation, and she was earlier awarded the Robert F. Kennedy Human Rights Award. She was arrested on her return from the US and is now separated from her children and exiled from her country. 
The week before Haidar's arrest, Hillary Clinton visited Morocco. While there, she gave an interview, unreported here in the US, praising Morocco's human rights record and appearing to endorse the Bush administration's policy to support Morocco's plan for the Western Sahara. Morocco has been in illegal occupation of the Western Sahara since invading it in 1975. If implemented, Morocco's plan would effectively bring Western Sahara under Moroccan sovereignty, a notion rejected outright by the International Court of Justice and never accepted by the US. 
Ask Aminatou Haidar about Morocco's occupation and she will tell you that it means continued repression and abuse of the Saharawi people, most of whom were forcibly expelled from the territory in 1975 and have remained in desert refugee camps ever since. This is not just Aminatou's view. Amnesty International, Human Rights Watch, and even the State Department itself have detailed Morocco's systematic abuse and denial of rights to the Saharawi people.
After Secretary Clinton's interview, Morocco has gone on the offensive against the Saharawis. Morocco's arrest and expulsion of Haidar, who is the Saharawis' most prominent and celebrated activist, is clearly meant to intimidate and silence all Saharawis. In addition to her arrest, Morocco has decided to try for treason seven other Saharawi human rights activists. Facing a military court, these six men and one woman now face the death penalty for their "crime" of visiting their compatriots in the refugee camps and demanding their legal right of self-determination.
I have no doubt that Hillary Clinton would not endorse this flagrant abuse of human rights, on the contrary. The trouble is that it is equally clear that Morocco has taken her words as an implicit permission to enact this repression, even if she in no ways intended it so. Morocco maneuvers with great skill, and it has clearly sensed a political opportunity to close down Saharawi demands for self-determination once and for all. After the Secretary of State's visit, the King of Morocco gave a speech unprecedented in its hostility against the Saharawis, accusing them of treachery.
So the US must now respond. It must demand the release of these brave campaigners for their rights. Moreover, the US must address the root cause of Morocco's abuses - its occupation of someone else's country, the Western Sahara. The UN envoy is a thoughtful and experienced US diplomat, Christopher Ross. He can only resolve the long-standing dispute over the Western Sahara with robust support from his own government in Washington. This means pressure, at last, on Morocco, to allow a meaningful process of self-determination. 
If this is done, it may be that a misinterpreted interview may trigger - at last - the long overdue liberation of an oppressed people. Aminatou Haidar would consider her arrest and long years of suffering a price well worth paying for this result.
Carne Ross is a former diplomat. The non-profit advisory group he heads, Independent Diplomat, amongst others advises the Polisario Front, the representatives of the Saharawi people. 




L’IRCAM représente la plus grande supercherie du vingt et unième siècle

mercredi 18 novembre 2009






Entretien avec Moha Boudhan

L’association "Identité amazighe" a rendu public le 4 octobre 2008 un document qui apporte du nouveau dans le paysage politique amazigh. Intitulé "Pour un Etat qui tire son identité de la terre amazighe au Maroc", le document déplace, pour la première fois dans l’histoire du mouvement amazigh contemporain, la question de l’identité au niveau de la notion de l’Etat et du pouvoir politique en prônant une "réamazighation" de l’Etat.

Nous avons entretenu, à ce sujet, à Selouan au Nord de Tamazgha occidentale, Moha Boudhan, l’un des membres de cette association et directeur du mensuel amazigh Tawiza. 


Entretien.

Tamazgha.fr : Où en est le combat amazigh à Tamazgha occidentale ?M. Boudhan : 

On peut dire, sans crainte d’erreur, qu’avec la création de l’IRCAM (Institut royal de la culture amazighe), le 17 octobre 2001, le combat amazigh, si l’on veut continuer à l’appeler ainsi, a été "intégré" avec succès à la nouvelle "politique berbère" inaugurée par le dit institut, ce qui lui a fait, bien sûr, perdre beaucoup de sa combativité.

En effet, le pouvoir a magnifiquement réussi à apprivoiser le Mouvement amazigh et à le vider de son contenu politique qui dérangeait énormément le pouvoir arabiste du Maroc, en lui donnant, grâce à l’IRCAM, une orientation "culturaliste" où les revendications amazighes portent sur la culture, la langue, la poésie, les contes, la chanson, le folklore… et non sur le pouvoir politique, qui continue à être arabe sur une terre amazighe sans être contesté par le Mouvement amazigh, avec pour corollaire l’exclusion politique permanente de l’amazighité sur sa propre terre. Ce qui constitue l’essence de la nouvelle "politique berbère" de la "nouvelle ère" au Maroc : vous, Imazighen, "faites" la culture mais ne faites pas la politique réservée aux seuls Arabes.
L’IRCAM, représentant la nouvelle "politique berbère" du pouvoir, a réussi donc l’apprivoisement et la "culturalisation" la de la cause amazighe, c’est-à-dire sa dépolitisation, en agissant selon les éléments suivant :
- "Décapiter" les "têtes" du Mouvement amazigh en les nommant comme "élite royale" à l’
Institut royal de la culture amazighe, avec tous les privilèges matériels et symboliques que procure l’appartenance à une telle "élite royale".
- Le renouvellement de cette "élite royale" tous les quatre ans, incite une grande partie de militants amazighs à être "sages" en renonçant à toute revendication politique et on se contentant des revendications "culturalistes" autorisées par la nouvelle "politique berbère", et ce dans le but de ne pas "salir" le dossier du "militant" qui aspire à être recruté un jour comme membre de l’"élite royale" amazighe.
- Une grande partie des associations amazighes agissent de la même façon et avec la même "prudence" : paraître "sage" et "modérée" dans le but d’établir des "partenariats" juteux avec l’IRCAM qui n’accepte comme "partenaires", parmi les associations amazighes, que celles qui ont fait preuve de leur conformité à la nouvelle "politique berbère" que supervise l’IRCAM.
- En outre, cet IRCAM joue le rôle de "courtier" qui marchande les militants et associations amazighs pour les rallier à la nouvelle "politique berbère" en les soudoyant sous couvert d’argent alloué aux "activités" culturelles amazighes et à la "recherche" et en leur miroitant des postes de travail à l’IRCAM et des "partenariats" très lucratifs.
Tout le danger de l’IRCAM réside dans cette politique "incitative" qui encourage, usant de l’argent, les associations et militants amazighs à adhérer à la nouvelle "politique berbère". C’est-à-dire "militer" pour tamazight comme le veut le pouvoir arabe et conformément à ses intérêts et non à ceux de tamazight. C’est pourquoi cet institut (IRCAM) représente la plus grande supercherie du vingt et unième siècle visant tamazight, après l’autre grande supercherie du vingtième siècle qui est le mythe dit "Dahir berbère". Malheureusement cette supercherie (Celle du 21
ème siècle) n’aurait jamais réussi sans la bénédiction et la collaboration de certains "grands" militants amazighs.
Un re-décollage du combat amazigh exige donc, comme condition sine qua non, la rupture totale et définitive avec la nouvelle "politique berbère" qui a neutralisé le combat amazigh en le dépolitisant. Il faut revenir à l’essence politique du problème amazigh en posant la question de l’identité, non pas des individus ou des groupes ethniques, mais de l’identité de l’Etat. C’est ce qu’a fait l’association "Identité Amazighe" en publiant le document "Pour un État qui tire son identité de la terre amazighe au Maroc".
Comment expliquez-vous cette facilité de la monarchie à corrompre ceux qui sont censés être l’élite amazighe ?
Avec la même facilité par laquelle la Monarchie avait réussi à "corrompre" ses irréductibles adversaires des années 70 – 80, appartenant aux partis d’opposition de cette époque, dont certains ont été même condamnés à mort, comme l’ex-premier ministre Abderrahman Youssoufi devenu, depuis sa nomination premier ministre par Hassan II, plus défenseur du Makhzen que le Makhzen lui-même. En effet, ce dernier a pu domestiquer et "makhzéniser" ses anciens ennemis qui remplissaient jadis les prisons, comme Benzekri, Herzni, Salah Elouadi, Serfati… etc. Les moyens de cette domestication facile, c’est, bien sûr, l’argent que ces nouveaux serviteurs de la monarchie, qu’ils combattaient hier, reçoivent à flots en les nommant dans des postes à des millions par mois. C’est là la capacité extraordinaire du makhzen à s’adapter aux situations hostiles et en tirer profit.
En ce qui concerne l’"élite amazighe", en plus de l’argent qui coule avec abondance à l’IRCAM, et qui est employé pour corrompre cette élite, il faut reconnaître que la nature "culturaliste" des revendications amazighes depuis "la charte d’Agadir", explique, en partie, cet apprivoisement facile de cette "élite" amazighe. Celle-ci revendiquait l’enseignement de tamazight, son introduction dans les média… C’est ce qu’a fait la monarchie. Donc, pour cette "élite" amazighe, le pouvoir ne les a pas domestiqués, il a, au contraire, répondu à leurs revendications. Voilà le contenu pratique de la politique berbère. Cette politique est un autre moyen qui a fait preuve de son efficacité pour apprivoiser les "militants" amazighs.
Le document intitulé "Pour un Etat qui tire son identité de la terre amazighe au Maroc" semble très critique et propose une nouvelle stratégie de "survie". Est ce que vous pouvez nous éclairer sur ce point ?
Avant de vous répondre, j’aimerais faire une petite rectification concernant le mot "survie". Le but du document n’est pas la "survie" de tamazight. Pourquoi ? Parce que la "survie", selon le dictionnaire, c’est le "fait de se maintenir en vie dans un environnement naturel mortifère". Dans ce cas le "survivant" ne cherche qu’à rester en vie, même marginalisé, humilié, privé de ses droits et sans aucune dignité… La "survie" est donc une "vie moindre", une "vie" qui manque de vie. C’est cette situation de "survie", ou de "vie moindre", que vit l’amazighité actuellement. Elle "survit" mais ne vit pas. Pour continuer à rester en vie, elle est humiliée, marginalisée, privée de ses droits et sa dignité. C’est une survie donc et non pas une vie. Cette situation de "survie" est créée et maintenue par la nouvelle politique berbère que mène l’IRCAM dont le but est justement de faire en sorte que tamazight "survive" tout en l’empêchant de "vivre" pleinement.
Le nouveau projet que propose notre document, c’est donc redonner la vraie vie à tamazight en la sortant le l’état de "survie" dans laquelle la maintient la nouvelle "politique berbère" du pouvoir arabiste au Maroc.
Comment faire passer tamazight de la "survie" à une vie vraie et pleine ? Tout simplement, en la faisant passer de la "politique berbère" à une vraie "politique amazighe". Comment réussir ce passage de la "politique berbère" à la "politique amazighe" ? En revenant au contenu politique, et non culturel, de la question amazighe. En quoi consiste ce contenu politique de la question amazighe ? Il consiste en des revendications, non pas culturelles, mais politiques aspirant à l’exercice du pouvoir par tamazight en tant qu’identité de l’Etat au Maroc.
La nouveauté du document est qu’il déplace, pour la première fois dans l’histoire du Mouvement amazigh, la question de l’identité du niveau des individus et des groupes ethniques, au niveau de l’Etat et du pouvoir politique. Ce qui fait de cette revendication de "réamazigher" l’Etat une revendication de référence, première et originelle qu’il suffit de satisfaire pour que toutes les autres revendications (comme l’enseignement et la constitutionnalisation de tamazight par exemple) soient toutes réalisées automatiquement parce qu’elles sont incluses dans la grande revendication de référence, la première et l’originelle qui concerne l’identité de l’Etat. Nous sommes partis du constat selon lequel l’identité, partout dans le monde, se définit essentiellement par le territoire et non pas par la race et l’appartenance ethnique. Ainsi, lorsque je dis que je suis d’identité amazighe, cela ne veut nullement dire que je porte des "gènes" amazighs, que personne d’ailleurs ne peut prouver. Cela veut dire simplement que j’appartiens à la terre amazighe du Maroc. Mon identité est donc amazighe, suivant l’identité de la terre, où je vis comme y ont vécu mes aïeuls, même si mes origines raciales ne sont pas vraiment amazighes. Cette identité territoriale est représentée dans chaque pays par l’identité de l’Etat de ce pays de qui tire cet Etat son identité. Ceci est valable pour tous les pays et les Etats du monde, sauf en cas de colonisation d’un pays par une puissance étrangère, où ce pays est gouverné par un Etat dont l’identité est différente de l’identité du pays qu’il colonise.
Ici au Maroc, le pays est amazigh. Il n’a jamais été un territoire arabe. Mais le problème c’est qu’il est gouverné par un Etat qui se réclame de l’identité arabe. Ce qui est une anomalie qu’il faut corriger en réinstaurant l’identité amazighe de l’Etat conformément à l’identité du pays qui est amazighe. Cette identité amazighe de l’Etat n’a jamais fait partie des revendications amazighes. On revendique toujours l’enseignement de tamazight, sa constitutionnalisation, une télévision amazighe, son emploi dans l’administration et les tribunaux, etc.… A supposer que toutes ces revendications sont exaucées, pourtant cela ne change rien à l’identité arabe de l’Etat au Maroc, ce qui signifie que l’exclusion politique – et non culturelle et linguistique – de tamazight se poursuit.
En plus, ces revendications, parce qu’elles sont culturelles, linguistique et ethniques, font paraître Imazighen comme une minorité ethnique qui revendique la reconnaissance des ses droits culturels et linguistiques en tant que groupe ethnique ayant des droits spécifiques. Voilà ce qui met à l’aise le pouvoir arabiste au Maroc : si Imazighen sont une minorité, c’est par rapport à une majorité "arabe" que cette minorité amazighe sollicite de reconnaître ses droits en tant que minorité ethnique. Donc, ce sont ces revendications culturelles, linguistiques et ethniques du Mouvement amazigh qui consolident l’identité arabe au Maroc en tant qu’identité de la "majorité" et affaiblit du même coup, Imazighen en en faisant une petite minorité.
Voilà pourquoi le pouvoir arabiste ne trouve pas d’inconvénient à répondre à ces revendications culturelles amazighes puisqu’elles ne constituent aucun danger sur le pouvoir politique qui reste exercée au nom de l’identité arabe. Ainsi est le contenu même de la nouvelle "politiques berbère" : Le pouvoir politique continue d’être accaparé par les arabistes et exercé au nom de l’appartenance arabe que représente l’Etat arabe du Maroc tout en feignant de reconnaître à la "minorité" amazighe ses droits ethniques et culturels. Voilà où mène ce type de revendications que le Mouvement amazigh arbore depuis les années soixante-dix du siècle dernier.
Il faut donc revenir à la question de l’identité de l’Etat qui doit être une identité amazighe. Voilà, en gros, le contenu du document. Le pouvoir politique doit redevenir amazigh, c’est-à-dire être exercé au nom de l’identité amazighe qui est l’identité de la terre amazighe où s’exerce ce pouvoir. Cela ne veut pas dire que les responsables politiques qui exercent le pouvoir doivent être racialement amazighs, non, cela veut dire simplement qu’ils doivent exercer leur pouvoir au nom de l’indenté amazighe représentée par l’Etat amazigh.
Lorsque l’Etat redevient amazigh, suivant la terre amazighe, l’amazighité recouvre sa "vie" et abandonne la "survie" dans laquelle l’ont mises les revendications qui font d’elle l’identité d’une "minorité" alors que la terre amazighe est toujours amazighe dans sa totalité.
Qu’est-ce qui distingue votre initiative de toutes les autres qu’a connu le mouvement amazigh (partis, CNC, Tada …)
La différence est de taille. Tous les autres projets et initiatives (Charte d’Agadir, Le manifeste amazigh, Partis, CNC, Tada, Autonomies régionales…) n’ont jamais revendiqué la "réamazighation" de l’Etat, de sorte qu’il redevienne un Etat amazigh, où le pouvoir est amazigh, c’est-à-dire exercé au nom de l’identité amazighe en conformité avec l’identité de la terre amazighe du Maroc. Cette revendication identitaire portant sur l’identité de l’Etat et du pouvoir politique, et non sur l’identité des individus et des groupes ethniques, est quelque chose de totalement nouveau dans l’histoire du MA qui n’a jamais demandé, dans ses communications et ses documents, à ce que l’Etat marocain soit un Etat amazigh. Voilà ce qui distingue notre initiative de toutes les autres.
Que pensez-vous de l’initiative du groupe de militants qui avaient rendu publique une déclaration dans laquelle ils font savoir qu’ils vont donner naissance à une structure politique ?
Je ne pense que du bien. Ce n’est pour le moment qu’un projet de rencontre pour débattre de la nature de cette structure. Nous, nous sommes déjà invités à participer à cette rencontre. Nous comptons défendre notre point de vue lié à la problématique de l’identité de l’Etat qui doit être un Etat amazigh parce qu’il gouverne un pays amazigh. Nous espérons que cette structure politique, quelque en soit la forme, aura des objectifs orientés vers le combat pour la reconstruction d’un Etat amazigh comme nous l’affirmons dans notre document.
Revenons au Mouvement amazigh, nous constatons qu’aucune de ses revendications n’avait été satisfaite après plusieurs décennies de combat. Devrons-nous, désormais, faire du combat pour la souveraineté l’un de nos buts stratégiques ?
Je ne partage pas l’idée selon laquelle "aucune des revendications du MCA n’avait été satisfaite après plusieurs décennies du combat". Le pouvoir arabiste a su, comme je l’ai expliqué auparavant, répondre à certaines revendications culturelles et linguistiques amazighes. Par exemple on ne peut pas nier la décision de l’Etat d’introduire tamazight à la télévision, d’enseigner tamazight avec son alphabet tifinagh, même si cet enseignement connaît beaucoup de problèmes. Ces accomplissements au profit de tamazight les revendiquaient le MA depuis la charte d’Agadir (1992) et ne se sont réalisées qu’à partir de la création de l’IRCAM.
Donc la question est de savoir si des revendications amazighes ont été satisfaites ou non. La question c’est dans quel sens le pouvoir a répondu à ces revendications. Dans le sens de la nouvelle "politique berbère" qui traite Imazighen comme une "minorité" revendiquant la reconnaissance de leurs doits spécifiques. Le paradoxe, c’est que cette situation de minorité est entérinée par les revendications amazighes qui corroborent cette situation qui ne menace en aucun cas le pouvoir arabiste puisque ces revendications ne contestent pas ce pouvoir et n’aspirent pas à le remplacer par un pouvoir amazigh, c’est-à-dire exercé au non de l’identité amazighe de la terre amazighe du Maroc. Quand le pouvoir sera exercé au nom de l’amazighité, cela signifie effectivement que celle-ci a recouvré sa pleine souveraineté, ce qui veut dire la fin de la "politique berbère" d’origine étrangère comme le mot "berbère", et le début de la "politique amazighe" qui est une politique nationale exercée par imazighen eux-mêmes, comme le mot "amazigh" qui est d’origine proprement amazighe et interne, contrairement au vocable "berbère" venu de l’extérieur.
Le recouvrement de la souveraineté amazighe est inséparable du recouvrement de l’identité amazighe de l’Etat. Voilà sur quoi doivent porter les revendications amazighes pour sortir de la "politique berbère" d’origine étrangère.
Quel accueil le Mouvement amazigh a réservé à votre document ?
Un accueil mitigé sans grand enthousiasme chez les associations amazighes. Cette attitude s’explique par plusieurs raisons :
- Premièrement, le document est encore nouveau. Or les idées nouvelles requièrent plus de temps pour qu’elles se répandent et soient comprises et assimilées.
- Certains militants et associations amazighs se cramponnent de façon tellement forte à leurs positions vis-à-vis de l’amazighité qu’ils ne peuvent y renoncer, les dépasser, les faire évoluer ou les remplacer par d’autres positions plus novatrices et plus utiles à l’amazighité. Parce qu’ils considèrent ces positions comme leur "capital" personnel qu’ils doivent protéger, préserver et "fructifier" en organisant des colloques et des activités autour de ce "capital", dont certains exemples sont : "la charte d’Agadir", "le manifeste amazigh", "les peuples autochtones", "l’autonomie des régions amazighes", "la laïcité", "le parti amazigh"… Ces questions qui portent sur des sujets partiels, sectoriels et secondaires constituent une vraie entrave à la position de la question générale, globale et fondamentale de l’exclusion politique de l’amazighité, qui est la question de l’identité de l’Etat au Maroc. En effet, le recouvrement de l’identité amazighe de l’Etat au Maroc entraîne et implique une solution immédiate à toutes ces petites questions "sectorielles" et partielles.
- Beaucoup de militants et associations amazighs surtout, ne veulent pas "salir leur dossier" vis-à-vis du temple IRCAM en adoptant une nouvelle conception de l’identité qui est l’opposé direct de la nouvelle "politique berbère" que dirige l’IRCAM.
Ce qui explique que les militants indépendants ont accueilli favorablement le document duquel ils s’inspirent et auquel ils se réfèrent dans leurs écrits publiés dans des journaux ou sur Internet. Dans ces écrits, un nouveau débat sur l’identité commence à s’installer où l’élément "terre" est central dans ce débat et où le politique, lié à l’Etat et l’exercice du pouvoir ; prend la place du culturel et du linguistique.
Nous sommes optimistes et confiants dans l’avenir. Parce que nous croyons que le mensonge ne peut pas continuer à tromper toujours les gens, sinon il n’y aurait jamais de science et de vérités. À un moment ou un autre, la vérité finit toujours par éclater au grand jour. Il viendra donc un jour où le Mouvement amazigh fera de la "réamazighation" de l’Etat sa principale revendication parce qu’il aura pris conscience que c’est par la satisfaction de celle-ci que toutes les autres revendications seront automatiquement satisfaites.
Propos recueillis par :
Lhoussain Azergui. Sur Tamazgha

Au Maroc, le pouvoir se crispe

Le journal du palais royal marocain, Le Matin du Sahara et du Maghreb, célèbre aujourd'hui le 50ème anniversaire de l'agence de presse MAP. Le moins que l'on puisse dire c'est que cet anniversaire tombe dans une période caractérisée par le durcissement de ton en matière de presse indépendante et en matière de libertés publiques en général. 
Les différents juges ont systématiquement condamné les journalistes. Depuis que le Maroc est le Maroc c’est comme ça. Même avec les meilleurs codes de la presse du monde, en présence des meilleurs avocats du monde, même avec les excuses les plus sincères au monde, les magistrats marocains n’oseront jamais acquitter dans des affaires concernant la monarchie. C’est culturel chez cette justice d’allégeance et de vengeance 
Le tribunal de Casablanca accorde au prince Moulay Ismail en dommages et intérêts exactement le même montant qu’il avait demandé. Il ne pouvait pas faire autrement sinon ça serait lèse-prince, la requête du cousin du roi est à rajouter à la grande liste des sacralités au Maroc. Bien que le tribunal n’ait pas prononcé l’interdiction, les dommages et intérêts au profit du prince Moulay Ismail, s’ils sont confirmés en appel et exigé par le prince, constitueraient de facto une condamnation à mort financière (à supposé que la question de mort du journal se pose encore puisqu’il est déjà interdit depuis plusieurs semaines ). 
Enfin la prison en sursis, qui bien que moins affamante que la prion ferme, constitue une une épée de Damoclès qui prive les journalistes de leur liberté aussi longtemps qu’elle encourt. On connaît des journalistes qui ont cessé d’exercer leur profession de peur du basculement de leur sursis en prison ferme.
Ainsi en va la liberté de presse au Maroc. Ne reste plus qu’à en appeler aux casques bleus pour intervenir face à ces talibans de la liberté d’expression qui mènent une vraie guerre d’un autre temps.
Triste sort pour un pays qu’on espérait devenir une exception dans le monde arabe. L’espoir n’a été que court et bref. Le palais a fait son choix, et le modèle recherché n’est plus la monarchie espagnole, comme on aimait dire au début du règne de Mohammed VI, mais notre horizon actuellement est celui de la Tunisie de Ben Ali. La presse indépendante, dernier bastion de la contestation, de la dénonciation, du refus à un pouvoir accoutumé aux courbettes et à la servilité, est en train de subir cette nouvelle « harka » du makhzen. 
En conclusion de ce qui s'est passé et de ce qui se passe, les autorités voudraient:
- Consacrer la premiere page á l'anniversaire du cheval de la cousine du cousin de la princesse X ou au "tadchine" d'un projet P (qui a été dejá "dechné" qqes années auparavant mais dont personne n'a encore rien vu)
- Consacrer le reste du journal au sport, aux réunions des députés et aux reprises du journal de la RTM
- Pas de critique (aussi constructive qu'elle puisse etre)
- Pas de sondage
- Pas de sujets sur la religion, les moeurs, le palais, les harragas, l'armée ou la drogue
- Ni photos ni caricatures de la famille royale!
- Pas de mauvaises nouvelles, que des bonnes nouvelles, et tout va bien madame la marquise...
En gros, ils peuvent tout interdire et laisser "Le Matin du Sahara et du Maghreb" pour continuer à chanter les "acquis" de la monarchie alaouite. 

Le gouvernement opprime ses citoyens en usant de violence. Les Marocains n'ont pas la possibilité de changer la donne (a savoir, une constitution qui sacralise tout ce qui touche de prés ou de loin au roi).
On continue de critiquer les décisions de la justice tout en ignorant les causes qui conduisent a de telles décisions. Les marocains vivent dans une dictature de droit divin qui se sert de la religion, de la diversité ethno-culturelle, et de l'histoire coloniale récente pour traiter le peuple comme des chiens tout juste bons a payer des taxes.
La raison de ce bras de fer entre certains médias écrits et le pouvoir est que le peuple a renoncé a défendre ses droits, parce que terrorisé par des décennies de règne tyrannique. La classe politique, quant a elle, est d'emblée pro-monarchique, car tout ceux qui posent les questions difficiles sont mis a l'écart tout a fait légalement (et ont ose nous parler de pluralité après cela!). Reste les quelques journalistes qui nous rappellent l'absurdité de ce status quo, ou il est quasi-impossible de parler de ceux qui détiennent le pouvoir.
Chaque affaire pousse les Marocains a s'auto-censurer encore plus. Et c'est le but recherché. 
Le pouvoir se crispe. Pourquoi ? Parce que le masque de la comédie appelée transition démocratique est tombé. La période de grâce est bel et bien finie. Le Makhzen sent qu'il risque de perdre l'initiative devant la soif démocratique des marocains. L'autorité du palais sera réaffirmé au nom de l'intégrité territoriale. Pour pousser les marocains à accepter la répression il faut commencer par les sahraouis. L'arrestation des militants des droits de l'homme sahraouis à Casablanca est le prélude d'une série de mesures d'un retour violent de l'Etat pour réaffirmer l'autorité de la monarchie qui se voit menacée par les revendications démocratiques. 

Bravo Sarkozy !

mardi 17 novembre 2009

La volonté du roi Mohammed VI, telle qu'exprimée dans son dernier discours, est exécutée sur le terrain à l'esprit comme à la lettre, pour ne pas dire avec zèle. Le Makhzen qui ne cherche même plus à camoufler les lâchetés contre les populations sans défense s'en est pris une nouvelle fois à la militante des droits de l'homme, Aminatou Haider, un symbole qui est pour le peuple sahraoui ce que les Djamila furent pour le nôtre.

Vendredi dernier, alors que le "commandant des croyants" accomplissait sa prière à Rassani, Aminatou Haider se faisait enlever à l'aéroport d'El-Ayoune, capitale du Sahara occidental sous occupation marocaine. Ce n'est pas la première fois que cela lui arrive. Haider est en effet rompue à la sauvagerie et à la bassesse marocaines, elle qui a subi maintes fois dans les geôles marocaines la torture et le viol. Cependant, les choses empirent pour les Sahraouis depuis, que dans son dernier discours, le sultan les a sommés de choisir entre être marocain ou traître.
"Ou le citoyen est marocain ou il ne l'est pas (…) Ou on est patriote ou on est traître", disait-il dans une logique colonialiste que même Israël n'a pas encore osée. Aminatou Haider n'est pas une inconnue sur le plan international. Elle a été primée dans plusieurs capitales, particulièrement occidentales.
Au-delà de l'hommage mérité qui lui est rendu, les prix souvent prestigieux ne lui sont pas octroyés en tant que citoyenne marocaine, comme le voudrait le roi du Maroc. Bien au contraire, ils lui sont délivrés pour sa lutte en tant que Sahraouie jalouse de son identité, agissante pour la cause de son peuple.
Depuis quelque temps, le Maroc arrête à tour de bras dans les milieux sahraouis et vise particulièrement les militants des droits de l'homme. Il le fait avec l'appui de la France, "le pays des libertés et des droits de l'homme".
En effet, en avril dernier, la France de Sarkozy s'opposait à l'ONU à ce qu'on élargisse les prérogatives de la MINURSO de façon qu'elle puisse assurer la protection des Sahraouis et mettre fin à la violation des droits humains dont le stade devenait alarmant au Sahara occidental. Résultat ? Le trône tombe le masque et ne prend plus de gants pour sévir au grand jour, sans même épargner la… femme.
Par Mohamed Zaâf 


Polémique. Des barons de la drogue au parlement ?

L’arrivée des narcotrafiquants en politique est peut-être bien l’événement marquant de la rentrée. Tour d’horizon.
Le parlement, et les conseils élus en général, sont accusés d’abriter de nombreux trafiquants de drogue. Rien que cela. Même la télévision publique, 2M en l’occurrence, a relayé le “message” puisque, début octobre, le dirigeant USFP Abdelhadi Khaïrate, ancien député, n’a pas hésité à affirmer que “le tiers ou au moins le quart des élus sont des trafiquants de drogue”. Le plus surprenant, c’est que, devant la gravité d’une telle accusation, les premiers concernés, c'est-à-dire les élus, préfèrent observer le silence.
La loi du silence
En théorie, pratiquement tous les partis ont dénoncé à un moment ou à un autre l’arrivée massive des trafiquants de drogue, par la voie des urnes, dans l’hémicycle. Mais rares sont ceux qui ont annoncé des mesures (d’expulsion, par exemple) contre cette catégorie d’élus à la recherche d’une protection : l’immunité parlementaire. “On peut dater l’arrivée des narcotrafiquants en politique dès les années 1970. Ils ont depuis essaimé dans toutes les instances élues et notamment dans les villes du Nord”, explique Rachid Filali Meknassi, secrétaire général de Transparency Maroc. Tous les partis sont-ils concernés ? “En pratique, oui. Surtout dans le nord du pays. Les partis le savent, les citoyens aussi”, précise notre source. Un des rares partis à avoir réagi, et plutôt violemment, reste le RNI. Mais les bleus n’avaient guère le choix. L’agence officielle MAP ayant épinglé un député impliqué dans une affaire de drogue à Meknès, les indépendants se sont empressés d’émettre un communiqué pour rappeler que ledit député-trafiquant n’appartenait plus au RNI depuis de longues années. Rien d’autre.
Intéressons-nous à présent au cas du PAM. Mi-septembre, le parti du tracteur déclare, via la commission des élections (que préside Fouad Ali El Himma), que certains parmi ses candidats avaient utilisé l’argent de la drogue pour financer leur dernière campagne électorale. Et que des mesures seront prises à leur encontre. Depuis, concrètement, aucune mesure n’a été prise. Silence total. “Rien n’a encore été décidé et la commission des élections planche toujours sur la question”, se défend mollement un responsable du PAM. Ainsi donc, au PAM comme ailleurs, c’est motus et bouche cousue. Pourquoi ? “Les partis sont pris à leur propre piège. A la base, ils sont indirectement responsables du phénomène puisqu’ils recherchent le candidat idéal, généralement populaire ou simplement riche, pour remporter la bataille des élections, et ferment les yeux sur tout le reste, analyse le politologue Mohamed Darif. Cela a accéléré l’arrivée des narcotrafiquants en politique”. Pour notre interlocuteur, les partis et leurs représentants sont dans un rapport “win-win” : “Le parti gagne des sièges et, en contrepartie, les trafiquants gagnent une immunité parlementaire pour 5 ans et donc la possibilité de défendre leurs intérêts sans être inquiétés”.
Le dilemme de l’Etat
Et l’Etat dans tout ça ? Eh bien, il semble laisser faire, laisser passer. Il y a bien eu des tentatives d’empêcher les narcotrafiquants de devenir des “élus de la nation”. Mais sans résultats probants. “En 2003, lors des élections communales, il y avait une liste noire de personnes interdites de se présenter aux élections. Les noms qui y figuraient étaient connus de tous”, se rappelle un militant associatif dans le Nord. Une liste noire ? “Faux, rétorque un haut responsable du ministère de l’Intérieur, il n’y a jamais eu de liste de citoyens interdits de candidature”. Soit… En fait, le ministère de l’Intérieur, comme l’explique notre interlocuteur, a préféré changer son fusil d’épaule depuis les élections législatives de 2007. “Chakib Benmoussa a invité les chefs de parti à demander, auprès de son département, tous les renseignements nécessaires concernant leurs candidats, avec l’idée de bloquer les candidatures suspicieuses en amont”. Cela n’a visiblement pas servi à grand-chose.
Vu de l’extérieur, l’Etat semble de plus en plus “tester” un autre moyen, non officiel, pour réduire, à défaut d’éliminer, le phénomène des narcotrafiquants en politique : fermer plus ou moins les yeux quand le trafiquant est simple élu communal, réagir quand l’importun se porte candidat à la mairie ou à la présidence de région. Quoi de mieux pour illustrer cette nouvelle “approche” que de rapporter cette anecdote, qui circule depuis plusieurs semaines dans le nord du pays : un narcotrafiquant a pu se présenter librement aux élections communales, et gagner confortablement son siège, avant de se faire convoquer par le Parquet quand il a décidé de postuler pour le poste de président de région. Les convocations avaient valeur de rappel à l’ordre et notre candidat a fini par renoncer à la présidence de la région, pour éviter de se retrouver de nouveau devant le procureur. Ces méthodes dissuasives, plus ou moins secrètes, à la limite de la légalité, finiront-elles par porter leurs fruits ?
En attendant une commission d’enquête
Revenons à présent à l’affaire Abdelhadi Khaïrate. On pouvait croire que la sortie tonitruante du député socialiste allait faire des vagues dans les travées du parlement, avec ses 595 élus. Que des têtes allaient tomber. Que des mesures concrètes seraient prises. Il n’en a rien été. “Le parlement aurait dû demander la mise en place d’une commission d’enquête ou, à défaut, convoquer Abdelhadi Khaïrate pour complément d’informations. On n’a rien vu de tout cela, ce qui est étonnant”, confirme le chercheur Mohamed Darif.
La balle est dans le camp du parlement. Mais aussi du gouvernement. Justement, le gouvernement, que pense-t-il de tout cela ? Nous avons interrogé à ce sujet Mohamed Saâd Alami, ministre istiqlalien chargé des Relations avec le parlement. Sa réponse : “Si Abdelhadi Khaïrate dispose de données exactes, il n’a alors qu’à les transmettre au ministre de la Justice, Abdelouahed Radi, qui est en même temps le chef de son parti”. Une manière de clore le débat. Momentanément, du moins.

Le parti veut criminaliser la trahison en amendant le code pénal.

dimanche 15 novembre 2009

Il le fait via une proposition de loi
LE PAM est mobilisé pour défendre la souveraineté nationale et particulièrement l’intégrité territoriale.
Des dispositions ont été prises et dévoilées lors d’une conférence de presse donnée hier par Mohamed Cheikh Biadillah, secrétaire général du parti et président de la Chambre des conseillers.
Ainsi, son groupe parlementaire au sein de la Chambre des représentants déposera une proposition de loi pour amender le code de procédures pénales pour criminaliser la «trahison de la nation» et les intelligences avec des Etats étrangers.
Jusqu’ici, ce délit est passible du tribunal militaire. L’idée du PAM est de l’introduire dans le code de procédures pénales pour permettre un jugement équitable au niveau d’un tribunal civil.
Cela est venu à la suite de l’affaire des 7 séparatistes qui avaient effectué un voyage en Algérie.
Dans le même mouvement, le parti invite la commission de l’Intérieur et celle des Affaires étrangères au Parlement à se réunir pour examiner les moyens de mettre en œuvre les 5 points contenus dans le dernier discours.
Rappelons que le Souverain a hissé les provinces du Sud en tête de la mise en œuvre de la régionalisation avancée. Elles devront être un laboratoire pour l’application de la décentralisation et la bonne gouvernance locale.
La refonte du Corcas et celle du mode de travail de l’Agence de développement du Sud étaient également au menu. Dernier point: les partis, les syndicats, les associations et les médias doivent jouer leurs rôles dans l’encadrement de la population pour «consolider les bases de la vraie citoyenneté».
Toujours au niveau du Parlement, le PAM compte aviser la Chambre des conseillers de la visite d’une délégation parlementaire algérienne dans les camps de Tindouf et conduite par le président de la commission des Affaires étrangères.
De même, des correspondances seront adressées aux ambassades accréditées à Rabat ayant des positions hostiles à la question de l’intégrité territoriale. Une protestation officielle sera remise à l’ambassade de Suède.
La liberté de presse n’est pas en reste. Le groupe parlementaire du PAM va saisir cette problématique d’actualité pour lui consacrer une journée de réflexion.
D’autres groupes parlementaires ont déjà donné leur accord. De même, la commission de déontologie du parti exposera ce mercredi ses recommandations sur les pratiques enregistrées de certains des élus du PAM au cours du processus électoral.
M. C., L'économiste .

Commentaire de " Bruxellois, non peut être ?"
Le parti de l'ami du roi sert désormais de courroie de transmission à la mise en oeuvre parlementaire des décisions royales.
Si les textes que le PAM compte présenter au parlement et qui tendent à criminaliser les contacts avec le Polisario devaient être adoptés, El Harif et ses camarades d'Annahj Addimoqrati ( La voie démocratique ) ne terderont pas à regagner leurs cellules qu'ils ont occupées pour la plupart d'entre eux, durant les années de plolmb.
Et pour cause, les camarades marxistes léninistes de l'ex Ilal Amam ne cachent pas leur relations "fraternelles " et militantes avec les dirigeants du Front Polisario.
Ils leur rendent visite et n'hésitent pas à les rencontrer tant en France qu'en Espagne.
Plus grave pour leur cas: ils réclament le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination et donc au choix de son avenir.
Mais que fera t on avec les officiels qui rencontrent les dirigeants du Polisario en Autriche ou à Manhasset aux Etas Unis d'Amérique pour " négocier " ?
Ce qui est interdit pour certains sera t il permis aux autres. ?
En tout cas, le dossier du Sahara se trouve aujourd'hui dans une impasse totale. Chaque partie campant sur ses positions et ne désirant aucunement faire des concessions.
Un vrai désert des tartares

14 novembre 1975, une date macabre

samedi 14 novembre 2009

Le 14 novembre 1975, l'Espagne en pleine période troublée au moment où agonisait Franco, et se décidait la succession, a signé avec le Maroc et la Mauritanie, en contrepartie d'avantages économiques apparaissant comme substantiels, un accord tripartite, dit accord de Madrid
Ainsi ces trois pays décidaient sur le futur du peuple sahraoui, ce dernier livré comme s'il s'agissait d'un troupeau d'animaux.  Les intentions des voisins étaient claires lors du discours du défunt roi Hassan II pour donner le feu vert à ce qu'ils ont appelé la Marche Verte. "Si tu rencontres un Espagnol, civil ou militaire, échange avec lui le salut et invite-le sous la tente à partager ton repas. S’il advient, cher peuple, que des agresseurs, autres qu’Espagnols, attentent à ta Marche, sache que ta valeureuse armée est prête à te protéger", avait dit le défunt Roi.
Aux espagnols, on offrait des dates et du lait, et aux sahraouis, des bombes de napalm et de phosphore de l'armée royale marocaine. Drôle d'amour pour une population qu'on considère comme des sujets du roi.
Le jour où cette marche a été lancée, des bus, des camions attendaient aux portes des usines, ou sur des lieux de travail. Les personnes ont été priées d’y monter pour aller manifester la revendication de cette région dans le Sud ... Ces gens pensaient aller travailler, ils n’étaient pour la plupart pas au courant, et certains parmi eux se sont enrôlés pour rejoindre cette marche... C’est certain que ce n’était pas une revendication populaire, mais bien une organisation totalement préméditée.
Trente-quatre ans après, le discours du nouveau roi du Maroc, Mohamed VI, ressemble étrangement à celui de son père : Les menaces et les injures contre les sahraouis.
Les contradictions des gouvernants marocains sont flagrantes. D'un côté on parle d'une population sahraouie qui affirme son allégeance au roi et d'un autre côté on parle d'ennemis de l'intégrité territoriale.
La "marche verte" n’a pas jailli d’une inspiration populaire subite et spontanée. Trop de monde, trop organisée, une logistique impressionnante qui suppose d’avoir été préparée bien à l’avance. Aujourd'hui, le monarque a simplement peur que la vérité voit le jour, que le mythe de la Marche Vert s’effondre.
Le diplomate américain Martin Indyk indiquait dans une interview avec le Journal Hebdo que  "le roi Hassan II ne cessait de s’angoisser à propos du Sahara". Mohamed VI a de meilleures raisons de s'angoisser davantage. Au niveau intérieur, des directeurs de journaux sont dans les géôles, d'autres poussés à la banqueroute, les ONG's internationales ne cessent de condamner la situations des droits de l'homme au Maroc, la pauvreté et le chômage en hausse, corruption et fraude dans l'administration publique. Au niveau extérieur, toutes les cartes étant jouées, le lobby israélien est à la rescousse. Dans l'affaire du Sahara occidental, le droit à l'autodétermination reste à l'ordre du jour et la communauté internationale est lasse de ce conflit. N'en déplaise au pouvoir marocain, la seule solution est et restera le respect de la volonté des sahraouis.

Les menaces de Mohammed VI Contre qui ?

mercredi 11 novembre 2009

Par H.A.


Dans son discours à l´occasion du 34e anniversaire de la «Marche verte», du 6 novembre 1975, le roi Mohammed VI a annoncé à son peuple, sur un ton de menace, que le temps était venu d’«affronter avec toute la fermeté nécessaire les adversaires de l’intégrité territoriale» du Maroc.

Le monarque alaouite s’est dit, en outre, plus déterminé que jamais «à ne pas renoncer à un seul grain de sable» du territoire sahraoui que le Maroc occupe militairement, depuis plus de trois décennies.

Qui sont donc ces adversaires de l’«intégrité territoriale» du Maroc que le monarque alaouite menace sur un ton qui est celui des «veilles de guerre» pour être les auteurs d’un «plan de conspiration» contre son pays, en se gardant, toutefois, de les nommer ? Quelle forme prendra l’affrontement promis avec fermeté par le souverain alaouite ?

Débâcle de l’armée marocaine

La première cible, c’est bien sûr le Front Polisario qui lutte contre l’occupation militaire de son territoire par l’armée marocaine depuis 34 ans, et pour l’exercice de sont droit à l’autodétermination, internationalement reconnu. Une lutte armée d’abord qui a obligé les Forces armées royales, inaptes à ce genre d’exercice, à se retrancher derrière le «mur de sable» construit avec l’aide d’Israël et des Etats-Unis.

Une lutte politique ensuite, lorsque voyant son armée dans la débâcle totale – témoignage du commandant des FAR Mahdjoub dans son livre –, le regretté Hassan II, avait accepté le «Plan de règlement de Huston» de 1991, ouvrant la voie au processus référendaire.

Quelques années plus tard, le monde s’apercevra de la seconde manœuvre diabolique du roi Hassan II, après celle de la «Marche verte», pour éviter une reddition certaine de ses soldats, peu motivés face à la détermination de la guerrilla sahraouie.

Brahim Ghali, actuel ambassadeur de la Rasd, à l’époque ministre de la Défense sahraoui, est convaincu que «l’armée marocaine aurait été ébranlée» si les «Accords de Huston n’étaient pas intervenus à temps pour le salut du royaume alaouite.

Depuis cette date, le Front Polisario observe ses engagements internationaux et déplace le combat sur le terrain politique et diplomatique. Résolution après résolution, le Conseil de sécurité proclame le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination. En vain.

L’axe Paris-Madrid

En face, ce n’est plus le Maroc, mais des puissances occidentales, à leur tête la France, qui n’a jamais renoncé à son vieux projet datant de l’ère Bugeaud d’un empire francophone allant du Maroc au Rwanda (livre de J.P Tuquoi, Majesté, je vous dois un service).

Pas question donc d’un Etat sahraoui hispanophone qui viendrait casser cette logique géostratégique qui a conduit l’armée française à intervenir militairement au Rwanda.
Par contre, il est difficile à la diplomatie du plus vieil et plus brutal empire colonial du monde de s’opposer à l’application du droit des peuples à l’autodétermination, consacré par la résolution 1514 de l’ONU, en décembre 1969, au plus fort de la guerre d’indépendance de l’Algérie.

Ce principe avait été rappelé d’abord à la France, mais aussi à d’autres puissances coloniales comme l’Espagne qui occupait le Sahara occidental.

En face du Front Polisario, il y a aussi l’Espagne gouvernée par les socialistes, depuis 2004. La diplomatie marocaine garde le profile bas devant les succès remportés par la cause sahraouie à l’ONU, avec l’adoption à l’unanimité du Plan Baker par le Conseil de sécurité, le 16 juillet 2002. Un plan qui suggère une phase transitoire de 5 ans avant l’organisation d’un référendum sur le choix des Sahraouis entre l’annexion de leur territoire au Maroc ou son indépendance.

Indépendance ? Le mot fait peur à la France qui encourage Rabat à camper sur sa position de rejet de toute solution acceptée par la communauté internationale.

Il faut donc torpiller le Plan Baker. Moratinos, le «vrai ministre des Affaires étrangères» du Maroc, selon la presse espagnole, s’en chargera aussitôt installé dans ses fonctions, en 2004. «Le Plan Baker n’est pas un texte sacré», affirmera-t-il.

Rabat comprend le message : il faut un autre plan. C’est Moratinos lui-même qui en sera l’inspirateur. Un «plan d’autonomie» marocain pour le Sahara occidental sur le modèle espagnol des régions. Un modèle qui, faut-il le rappeler, est contesté en Espagne même, à en juger par le nationalisme agissant dans le pays basque et en Catalogne. Ce modèle peut-il fonctionner sous un système monarchique féodal ?

Comme les FAR,la diplomatie marocaine est dans l’impasse

Plus qu’ailleurs dans le monde, la cause sahraouie jouit d’un soutien incontestable et durable. Par centaines, les organisations civiles organisent des campagnes de solidarité avec le peuple sahraoui, comme c’est le cas en ce moment à Cordoue.

Le président Abdelaziz est invité, régulièrement et officiellement, dans toutes les communautés autonomes d’Espagne. Aux Asturies, après l’Extremadura, il avertit que «la patience des Sahraouis a des limites». Le roi du Maroc a-t-il répondu, indirectement, par la menace à la menace des dirigeants sahraouis de reprendre les armes si la situation d’impasse entretenue par la France et l’Espagne persistait ?

C’est vraisemblablement vrai. D’autant que le plan d’autonomie du roi Mohammed VI ne semble pas avoir fait recette, en dehors de la zone d’influence de l’axe Paris-Madrid. Le président Obama a dit – dans un message l’été dernier au roi du Maroc – qu’il faisait confiance au représentant de l’ONU pour le Sahara occidental, Christopher Ross, qui a ignoré dès le départ le plan marocain et remis d’actualité celui de son compatriote James Baker.
La diplomatie marocaine est dans l’impasse. Voilà le pourquoi de l’énervement de Mohammed VI. Le Maroc est désavoué, une fois de plus, le mois dernier, par la VIe commission de l’ONU qui a réaffirmé le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et dénoncé les violations des droits de l’homme dans l’ancienne colonie espagnole.
Le comité de décolonisation devant lequel la société espagnole s’est présentée en masse a parlé aussi le langage des organisations humanitaires internationales, entre autres Amnesty International et Humans Rights ou des parlementaires européens qui ont publié, en même temps au début de l’année, des rapports très accablants pour le Maroc. Le roi s’énerve donc et menace. Plus ou moins directement le Front Polisario. Mais indirectement aussi l’Algérie.
Le «droit de suite» du défunt Hassan II

Le langage employé par Mohammed VI rappelle quelque part celui de son défunt père qui avait menacé d’exercer son «droit de suite» contre la guérilla sahraouie… en territoire algérien. Un bluff bien sûr, car on voit mal une armée sur la défensive face à une jeune guérilla, se lancer dans une aventure pareille.

Mais c’est quand même une menace directe qu’un Etat est tenu de prendre au sérieux. Une menace quand même contre un voisin et frère, souverain, dont le seul tort est de rester fidèle à ses principes.

Ni plus ni moins que le reste de la communauté internationale qui ne cède ni aux pressions de Paris ni prend au sérieux les «bons sentiments» de l’Espagne de vouloir du bien pour les réfugiés de Tindouf. Des camps d’où reviennent chaque mois des délégations de parlementaires et de membres de la société civile internationale, espagnols surtout.

Un conflit qui remonte à 1870

L’«Oscar du cinéma», l’Espagnol Javier Bardem, vient de rentrer de Tindouf. Il estime «difficile de rentrer chez soi après avoir séjourné dans les camps de réfugiés».

Son témoignage a ému les milieux intellectuels dont l’historien Felipe Fernandez Armesto, professeur à l’université de Boston, qui avoue dans une tribune publiée vendredi par le journal El Mundo, avoir mauvaise conscience d’avoir été rappelé par d’autres intellectuels à la réalité d’un «colonialisme historiquement injustifiable».

Le professeur espagnol cite certaines conclusions de ses travaux de recherche sur une période qui remonte à 1870. A cette date, écrit-il, le Royaume-Uni qui voulait connaître les limites territoriales du Maroc pour pouvoir ouvrir une route commerciale vers le sud avait interrogé, en 1879, les chefs de tribus du Sahara occidental sur la nature de leurs liens avec le sultan marocain. Voici leur réponse écrite :

«Nous n’avons aucun lien avec lui ni faisons aucun mouvement avec lui, et nous n’appartenons pas à son ensemble régional.» Les «titres historiques» que le Maroc a fait valoir pour justifier l’occupation du territoire du Sahara occidental, à la faveur du complot des Accords de Madrid du 14 novembre 1975 – dont c’est bientôt l’anniversaire – sont donc, historiquement, des faux.

La Cour internationale de justice (CIJ) avait, d’ailleurs, dans son avis rendu à la question de l’Assemblée générale de l’ONU sur la nature des liens entre l’ensemble marocain et les Sahraouis, déclaré que ces liens, s’ils existaient, «n’étaient pas de nature à empêcher l’application de la résolution 1514».

Sur cette base juridique donc, sur celle des vrais arguments historiques des tribus sahraouies, ainsi que sur celle de la légitimité de la lutte du peuple sahraoui, l’avis du professeur Felipe Fernandez Armesto est sans appel : le Sahara occidental n’a jamais appartenu au Maroc.

Un constat qui énerve le roi du Maroc dénoncé, vigoureusement, ces dernières semaines en particulier, pour avoir ordonné l’arrestation, le 8 octobre, des huit indépendantistes sahraouis, par l’ensemble de la société civile espagnole et occidentale. Mohammed VI donne l’impression d’avoir perdu son self-contrôle.

Même s’il excelle dans le bluff comme son père dont il ne semble pas avoir hérité, cependant, d’une certaine intelligence d’homme d’Etat au point de faire dans la menace. Une menace sur fond de panique que l’Algérie peut, à juste raison, considérer qu’elle est dirigée aussi contre elle pour son soutien à la cause sahraouie.

l'entêtement, signe d'échec politique

lundi 9 novembre 2009

Dans un discours de « célébration », transformé en mise en garde contre les « adversaires de l’intégrité territoriale du Maroc », le roi Mohammed VI s’en prend vertement, et en usant de propos peu amènes, à l’Algérie qu’il accuse de vouloir « contrarier la dynamique de négociation sur le projet d’autonomie marocain ». Empruntant un ton de menace et affichant une mine sévère, le roi du Maroc, qui s’exprimait lors d’un discours à l’occasion du 34e anniversaire de l’invasion marocaine du Sahara occidental, baptisée « Marche verte » par le Maroc, qualifie l’Algérie d’« adversaire » et l’accuse d’« hypothéquer les relations bilatérales ».  
Enfin, comme de coutume, le souverain marocain ne s’est pas privé de pointer son doigt accusateur en direction de l’Algérie, qu’il rend pour responsable de tous les maux et problèmes que vit le Maroc. M6, le petit dictateur qui deviendra grand ?

Un conflit que pas moins de 12 membres du Congrès américain ont évoqué hier dans un message au roi Mohammed VI. «Après plus de 30 ans, le conflit du Sahara occidental n’est toujours pas résolu, en dépit des nombreuses négociations (…) Nous nous adressons à vous pour vous exprimer notre préoccupation quant à l’arrestation de sept activistes sahraouis des droits de l’homme le 8 octobre 2009 à l’aéroport Mohamed-V de Casablanca à leur retour des camps de réfugiés sahraouis.» 
D’un autre côté, il y a cette reconnaissance de la RASD, il y a quelques jours, par le congrès du Parti socio-démocrate suédois considéré comme la force politique la plus influente du pays. Ensuite il y a eu, ce même mercredi 4 novembre où l’ambassadeur a été convoqué, la remise d’un prix au profit d’un militant sahraoui des droits de l’homme à Stockholm. Le prix suédois «Per Anger» 2009 doit être décerné à Brahim Dahane, détenu dans les prisons marocaines pour ses efforts dans la défense des droits de l’homme au Sahara occidental, selon un communiqué de la Commission internationale de juristes qui a décerné le prix. Il faut savoir que la distinction prend un caractère politique officiel car son attribution est supervisée par le gouvernement suédois. D’ailleurs, c’est la ministre de la Culture Lena Adelsohn Liljeroth qui devra le remettre symboliquement, puisque son lauréat croupit de nouveau dans les geôles du royaume alaouite, lors d’une cérémonie prévue pour le 16 novembre. Deux événements se déroulant certes bien loin d’El-Ayoun ou de Dakhla, mais qui n’ont pas dû plaire au Palais, habitué à une réserve complice de la part de nombreux pays d’Europe, dont la France, sur le dossier de la décolonisation du Sahara occidental.
C’est donc dans un contexte de soutien actif partagé de plus en plus par de nouvelles parties à travers le monde que les Marocains tentent leur énième diversion dans la provocation d’un incident diplomatique avec la Suède, alors qu’elle préside l’Union européenne jusqu’à la fin du mois de décembre. Quant à l’évocation de l'Algérie dans cette offensive marocaine, il semblerait qu’Alger opte encore une fois pour le silence face aux ruades d’un colonisateur de toute façon démasqué. Comme dit le proverbe sahraoui : "Le silence est la meilleure réponse aux canailles". 
Les méthodes de provoction sont fort bien connues. Il y a deux mois, nous avons vécu la même situation loros de la partcipation de la délégation du Front Polisario aux festivités de conmémoration de la Revolution Libyenne. 

LA CNT SOLIDAIRE DES MINEURS MAROCAINS DE L’OCP

Depuis début septembre 850 mineurs de l’OCP (entreprise étatique qui extrait du phosphate), dans la région de Khouribga, sont en grève. Ce mouvement est la conséquence de leurs licenciements secs pour leur refus d’accepter les nouvelles conditions de travail au sein de l’entreprise. 

En effet, la Direction de l’OCP entend revenir sur des acquis sociaux (CDI, salaire, sécurité sociale). Or ces droits, les mineurs les ont conquis dans le passé au prix de luttes souvent très dures. Parmi cette remise en cause, il y a entres autres l’idée de systématiser des CDD (contrats à la semaine) et de diviser les salaires par deux.
Le mouvement de grève est soutenu au Maroc par nombres d’organisations dont l’ANDCM (Association nationale des diplômés chômeurs marocains), l’AMDH (Asoociation marocaine des Droits de l’Homme) et le syndicat UMT.

Comme cela arrive souvent au Maroc, ce qui prouve que le Maroc de Mohamed VI n’est pas très éloigné de la réalité des "années de plomb" du Maroc des années 80 et de Hassan II, la seule réponse est la politique de la matraque. La police attaque systématiquement tous les rassemblements de soutien. Les leaders syndicaux de l’OCP sont emprisonnés et torturés. Quatre d’entres eux passeront d’ailleurs en procès en novembre pour atteinte "à l’ordre public". 
La CNT en tant qu’organisation se réclamant de la lutte des classes et de l’internationalisme entend apporter tout son soutien aux mineurs en grève de l’OCP.

La CNT fait d’ailleurs partie du Comité de soutien aux mineurs.

La CNT exige :

- La réintégration des 850 mineurs licenciés abusivement ;
- Le respect des droits syndicaux au sein de l’OCP et ses filiales ;
- La libération immédiate des syndicalistes inculpés.


Afin de contribuer au succès de la lutte légitime des mineurs contre l’arrogance des riches, la CNT multiplie les actions de solidarité (collages, rassemblements devant les consulats, diffusions de tracts etc.) à Nîmes, Lyon, Marseille, Dijon, Nanterre, Limoges, Orléans, Brest, Grenoble et Nantes.

D’autres sont prévues dans les semaines à venir. Les photos de ces actions sont consultables sur :



La Marche De La Honte De La Monarchie Marocaine

samedi 7 novembre 2009

Droit des peuples et pluralisme culturel : la question du Sahara occidental 

Le Front Polisario a été créé le 10 mai 1973. Il a lutté contre le colonialisme espagnol avant d’être confronté aux prétentions marocaines.

Par les accords de Madrid, signés en novembre 1975, l’Espagne transfère au Maroc et à la Mauritanie des pouvoirs administratifs sur les territoireq qu’elle a occupés depuis 1884. Ces accords consacrent un partage de richesses entre 2 pays qui les convoitent. Défendre le droit du Peuple Sahraoui, c’est lutter contre la mondialisation capitaliste. 

La lutte des peuples rejoint le combat altermondialiste. Le conflit qui oppose le Front Polisario et le Maroc sur la question du devenir du territoire de l’ex-Sahara Espagnol est sans équivoque sur le plan juridique : l’occupation de ce territoire par le Maroc constitue une violation du droit à l’autodétermination des peuples. Le recours à la force par ces derniers ainsi spoliés est légitime au regard du droit international. Par ailleurs, les conflits entre une métropole et sa colonie ne sont pas considérés comme des problèmes intérieurs, mais comme des questions d’ordre international.

Entre la situation des Sahraouis et celle des Palestiniens, il est légitime d’établir un parallèle dans la mesure où il s’agit de violations de même nature.

La Mauritanie s’étant retirée du conflit, le Maroc entreprend à travers le territoire, au début des années 1980, la construction d’un mur destiné à protéger ce qu’il estime utile pour lui. En 1988, le Maroc et le Front Polisario acceptent le principe d’un cessez-le-feu devant aboutir à une autodétermination sur la base du recensement espagnol de 1974. En avril 1991, le Conseil de Sécurité créé la MINURSO (Mission des Nations Unies pour l’Organisation d’un Référendum au Sahara Occidental) et le plan de règlement semble enfin en marche.

Mais la perspective de la tenue d’un référendum s’éloigne. En 1997, un processus de négociations directes est mis en place sous l’égide de l’ONU avec James Baker. Les accords de Huston, en septembre 1997, permettent de définir le code de conduite à observer par les 2 parties pour la tenue d’un référendum. Le PAM et l’UNHCR préparent le retour de réfugiés Sahraouis. En juillet 2003, l’ONU décide de mettre en œuvre le second plan Baker...

Le Maroc pratique une politique de blocage et d’obstruction qui empêche le processus de se dérouler. Des pays influents, dont notamment le France, encouragent ce comportement.

La persistance depuis 1975 de ce conflit de décolonisation, le plus ancien après ceux de Chypre et de la Palestine, met en lumière l’immobilisme des Nations-Unies.

L’exploitation des ressources naturelles (pêche, phosphates) du Sahara Occidental par le Maroc est illégale et ce pays exerce une forte répression dans les zones qu’il occupe.

Les Sahraouis, comme les Erythréens, ont été capables d’organiser leur Etat dès leur séjour dans les camps de réfugiés. Mais les instances internationales voudraient que les Sahraouis ne soient pas des partenaires, qu’ils se contentent de dire merci à l’aide. Alors, on les accuse de la détourner ... Par contre, on tolère les occupants qui ont un protecteur influent. Pour le Maroc, c’est la France (c’est-à-dire le gouvernement français). Pour Israël, ce sont les Etats-Unis.

Dans ce contexte, beaucoup de ceux qui soutiennent la cause du Peuple Sahraoui craignent que celle-ci ne devienne qu’une note en bas de page du mouvement anti-mondialisation. Le risque de marginalisation vient de ce que les Sahraouis ont fait confiance à l’ONU et à la communauté internationale et ont décidé de ne plus mener de lutte armée, s’exposant ainsi à donner à penser qu’ils n’ont plus envie de se battre. Il tient aussi au fait que c’est une cause qui divise et que l’ONU ne se donne pas les moyens de faire appliquer ses résolutions.



Mohamed VI investit son argent dans des casinos

mercredi 4 novembre 2009




La nouvelle que le roi Mohamed VI a investi des dizaines de millions de dollars dans un complexe touristique à Macao, premier paradis asiatique des casinos, a agité l'opinion publique marocaine. Le Commandeur des Croyants, comme le jeune souverain se considère par rapport à ses sujets, a placé un volumineux capital dans les jeux de hasard, interdits rigoureusement par la doctrine islamique. La cour alaouite cherche passionnément un bouc émissaire sur lequel jeter les fautes pour sortir du pétrin.
Pedro Canales. Rabat, 03-11-2009
« Le roi Mohamed VI fait partie d'un groupe d'investisseurs victimes d'un placement infructueux à Macao ». Sous ce titre l'agence de presse française AFP, annonçait mardi 27 octobre, la nouvelle, suivie par les détails de la scabreuse affaire. En faisant l'écho du journal de Hong Kong, South China Morning Post, l'agence française informait que les investisseurs, qu'avaient fait confiance au manager chinois David Chow, cherchaient à tout prix à être indemnisés, à partir du moment où les promesses de l'homme d'affaires de mettre en bourse la Fisherman's Wharf, un complexe touristique de haut standing à Macao dont la principale attraction est le jeu de casinos, se sont envolées. La société SIGER (acronyme inverti de Regis, roi en latin), qui gère le patrimoine personnel du Roi et de la Famille royale alaouite, voulait seulement récupérer le capital de plusieurs dizaines de millions de dollars placés entre les mains de Chow.
En effet, Mohamed VI et le multimillionnaire britannique David Ross, co-fondateur de Carphone Warehouse, groupe de téléphonie britannique, avaient acquis dans la banque Merrill Lynch un lot d'actions de Macau Legend d'une valeur de 400 millions de dollars.
Cependant, un malheur ne vient jamais seul. À l'infructueuse affaire, on a soudainement ajouté le scandale des nouvelles diffusées par l'AFP. Les moyens de communication du Palais royal ont rapidement dû réagir pour contrecarrer l'effet médiatique néfaste. La société SIGER a émis un communiqué annonçant que « le projet (dans lequel a été investie la grosse somme) avait, outre son parc de jeux et les hôtels correspondants, un secteur consacré au jeu de hasard. Ce qui est contraire à l'éthique de l'investisseur marocain », c'est-à-dire du Roi. C'est la raison qui, toujours selon Regis, se trouve derrière la décision du retrait du capital investi dans le projet.
Mais, étant donné que plusieurs mois se sont écoulées sans que cet retrait soit effectuée, Regis l'attribue au fait qu'elle espérait que la société (Fisherman' s Wharf) entre en Bourse, et alors vendre ses actions ». Une explication rocambolesque qui n'a pas convaincu l'opinion publique. D'autant plus que Macao (7.500 millions de dollars d'entrées en devises par jeu en 2007) est connu dans le monde, non par ses parcs d'attractions familiales, ni par ses plages, ni par sa nature exubérante, mais pour être le premier paradis mondial du jeu, devant Las Vegas (7.000 millions de dollars de devises par jeu en 2007). En 2001, ke jeu a été libéralisé à Macao, qui, en plus de paradis fiscal, s'est transformé en la principale place de paris de toute l'Asie, destinée des grandes entreprises du jeu. Pour essayer de couvrir le scandale, quelques moyens de presse proches du Palais royal marocain, insinuent que derrière la filtration de la nouvelle se cache une manipulation, que le Maroc Hebdo attribue « aux adversaires traditionnels du nouveau régime marocain ». ET pour ne pas laisser l'accusation dans l'ambiguïté, on dit que ces adversaires peuvent être « dans la famille ou en dehors d'elle ». Curieusement, « dans la famille », la seule personne à laquelle on a attribué l'intention « de faire retourner le pays dix ans en arrière » est le cousin du roi, le prince Moulay Hicham. L'insinuation de l'hebdomadaire ne laisse pas lieu à des doutes : le prince, un véritable Machiavelo, veut ternir l'image du Roi en prétendant une affaire de «purement capitalistique».
Cependant, ce que les loueurs de l'investissement royal dans des casinos oublient de mentionner c'est que Moulay Hicham continue à attendre l'accord du Roi pour effectuer un investissement au Maroc de cent cinquante millions de dollars dans sa première phase, et construire une nouvelle ville proche de Rabat, avec toutes les prestations et conforts modernes, capable de loger 80.000 habitants. Le projet, qui permettrait la création de milliers de postes de travail, continue à attendre, depuis plus de deux ans, que le Palais donne son accord.

Une discussion très sérieuse

mardi 3 novembre 2009


La chaine TVN a publiée cette photo sous le titre : Mohammed VI et Hillary Clinton parlent serieusement des droits de l'Homme